Sélectionner une page

L’autoportrait Chronique

par Francis Cohen

Couverture d’ouvrage : L’autoportrait Chronique
Fiche technique :Prix : 16,00 € EUR
ISBN : 978-2-914688-78-9
Taille : 15,50 x 21,00 cm
Pages : 174

Enquête sur le carré : Albiach, Daive, Royet-Journoud Veinstein

L’autoportrait chronique témoigne. Il s’agit d’une enquête dont le nom est à la fois l’objet et l’instrument. Le nom permet d’accorder l’incompréhensible au témoignage sous la forme d’un récit critique.
Dans le livre l’auteur ne part jamais de rien. Et sur le nom, il n’y a rien à dire sinon la fiction qui le supporte. Le livre a été publié dans une autre version sous le titre Chronique du carré dans la revue Fin de 1999 à 2006. Le livre s’est construit par la rencontre et le recoupement qui pré-existe autour du carré, soit 4 poètes majeurs : Anne-Marie Albiach, Jean Daive, Claude Royet-Journoud, Alain Veinstein. Le travail du nom est l’élaboration de Francis Cohen qui nomme et établit des liens d’ordre littéraire (Celan, Collobert, Dupin, Giroux, Hocquard, Jabès, Laporte, Reverdy...), artistique (Duchamp, Fauquet, Stratos, Tapies, Fredrikson, Kermarrec, Twombly, Kandinsky...), philosophique (Nietzsche, Derrida, Deleuze, Spinoza, Faye...). Ainsi, le lecteur a un guide pour mener l’enquête, il possède la clé accédant à l’intrigue.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Quelle est l’introduction ? L’enfance. L’enfance scandaleuse redépave l’installation tétralogique. Il y a un cycle ou une virgule dont je suis l’héritier, j’aurais voulu en m’abstenant du désastre saisir les indices qu’il redispose. Il y a deux méthodes : daller et dépaver. Et lisant La Condition d’infini, j’ai déjà admiré l’enfance dépavée s’introduisant dans faire « semblant » c’est-à-dire finalement chercher du côté de l’identité une virgule et trouver la délinquance. J’ai retrouvé l’itinéraire de leurs années soixante-dix en introduisant une temporalité virgulée dans le carré.

LIRE PLUS

Maintenant je vois Alain Veinstein sortant du café-bar page 231, quelques heures plus tard les bras dans le dos il attend devant la Préfecture de la SEINE, sous le DÉPÔT des œuvres d’art p. 230. Anne-Marie Albiach fume de profil à Neuilly p. 232, de face p. 233. Claude Royet-Journoud p. 223 sur le balcon, Jean Daive dans une boucherie, entre deux porcs verticaux p. 225 projette une diagonale dans le Travail de poésie.

Sans pagination, dos au mur à distance d’écrire, j’écris pour mieux entendre ce qu’ils ont vu ; oubliant les raisons qu’ils ont eues d’écrire, je cherche un récit plus interne, le monde je. Et moi, je serai l’introduit, témoin d’une présence féminine exposant la loi(e) d’impulsion pure. Anne-Marie Albiach. Elle redessine ces corps renversés sur les dalles pendant que les hommes abandonnent le carré. Nous sommes seuls, je provoque un rire pour en extraire son récit.

REGROUPER

À propos de l’auteur

Francis Cohen est né en 1960. Il est poète et professeur de philosophie et dirige la revue LIGNE 13 avec Sébastien Smirou. Avec Michèle Cohen-Halimi, il a dirigé le N°735-736 de la revue CRITIQUE - Les Intensifs, poètes du XXIe siècle.

Bibliographie

Diesmal, Nous, 2011 • Singeries pour Jacques Dupin, éditions de l’Attente, 2010 • En finir, Éric Pesty Éditeur, 2010 • L’autoportrait chronique, éditions de l’Attente, 2008 • Zones d’interventions précaires (avec Jean-Michel Fauquet), Filigranes, 2008 • Zwar, TH. TY., 2008 • 04.03., Mélanges pour Jacques Dupin (avec Nicolas Pesquès), P.O.L, 2007 • M.T.P : le festin de Balthazar (avec J.-M. Fauquet), galerie Pierre Brullé, 2006 • Monsieur Le Gros Monsieur, TH. TY., 2004 • Le théâtre de Monsieur Le Gros Monsieur (avec Anne Slacik), LMP, 1999 • Jean Daive, le délinquant impeccable, cipM, 1998 • je te continue ma lecture. Mélanges pour Claude Royet-Journoud (avec Michèle Cohen-Halimi), P.O.L, 1998


