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Elles en chambre

Juliette Mézenc


Elles en chambre
Visite guidée
paru en novembre 2014
14,5 x 21 cm, 140 pages
isbn : 978-2-36242-049-8
prix public : 15 €

Présentation :

Entre essai et poésie, une continuation, près d’un siècle plus tard, de la réflexion conduite par Virginia Woolf dans son essai « Une chambre à soi », sous la forme d’une visite guidée des chambres de femmes écrivains. Chambres d’écriture imaginées sous la surface, dans des régions dissimulées au regard, obscures, maintenues à part d’un quotidien souvent mené de front. Ou comment allier espace intime et contraintes matérielles d’une façon infiniment subtile pour ménager sa liberté intellectuelle.

«Danielle Steel, Sylvia Plath, Shahrnoush Parsipur, Monique Wittig, Nathalie Sarraute, Hélène Bessette, Gertrude Stein, je souhaitais que plusieurs pays et plusieurs situations sociales et politiques soient représentées sans me soucier pour autant de « représentativité ». Il ne s\'agissait pas de faire une enquête sociologique. À ce propos, l\'enquête menée par Bernard Lahire est très intéressante et j\'ai pu m\'appuyer à plusieurs reprises sur ses recherches pour étayer des pressentiments. "Elles en chambres" se situe entre les genres, entre l\'essai et la poésie. L\'écriture me mène autant que je la mène et c\'est sans doute la raison pour laquelle, partie pour explorer les conditions de l\'écriture, je me suis parfois retrouvée à écrire sur les processus, sur ce que l\'écriture nous fait et par où elle passe, comment elle nous fait, d\'où elle vient, etc. J’ai écrit dans l’élan de la lecture des œuvres auxquelles je m’intéressais. La lecture ou relecture des textes de chaque écrivain choisi a été aussi déterminante pour moi que la lecture de leur biographie ou le visionnage d’interviews. Le plaisir a été grand de se laisser ainsi contaminer. L’impression d’avoir été l’otage délicieusement Stokholmée de chaque œuvre lue.»

Avec également des contributions de Marie Cosnay, Liliane Giraudon, Christine Jeanney, Emmanuelle Pagano, Cécile Portier et Anne Savelli.

 

Extrait :

voici
nous arrivons à hauteur du passage « Sylvia Plath » que nous allons maintenant emprunter. Cette galerie s’élargit, à intervalles irréguliers, en chambres de dimensions fort variées, vous allez très vite pouvoir en juger par vous-même. Au commencement il s’agit plutôt d’un boyau… à ma suite, rampez…

La première chambre est une fenêtre. Sylvia a 7 ans. Ses avant-bras sont à Winthrop et son regard est vers Boston. Ses avant-bras reposent bien à plat sur le châssis. Les mains posées gentiment l’une sur l’autre, le menton calé sur le dos encore renflé d’enfance de l’une d’elles, par-delà la baie et le ressac de l’eau qui s’obscurcit, elle observe les avions qui lancent des éclairs rouges et verts. Elle est bien.
Laissons-la suivre ainsi des yeux le tracé des feux sur le ciel de Boston, plus tard le sommeil et, sur l’intérieur des paupières qui se substituera sans mot dire au ciel et au tarmac alors plongés dans la nuit, la cape bleue de Superman poursuivra le mouvement en des vols superbes et généreux, tout en boucles et en jambages… Pour l’heure et en ce qui nous concerne, poursuivons, je vous prie, la progression

La seconde chambre est universitaire, Sylvia a 19 ans. Elle écrit dans cette niche formée par des piles de manuels dont certains menacent par-dessus son crâne blond, d’ici on pourrait croire qu’elle est assise sur une fesse, c’est qu’elle doit partir, elle devrait l’être, volée à l’écriture pour rejoindre la salle 34 où Mr Smith donnera à 15h son cours sur les tribus allemandes, puis la salle 003 où Mr Smouth donnera son cours sur la botanique, etc. etc. etc. etc. etc. Un temps employé, elle parlera plus tard des mâchoires de l’emploi du temps, là où elle rêve nerveuse, là où elle court rêveuse, après les jours de son enfance qui n’étaient pas bornés, eux. Ici Sylvia s’exaspère de n’avoir pas ce temps pour me laisser aller, pour écrire, pour penser, j’en hurlerais… ici Sylvia se demande comment font les autres, mais comment font-ils pour vivre dans les lignes impeccables et les colonnes impeccables d’un emploi du temps ?

 

Presse :

Médiapart

un article signé Jean-Philippe Cazier

JUNK PAGE

un articlé signé Elsa Gribinski

Rue89, L\'OBS

un article signé Natacha Margotteau

GRANDEURSRVITUDE

un article signé Olivier Quelier

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