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Une limonade pour Kafka

Xavier Person


Une limonade pour Kafka
L'angoisse du critique au moment du poétique
Dans la collection Philox dirigée par Franck Pruja
Cet ouvrage bénéficie du soutien du Centre National du Livre.
paru en novembre 2014
14 x 18 cm, 128 pages
isbn : 978-2-36242-048-1
prix public : 13 €

Présentation :

Comment écrire pour les coquelicots ? Pourquoi écrire encore aujourd’hui ? Comment écrire sans écrire ? Comment écrire pour ne rien dire ? Que faire de sa maladresse ? Sur des livres de Paul Celan, Hélène Cixous, Emmanuel Hocquard, Hubert Lucot, Claude Royet-Journoud et quelques autres, Une limonade pour Kafka propose des essais d’improvisations critiques. Comme autant de tentatives de marcher sur un fil.

 

Extrait :

Des phrases se décomposent au ralenti, juste pressenties, qu’on ne saurait voir exactement, comme au départ des rêves, alors que tout s’évanouit dans des images en déliquescence ou en fuite, défaites aussitôt qu’apparues, dont on suivrait la progression selon des modalités flottantes, des imprécisions floues, comme si on se déplaçait dans une ouate ou si nos yeux se fermaient peu à peu, malgré nous, ne nous donnant plus à voir qu’un brouillard où ne presque plus rien distinguer, où s’avancer encore, imperceptiblement, plongé dans ce que notre sommeil finalement nous dérobe, découvrant des espaces qu’on ne saurait réellement parcourir, devenu à soi-même un personnage mystérieux, reconnu plus tard pour n’être autre que soi-même, évoluant dans un rêve dont on ne se souviendra pas exactement, qu’on ne saurait réellement voir, dans cette dilution de toutes formes, avec à un moment la très nette sensation de perdre la vue, ressentant comme un poids sur mes paupières, ne distinguant bientôt presque plus rien, avançant sans presque rien pouvoir écrire, dans une obscurité ensuite où simplement toucher un mur, n’ayant plus devant lui que ce mur, n’ayant rien devant lui que ce qu’il ne parvient pas à voir, obstacle muet, opaque matière de ses phrases rendues à leur seule apparition, qu’il est finalement très difficile de percevoir en tant que phrases tant elles glissent, se fondent l’une dans l’autre, sous nos yeux se défont, improbable matière peu à peu constituée, dont on sait la découvrant qu’on ne pourra rien retenir, comme il en est des rêves parfois, s’évanouissant à mesure de leur apparition, percevant bien que de ces phrases il n’est pas nécessaire de se souvenir, non plus qu’il ne serait nécessaire de tenter de définir la couleur d’une matière translucide, se contentant d’en voir ou d’en toucher le volume…

 

Presse :

Un article signé Eric Loret, Libération décembre 2014

Un article signé Véronique Pittolo sur Poezibao