AVE !

par Jean-Marc Baillieu

Couverture d’ouvrage : AVE !
Fiche technique :Prix: 11,00 €
ISBN : 978-2-914688-79-6
Taille : 15,50 x 21,50 cm
Pages : 84

Abrégé d'Histoire romaine

Prendre la tumultueuse Histoire romaine pour la réécrire n’est pas une mince affaire. L’auteur réussit pourtant cette épreuve haut-la-main, en produisant pour le lecteur d’aujourd’hui un abrégé composé de traits marquants soigneusement sélectionnés de toute traçabilité, son correspondant n’étant autre que le célèbre et indubitable Tacite. Pour ne pas faire de jaloux, l’ordre chronologique de l’Histoire le cède ici à l’ordre alphabétique. Vous l’aurez compris, AVE ! est un livre étonnant et détonnant de par son agencement structurel, son organisation rigoureuse et le récit qu’il dévoile. Un objet littéraire instructif et rebondissant qui paradoxalement échappe à toute classification.
Sang, sexe et sueur pour les uns, honneur, amour, labeur pour d’autres, l’Histoire romaine est une formidable saga collective mais aussi une collection d’aventures individuelles qu’il nous plaît ici de revisiter sur un mode alphabétique à partir des faits rapportés par Tacite.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

AUCTORITAS

LIRE PLUS

Ardagèse, conseillé par son fils Sinnacès, se révolta contre Artaban qui invita l’eunuque Abdus à un festin au cours duquel il lui fit ingérer un poison lent. Essaim d’abeilles sur le faîte du Capitole un jour. Évandre d’Arcadie confia les lettres de l’alphabet aux aborigènes de la botte italienne. Drusus fut maltraité par le centurion Actius, tandis qu’Adgandestrius chef des Cattes dont le territoire commençait avec les hauteurs de la forêt d’Hercynie, proposa d’empoisonner Arminius, chef des Chérusques, autre peuplade germaine. La loi Julia réprima l’adultère. Grande âme supporte adversité, ne s’y soustrait. À Paphos – île de Chypre – le roi Aérias dédia un temple à Vénus que visita Titus. Le centurion Julius Agrestis se donna la mort pour attester un récit que refusait de croire le prince Vitellius. Les aigles étaient religieusement respectées et honorées par les soldats romains. Peuplade lygienne, les Naharvales adoraient Castor et Pollux sous le nom d’Alcis. Les Romains furent une fois défaits par les Gaulois sur les bords de l’Allia, rivière du Latium. Claude ajouta de nouvelles lettres à l’alphabet. Sous le règne d’Amasis, roi d’Égypte, parut le second phénix. Dans le malheur, l’âme s’attendrit facilement. La renommée des Anciens suffit à leur éloge. Ignorant l’automne, les Germains divisaient l’année en trois saisons. La septième année, les Juifs étaient oisifs. Statius Anneus, médecin, procura du poison à son ami Sénèque pour accélérer une mort trop lente à venir par la seule ouverture des veines. Annibal perdit un œil en combattant, de même Civilis, chef des Bataves, et Sertorius. Le prince troyen Anténor institua les jeux du ceste. Dans la guerre des pirates, les Byzantins portèrent secours à Marc Antoine, père du triumvir. Tribuns des cohortes prétoriennes, Antonius Naso et Antonius Taurus furent cassés de leur emploi. En partie détruite par un tremblement de terre, Apamée, ville phrygienne, fut exemptée du tribut cinq années durant, tout comme Apollonide, ville d’Asie également touchée. Marcus Aper prit le parti de l’éloquence contre Maternus. Aridité des écrits du rhéteur Apollodore. Calpurnius Galerianus fut tué sur la voie Appienne par ordre de Licinius Mucianus. Narcisse assassina Appius, dénonça au prince l’adultère de Silius et, malade, se rendit à Sinuessa, ville