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L’estomac des poulpes est étonnant

par Pierre Alferi

Couverture d’ouvrage : L’estomac des poulpes est étonnant
Fiche technique :Prix: 7,50 €
ISBN : 978-2-914688-74-1
Taille : 28,00 x 20,00 cm
Pages : 32

Romance

Saviez-vous que le poulpe est le seul animal à posséder trois coeurs? De plus ses coeurs ont la faculté de se déplacer le long de son corps. Selon la source Aristotélicienne, la nature ne fait rien en vain ni de superflu. Cette citation pourrait résumer le livre de Pierre Alferi qui, on le sait, apprécie amplement les naturalistes. Mais il s’agit, avec L’estomac des poulpes est étonnant, d’une histoire ancienne écrite en vers simples et touchants dont un chant s’approprierait la forme. En ce cas, certainement une histoire protéiforme et mouvante dans le fond. La poétique n’a pas à se réduire pour autant à une science purement contemplative. D’où vient l’expérience des pensées et de l’intelligence? Il vous faudra dévorer et savourer des yeux ces vers tentaculaires. Mais qu’en est-il du septième tentacule ? Sushi ou sashimi ? Une certitude demeure : le poulpe, c’est divin !

Parution :
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Extrait :

Qu’est-ce qui commence ainsi l’estomac des poulpes est étonnant
Si ce n’était un livre une lettre
Madame l’estomac des poulpes est étonnant le saviez-vous
La moitié du travail est faite reste la plus ingrate
Plantée la flèche commence la chute
Retournons retournons encore un instant s’il vous plaît
Au tout début à la naissance comme on dit la naissance des cheveux ou des fesses de l’amour
Rien d’échangé souvenez-vous que les adresses un regard ne s’échange pas s’envoie et s’engloutit
Ricordi remember me air d’opéra
Non pas que nous ayons échangé nos adresses
Je me suis adressé à vous puis vous à moi la nuit on pratique sans rencontre un troc silencieux
On se présente à peine rien ne presse on s’indéfinit
On dit des choses comme ça rien d’actuel de personnel
On se donne des airs vagues airs d’un tout est possible d

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un comme il vous plaira
Des choses qui se donnent aisément intéressant tous ou personne
Cadeau pour inconnu voici un paquet de flocons de riz soufflé sucrés
Voici un poisson de gaufre fourré aux haricots commencez par la queue pour qu’il vive plus longtemps
Voici un cœur en plaqué à pierres de verre monté en broche

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Critiques :Catherine Pomparat dans remue.net (4 mai 2008) a écrit:

Le livre et les espaces du livre étonnent encore. Les Éditions de l’Attente viennent de publier une chose imprimée rare et précieuse, pleinement propre à l’impression du poème. Je ne sais pas ce que je veux dire, je sais ce que j’ai senti. Je voudrais dire surtout l’invitation à regarder d’abord le livre, à le toucher, à le sentir, plus qu’à le comprendre, à part le prendre avec ses 20 x 27, 8 cm, son format Paysage, sa couverture sérigraphiée, avec un dessin de Pierre Alferi, l’auteur du poème, titre du livre : L’ESTOMAC DES POULPES EST ÉTONNANT, son assemblage des pages par le haut, grande largeur, sa reliure façon calendrier des postes, ses grands rabats sur sous-couverture ouatée rose, ses 32 pages recto sans verso et sans foliotage, ses papiers aux éclats silencieux et aux fibres chaudes que je n’en finis pas de toucher et qui me le rendent bien. (…)

Agnès Disson dans CCP n°17 a écrit:

Oh quel beau poulpe c'est. Illustré par l'auteur en couverture, cannibale comme le poème car doté d'un estomac qui digère tout, « du poulpe à venir sa morale tout prendre » : souvenirs esquissés, lieux indécis, Japon ? Corée ? (Oreilles de Bouddha, thé vert mandarines, gaufres aux haricots rouges, objets dérisoires : on pense aux disconnected trivia de John Ashbery, l'un des pères d'Alferi en poésie.) Et brèves épiphanies. Petit tour de passe-passe, « je dis vous mais ce n'est pas moi ce n'est pas vous » (et c'est donc l'histoire de tout le monde), c'est une lettre à la destinataire absente, mais « rien d'actuel de personnel », les topoï sont ceux de la rencontre amoureuse et de sa fin programmée, « Plantée la flêche commence la chute », puisque la romance, genre mièvre à la « Paul Geraldy » est par définition toujours mélancolique. Le titre est emprunté à Elien (Elien Meccius, IIè siècle, Encyclopédie des gens du monde), le refrain « Ricordati remember me » à Purcell (Remember me but ah ! forget my fate, Didon et Enée, Acte III) car c'est dans le souvenir (anticipé : « s'en souvenir s'en souvenir ») que l'émotion atteint son acmé; mais le poème (« silence léger paroles légères ») est aussi « une installation simple », humeur, stimmung, « airs vagues » : déjà un précis du flou, dans l'élan unique d'un vers allongé.


