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Ralentir Spider

Véronique Pittolo


Ralentir Spider
Archéologie du toon
Dans la collection Spoom dirigée par Franck Pruja
paru en novembre 2008
10,5 x 15 cm, 52 pages
isbn : 978-2-914688-80-2
prix public : 5 €
poids : 53 g

Présentation :

Dans Ralentir Spider se dresse une archéologie du toon, à travers une typologie de personnages issus de l’entertainment. Spiderman est une figure générique raccourcie en Spider pour évoquer le terme anglais speed, speeder : vitesse accélérée. Entre addiction et aliénation, le monde virtuel imprègne l’imaginaire d’un adolescent, et produit d’autres modes d’exploration. Une collusion se produit entre ce monde artificiel et la réalité que l’on perçoit par bribes documentaires.

 

Extrait :

Les aventures des toons correspondent
aux restes de nos actions,
les choses que nous n’aimons plus,
que nous trouvons inutiles.
Nous recyclons en toon ce qui ne fonctionne plus, rendons vivant ce qui est mort.


Je veux décrire les ravages d’un essai nucléaire, des oscillations qui n’emballent que moi.
Si je veux,  je dessine des horreurs en direct.
Quelqu’un se jette dans le vide
qui pourrait être moi
ou un toon féminin flanqué de son homologue.
Chaque monstre est accouplé d’un autre monstre, en plus petit.


Je cherche une flore et une faune, impossible,
derrière le hublot mon cou s’allonge, maigre,
je vais piquer le sol.
Au stade liquide des catastrophes, je suis puissant, à dix mille mètres d’altitude, pas déçu.
Sans pilote, il n’y a plus rien.
Jamais une femme ne pourrait conduire un
engin pareil.
Une cagoule pourrait débarquer dans l’ombre
en représailles,
une cagoule pointue, un géant,
le pistolet au bout.

 

Presse :

« Les aventures des toons correspondent / aux restes de nos actions, / les choses que nous n'aimons plus, / que nous trouvons inutiles. / Nous recyclons en toon ce qui ne fonctionne plus, / rendons vivant ce qui est mort. » Une exploration du monde des héros de BD et jeux vidéo, en ce qu’ils déterminent notre imaginaire et nos sens car « quand je lis Rahan, c’est comme si on me caressait la tête (comme ça) ». Mais c’est aussi un manuel de vie moderne (« Si mon affreux déprime, je lui enlève sa cape, / il tombe, je le remonte ») et une mise à l’essai des nouvelles formes de mémoire et de jeux : « Comment raconter une histoire aujourd'hui ? […] Sur Homme qui meurt, je tombe sur un genre, une tendance. / je clique, et hors de ma peau, je ne sens rien. » (Éric Loret, Libération du 4 janvier 2009)

Paru sur le blog Lignes de fuite

certains jours les nouvelles technologies épuisent

Par cgat le mardi 23 juin 2009, 02:24

Quand il n'y a pas de nouveau héros,
on retravaille les anciens.

Bientôt, une puce sous la peau, un capteur
nous permettra de trimballer nos souvenirs.
Puissants comme Spider, nous serons une
maquette de sensations.
Quand des nanotubes circulent dans
les artères, le cerveau ne reçoit plus
d'informations.
Je peux encore dessiner un cavalier dans un
espace vierge, si je veux, en attendant.
Faire boire mon cheval à la rivière.
Bientôt, je serai l'homme augmenté ou
miniaturisé, je mènerai une bataille de
résistance sur la planète Voya Nui.
La mâchoire de Piraka s'ouvrira
et je serai phosphorescent.

Les nanomètres rendent léger,
font briller l'intérieur.

(On m'appellera Terminaison ou Focus).

Une puce sous la peau ?
La quatrième dimension ?
Cette puce deviendra un agenda compulsif.
Dans ce nouveau réseau de communication,
je ne sais pas si les toons auront encore de
l'intérêt.
Il faut leur réserver un cabinet noir.
Les sensations seront sismiques, ne pourront
se transmettre : une quantité de programmes,
les vies antérieures, l'infiniment petit de la
résistance personnelle (p. 38-39)

Certains jours, les nouvelles technologies
épuisent, le software, tout ce qui connecte (p. 42)

Véronique Pittolo, Ralentir Spider (Éditions de l’Attente, 2008)

Dans la collection SPOOM dirigée par Franck Pruja, une plongée dans la culture d’aujourd’hui à propos duquel une petite note de l’auteur, glissée dans le livre, dit :

Dans Ralentir Spider, je dresse une archéologie du toon, à travers une typologie de personnages issus de l’entertainment. Spiderman est une figure générique raccourcie en Spider pour évoquer le terme anglais speed, speeder : vitesse accélérée.
Il s’agit d’un clin d’œil à l’inflation vertigineuse des représentations de comics, le mot toon englobe à la fois l’univers de la BD, l’animation, les séries de science-fiction, les jeux vidéos et leurs dérivés (Pokemon, Jeux en ligne).
Entre addiction et aliénation, le monde virtuel imprègne l’imaginaire d’un adolescent, et produit d’autres modes d’exploration. Une collusion se produit entre ce monde artificiel et la réalité que l’on perçoit par bribes documentaires (attentats, catastrophisme exhibé par les médias).