de Campanie célèbre par la douceur de son climat et la salubrité de ses eaux, où, frappé d’exil, Tigellinus termina sa vie. Sans motif connu, Apronia fut précipitée du haut d’une maison par son mari le préteur Plautius Silvanus qui, pour échapper au jugement, tenta vainement de se poignarder avant de se faire ouvrir les veines avec une arme envoyée par sa grand-mère Urgalia que son amitié avec l’impératrice Livie plaça un temps au-dessus des lois. Lucius Apronius, chevalier de l’escorte de Drusus, était le père de Lucius Apronius Cesianus qui repoussa les Numides dans leurs déserts, et le beau-père de Lentulus Getulicus, fils du triomphateur des Gétules. Primipilaire, Aquilius commanda en Germanie. L’Araxe baigne les murailles d’Artaxata, ville d’Arménie. Arbalétriers, archers, Ardennes. Aulus Vitellius, fils de Lucius, interdit le théâtre et l’arène aux chevaliers romains qui avaient pour prérogative de porter un anneau. Esclave puis intendant de Servius Sulpicius Galba à qui, en grec, Tibère avait prédit : « Et toi aussi, Galba, tu goûteras un jour de l’empire », Argius donna secrètement sépulture au corps du défunt prince. De Néron, Aristobule reçut le trône de l’Arménie Mineure. L’armée la plus redoutable dans l’action est celle qui, inactive, est la plus calme. Les armes sont la seule voie des braves. Arius était un médiocre orateur. Artaban, du sang des Arsacides, fut massacré avec femme et fils par son frère Gotarzès qui, vainqueur de Méherdate trahi par Parrhace, lui fit couper les oreilles. Aïeul d’Asinius Salonicus et bisaïeul d’Asinius Marcellus, Caius Asinius Pollio prolongea son existence jusqu’à la fin du règne d’Auguste. Discours de Calvus contre Asitius. Exhalaisons d’Asphaltite, grand lac de Judée. Calpurnius Asprenas, envoyé par Galba pour gouverner les provinces de Galatie et de Pamphylie, fit arrêter et mettre à mort un faux Néron échoué un jour de tempête sur l’île de Cythnos en mer Égée. L’astrologie touche de près à l’erreur. Ateius Capito fut à Rome le premier dans la science des lois. Le centurion primipilaire Atilius Verus sauva l’aigle de sa légion aux dépens de sa vie. Atimetus, affranchi de Domitia, tante de Néron, fut livré au supplice. Les chevaliers Curtius Atticus et Flaccus Vescularius Atticus furent des proches de Tibère qui fit exécuter le second. Fils d’Hercule et d’Omphale, Atys fut le père des Tyrrhéniens et les Lydiens. L’augural est cette partie du camp où l’on prenait les auspices. S’il n’est issu de la famille des Jules, aucun augure ne sera élu pour succéder à Germanicus, ainsi statua le sénat. Les Augustans étaient cette compagnie de chevaliers formée pour applaudir en cadence Néron chantant. Auguste est le nom donné au mont Caelius. Les Germains tiraient des auspices du hennissement et du frémissement de leurs chevaux. Le droit diminue dès que l’autorité intervient. Ce qui arrive à autrui est riche d’enseignement. L’avenir est incertain. Au-delà de dix mille sesterces d’honoraires, les avocats sont coupables de concussion. Avril reçut le surnom de Néron.

REGROUPER
Critiques :Jacques Barbaut dans AVE ! a écrit:

D'Auctoritas jusqu'en Virtus, voire au-delà, cette annale - vous prétendez d'emblée que ce nom ne connaît pas le singulier ? et qu'il n'y est guère question d'années - version comprimée «revisite» au pas de charge (genre …questre), à la Thrace, «les faits rapportés par Tacite» (convention explicite).
«Baliste fut machine de guerre. Tant qu'il n'avait pas tué un ennemi, un Catte laissait pousser barbe et chevelure» (p. 11, «Bellum»).