À propos de l’auteur

Pierre Alferi est né en 1963 à Paris. Fondateur avec Suzanne Doppelt de la revue Détail (cinq numéros), et avec Olivier Cadiot de la Revue de littérature générale. Pensionnaire de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis, 87-88) et "écrivain résident" de la Fondation Royaumont (1991-92).
Il a traduit John Donne et plusieurs poètes américains (dont Lyn Hejinian et Louis Zukofsky), ainsi que le Russe Lev Rubinstein.
Travaux communs avec le plasticien Jacques Julien. Disques et performances avec le musicien Rodolphe Burger (Kat Onoma).

Bibliographie

PoésieIntime, Argol, 2013 • Night and Day, tr. Kate Campbell, La Presse, 2012 • Inter de Pascal Quignard (collectif), Argol, 2011 • "petit petit", rup&rud, 2001, et rup&rud - l’intégrale 1999-2004, éditions de l’Attente, 2009 • L’estomac des poulpes est étonnant, éditions de l’Attente, 2008 • Sonnet, Mix, 2006 • Intime, Inventaire/invention, 2005 • Lon avec Rodolphe Burger, Filigranes, 2004 • La voie des airs, P.O.L, 2004 • La Berceuse de Broadway, Onestar, 2000 • Sentimentale Journée, P.O.L, 1998 • Kub Or, P.O.L, 1994 • Le chemin familier du poisson combatif, P.O.L, 1992 • Les allures naturelles, P.O.L, 1991 /// Avec le sculpteur Jacques JulienFarandole, La Maréchalerie, 2007 • L’inconnu, Le Quartier, 2004 • Handicap, Rroz, 1997 • Personal Pong, Villa Saint-Clair, 1996 /// EssaisBrefs, P.O.L, 20016 • Chercher une phrase, Christian Bourgois, 1991, nouvelle édition augmentée, 2006 • Des enfants et des monstres, P.O.L, 2004 • Guillaume d’Ockam. Le singulier, Minuit, 1989 /// RomansParler, P.O.L, 2017 • Kiwi, P.O.L, 2012 • Après vous, P.O.L, 2010 • Les Jumelles, P.O.L., 2009 • Le Cinéma des familles, P.O.L, 1999 • Fmn, P.O.L, 1993 /// FilmsÇa commence à Séoul, avec Jacques Julien, P.O.L & Dernière Bande, 2006 • Cinépoèmes et films parlants, Les Laboratoires d’Aubervilliers, 2002 • La Berceuse de Broadway (flip-book), Onestar-Press, 2001 /// RevuesRevue de littérature générale, avec Olivier Cadiot, P.O.L., 1995-96 • Détail, avec Suzanne Doppelt, 1989-91 /// Traductions • Perles qui furent, de Jeremy Halvard Prynne, éd. Éric Pesty, 2013 • Un objectif, de Louis Zukofsky, Royaumont. • Poème de la Chapelle Rothko, de John Taggart (avec Emmanuel Hocquard), Royaumont. • Le Taj bleu, de Mei-mei Bersenbrugge, Royaumont. • Parc, de Cole Swensen, Format américain. • Un langage de New York, George Oppen, Format américain. • Prenez-en cinq, de Julie Kalendek, Format américain. • Jazz, de Tom Raworth, Format américain. • Job, Isaïe, in La Bible - Nouvelle Traduction, Bayard, repris en Folio, Gallimard. • Proverbes, Siracide, in La Bible - Nouvelle Traduction, Bayard. • Perles qui furent, de J H Prynne, inédit, 1998. • Paradoxes et problèmes, de John Donne, Allia. • Ce qui reste d’Auschwitz, de Giorgio Agamben, Rivages et Rivages poche. • Les mots et les images, de Meyer Schapiro, Macula. • Le temps passe, suivi de Tant qu'il y a de la vie, de Lev Rubinstein (avec Hélène Henry), Royaumont.