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Tant qu’il fera jour - une histoire américaine

Keith Waldrop


Tant qu’il fera jour - une histoire américaine
Roman autobiographique
Traduit de l'américain par Paol Keineg
paru en mars 2015
15 x 21 cm, 260 pages
isbn : 978-2-36242-053-5
prix public : 19 €

Présentation :

    Né au Kansas en 1932 d’un couple désuni, le jeune Keith part, sous la conduite de leur mère avec ses deux demi-frères et sa demi-sœur, à la recherche de la vraie religion. La famille atterrit en Caroline du Sud dans un college fondamentaliste, où se situent certains épisodes désopilants du livre. Puis la famille se disperse… Leurs retrouvailles sont l’occasion d’impayables séances de spiritisme autour d’une planche de oui-ja, dont les deux demi-frères font un usage effréné. Au-delà de l’anecdote, dans une langue simple et directe, l’auteur nous livre une méditation sur les rapports entre folie et spiritualité, sur la recherche du sens et sur sa perte.
    Ce roman familial qui se déroule dans l’Amérique des années 40 et 50 est illustré de photos de famille. Car, qui est ce Keith dont le prénom confond l’auteur et le narrateur ? Pour Waldrop, s’accorder les libertés du romancier pour composer ce récit, c’est aussi se jouer de la notion de genre en littérature : roman ou autobiographie, roman et autobiographie.
    Comme dans sa poésie, Keith Waldrop écrit avec délicatesse, avec une sérénité malicieuse, sur l’expérience et la mémoire. Cette œuvre est d’une grande force comique. Ce roman sentimental, burlesque, philosophique, nous en apprend plus sur l’Amérique dite profonde – y compris celle d’Obama – que ne le feraient cent livres de voyageurs pressés.

 

Extrait :

    Julian dénicha un jeu de oui-ja, dégoûté de l’avoir trouvé au rayon des jouets – c’était avant le Nouvel An. Ça marchait bien avec Charles et Seely ; Charles ricanait quand le bout de ses doigts avançait avec la planchette en mouvement. Ils tentèrent de persuader le juge Jerimy de s’asseoir avec eux, mais il s’y refusa. Ça marchait bien avec Clyde et Elaine, bien qu’ils en eussent peur. Mais ça marchait formidablement quand Julian se tenait d’un côté ou de l’autre de la table. Tous les soirs ils firent parler le jeu. Alors que le sapin de Noël perdait toutes ses aiguilles, ils mirent leur trouvaille à l’épreuve.
    « Où sont mes pinces », demanda Clyde, et la réponse s’épela d’elle-même : « D-E-R-R-I-E-R-E-T-E-L-E », et c’est là qu’on les retrouva. Ça ne ratait jamais quand il s’agissait de futilités de ce genre. Mais le test le plus important n’avait rien à voir avec l’efficactié.
    « Êtes-vous le mal ? » demandèrent-ils à brûle-pourpoint.
    « J-E-H-A-I-S-L-E-M-A-L », répondit la planche, à leur soulagement. Pendant un temps (quelques semaines, j’imagine), celle-ci donna à Julian des instructions détaillées sur où aller pour faire de bonnes affaires, et (ils étaient alors tous plus ou moins dans les postes de télé) où trouver à bon prix des postes de télévision usagés. Ça ne ratait jamais. Leurs affaires s’améliorèrent. Et puis, un soir, le ton changea.

 

Du même auteur :

Light travels
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paru en décembre 2006
Un cas sans clef
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paru en juin 2010