Emballement machinique des noms propres (Furius Camillus Scribonianus, Germanicus, Halicarnasse, et caetera... ), rhétorique, éloquence et elocutio, «parties du discours», art de la mémoire alphabétique (…)

(Sitaudis, 28 septembre 2008)


À propos de l’auteur

Né en 1955, animateur (1982-2008) de revues photocopiées et gratuites (Hercule de Paris, Cornaway, Comme une revue) et via internet (Sur le vif !). Poète, essayiste, critique à plein temps de 1997 à 2008 se définissant comme « chercheur en écriture » attentif à l’ensemble du procès de création (de la pulsion à la diffusion, de l’ego à l’écho) en écriture et hors-écriture, tout en restant curieux du monde en ses composantes politique, économique et sociale. Les livres, les articles et les interventions publiques sont comme des « rapports d’étape ». Des travaux menés avec des peintres, des photographes, des vidéastes, des musiciens multiplient les expériences, notamment autour de la contrainte alphabétique (cf. P.L.A. : Poème Liste Alphabétique). J-M Baillieu a été membre du comité de rédaction de Cahier Critique de Poésie de 2000 à 2006.

Bibliographie

Humanité 3, HAPAX, 2012 • Ave ! (Abrégé d’Histoire romaine), l’Attente, 2008 • L’Inconstance, Spectres Familiers, 2008 • Carnets d’un Basedowien, Cynthia 3000, 2007 • La Bienséance (augmentée), Contre-Pied, 2006 • La poésie en string, l’Attente, 2004- Gu Wei Jin Yong (Le passé sert le présent), Le Bleu du ciel, 2004 • Au pied du Mont Fuji, Contrat Maint, 2003 • Poudre de riz sonore, Le Bleu du ciel, 2001 • Fellatio, Fidel Anthelme X, 2001- NM-GB /48-57, Contrat Maint, 2000 • Tchouan Tchou, l’Attente, Collection Week-end, 2000 • L’Éparpillement des sites, Spectres Familiers, 2000 • Uruguay (Le lecteur complète), Au Figuré, 1999 • Arras (ou La Rectif. Du Pas-de-Calais), Contre-Pied, 1999 • Ma resille, Spectres Familiers, 1998


Lisez-moi

par Damon Krukowski

Couverture d’ouvrage : Lisez-moi
Fiche technique :Prix : 10,00 € EUR
ISBN : 978-2-914688-77-2
Taille : 14,00 x 18,00 cm
Pages : 66

Récits oniriques et musicaux

Lisez-moi est un choix de poèmes tirés du livre The Memory Theater Burned, publié par Turtle Point Press (New York) en 2004.
Comme le laisse supposer son titre, le livre de Damon Krukowski emprunte au monde merveilleux et mystérieux de Lewis Carroll. Mais en plus, il nous porte à l’écoute de multiples sources sonores, intérieures et extérieures, provenant d’une boîte à géométrie variable, ouverte et fermée en même temps. Un élixir rare à consommer sans modération.
Dans ces lignes en prose les tentatives d’énoncer l’évidence sont nombreuses, mais la vérité étant le plus fuyant des objectifs, les poèmes nous démontrent toute les difficultés rencontrées dans sa poursuite. Dans l’écriture Damon Krukowski joue de plusieurs voix : celle du chanteur (son métier dans la vie), du raconteur d’histoires, du névrosé sur le divan... avec l’écho de diverses sources littéraires : réthorique classique, écriture hermétique et toutes les sortes de mémoires, carnets de voyage et témoignages.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Ma vie comme l’histoire d’une ville

La ville a grandi le long d’une rivière, mais la rivière s’est asséchée. Personne ne se promène jamais, ne fait même le moindre pas dans son lit. Les plus belles maisons sont bâties avec vue sur la rivière. En marchant le long des berges, on peut voir l’intérieur des somptueuses pièces de ces palaces. Au-dessus, on voit le ciel dans toutes ses humeurs et variations. Les ponts, faits de bois, pourrissent lentement et sont remplacés. Les bateaux, immobiles depuis des générations, sont soigneusement réparés et repeints. Sans la rivière, la vie dans cette ville serait un enfer, poussiéreux et suffocant.

