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Dépouilles

Éric Pessan


Dépouilles
Comédie polyphonique funèbre
Cet ouvrage bénéficie du soutien du Centre National du Livre.
paru en décembre 2011
15,5 x 21 cm, 148 pages
isbn : 978-2-36242-017-7
prix public : 16 €

Présentation :

Dépouilles est un texte polyphonique, narratif, centré sur une situation particulière : l’instant de la présentation du mort dans les funérariums. Ces une ou deux journées où le mort est exposé, reçoit la visite de ses proches, de sa famille (ou à l’inverse, ces moments d’absence de visites). La présentation du défunt est souvent l’occasion de retrouvailles, d’évitements, d’expression des regrets comme d’étouffement des rancœurs. Né de cette situation extrêmement précise et codifiée, de cette situation extrêmement théâtralisée, Dépouilles est un chant non dénué d'humour, un enchevêtrement de paroles qui construit une recherche poétique : ces paroles, ces mots, ces phrases, foisonnantes, contradictoires, souvent toutes faites, forment le corps du texte.

 

Extrait :

7 - Solo


pour ceux qui se refusent à lire une prière, la poésie offre une intéressante voie médiane. Spirituelle sans être prosélyte ou dogmatique, la poésie permet de lutter efficacement contre le silence. Les organismes de pompes funèbres l’ont compris qui distribuent gracieusement de petites anthologies où l’athée pourra puiser quelques paroles de réconfort. Le choix est laissé entre une bonne douzaine de poètes où l’on reconnaîtra les noms de Victor Hugo, Claude Roy ou Paul Eluard. Certains entrepreneurs vont plus loin et proposent de véritables poèmes inédits à compléter soi-même. Des blancs dans les vers permettent de personnaliser chaque lecture. Ces poèmes-là usent d’images apaisées, la douleur rime avec la douceur, la grandeur s’ouvre du plus profond de nos cœurs. L’ange voltige comme une mésange. Il est également question de temps qui passe et d’années qui s’effacent. Tutoyé à chaque vers, le défunt demeurera à jamais à nos côtés.
Il convient de s’entraîner au moins une fois à la lecture de ces poèmes afin de ne pas buter sur un mot lors de l’ultime cérémonie. Une fois les espaces laissés en blancs complétés, il convient également de s’assurer que l’on a accordé les adjectifs au sexe du défunt. C’est très facile mais cela nécessite un minimum d’attention.
Pour toi (insérer ici le prénom du défunt) qui fut notre attentif(tive) compagnon(gne) ; etc…
Ces plaquettes sont sévèrement copyrightées et réservées au strict usage des obsèques. Leurs auteurs anonymes ne se sont pas gênés pour chaparder quelques bonnes idées à des ouvrages antérieurs. Ainsi, le vers libre débutant par « Je me souviens » demeure un classique du genre.
Je me souviens de tes cheveux (insérer ici la couleur des cheveux du défunt), de tes yeux (insérer ici la couleur des yeux du défunt) et de ton sourire radieux.
Lu d’une voix ferme ou tremblante, le poème, que personne n’écoutera réellement, contribuera par son étrangeté lexicale à renforcer la sensation de communion et de recueillement. Il est de bon ton d’élargir, dans les derniers vers, le propos strictement personnel de la récitation pour délivrer un message plus universel.
Ainsi, la vie qui fut soufflée comme une chandelle peut augurer d’une terre devenue fraternelle

Presse :

Article de Benoît Laureau sur La cause littéraire

Article de Catherine Pomparat sur remue.net

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