Critiques :Claude Favre dans CCP N°17 a écrit:

Pas un ordre ce titre manuscrit blanc couverture noire, plutôt kaddish; pas une supplique, plutôt dans – souffles et respirations bougent les lignes – qui nous dérobe un sens; pas un narrateur mais des avatars qui brinqueballent la logique attendue et brisent les miroirs de la mémoire; ce pourrait être les débuts recommencés en de courts chapitres d'une tragédie des familles, de sociétés en qui suis-je, mieux que cela; pas un rêve, plutôt « le plus beau solo de trompette » selon Rosmarie Waldrop, un ars poetica. « C'est pourquoi les étoiles peuvent répondre aux questions littéraires » écrit Damon Krukowski, qui chante, aime le vin français, dirige à Boston les éditions Exact Change (qui publient Stein, Artaud, Pessoa, Marker, Cage). Qu'est-ce qui est le plus grave ? Dire des mensonges en prétendant la vérité ou en s'en revendiquant ? La fantaisie prévisible ou l'irrationnalité de la poésie qui s'oppose, non sans humour, à la foi et aux mythes calibrés ? Entre « kaddish » et « peep show ».


À propos de l’auteur

Damon Krukowski vit à Boston où, avec Naomi Yang, il dirige depuis 1989 les éditions Exact Change qui ont publié Franz Kafka, Gertrude Stein, Pablo Picasso, Antonin Artaud, Denton Welch, Fernando Pessoa, Chris Marker, John Cage…
Musicien, Damon Krukowski a fait partie, avec Naomi Yang et Dean Wareham, de Galaxy 500, de 1987 à 1991. Damon and Naomi, désormais duo, ont réalisé plusieurs albums, dont More Sad Hits (1992), Ghost (2000), The Earth Is Blue (2004) et Within These Walls (2007).
Il est l’auteur du livre The Memory Theater Burned (Turtle Point Press, 2004) et d’articles critiques, notamment sur Giacinto Scelsi.
- Lisez-moi (ensemble de textes extraits de The Memory theater burned traduits par Françoise Valéry), L'Attente, 2008


Priorité aux canards

par Marie Borel

Couverture d’ouvrage : Priorité aux canards
Fiche technique :Prix : 6,50 € EUR
ISBN : 978-2-914688-75-8
Taille : 13,50 x 12,50 cm
Pages : 52

Élégie inverse

Après Le léopard est mort avec ses taches, Marie Borel continue d’explorer une poésie animalière et des sciences pratiques. L’origine du terme canard n’est pas connue. Priorité aux canards est un titre générique. Ce livre ne décrit pas des espèces, ne porte pas de costard et ne lisse pas dans le sens de la plume. Mais qu’en est-il des questions insolubles ? Comment témoigner d’attitudes humaines absurdes ? Idiotisme singulier sauveteur en amazonnette. Tous les sentiments sont en belle page. Priorité à tous les sens. Des pensées empruntent de courts chemins pour nous claquer le bec. Nadine ou Michel ? Bec au carré, où est-il ? Chaque page donne son adresse. Quelle agréable sensation: se perdre dans des pensées…

Parution :
Extrait :

Clarté de l’air des nuages du ciel des sons du mois d’avril. Moi aussi dans le détroit de Mérilheu moi aussi je cherche quelqu’un. L’imbroglio pronominal est un symptôme de désarroi. À nous deux que le temps seul sépare certaines lumières rappellent trop l’absence. Le paysage dit la voix tant aimée de Thomas More : souviens-toi que tu es mortel.
Il faudrait trouver un autre monde possible.
Crier grand loup en langue loup.
Mais enfin tu passes ta vie le nez dans les bouquins tu apprends par cœur le conte de la reine des abeilles ou quoi.
Canard laqué cristal de l’amour les livres ne servent à rien mais j’ai la faiblesse de tenir à ce rien.

Critiques :Christian Désagulier dans CCP N°17 a écrit:

Ces canards n'ont pas de lèvres de vermouth. Ni fausses notes, ni coins de rue ou d'oeil, canards en papier ou morceaux de sucre à la table d'un café trempés dans du vermouth. C'est ainsi que l'on se pose des question sur le questionnement : écrire est sans fin. À part
une contrebasse, il y a tant d'oiseaux à récit, une oie rieuse, le fils d'un cygne, des corbeaux de Van, des pies, des rossignols : textes courts à bords dentelés de je elle il tu nous il vous il. « Pourquoi fait-il chaud dans les souvenirs auxquels on tient » ? À la poursuite du vent, « quand chacun est le lointain d'un autre », en poète pense à Federico : « Si vous dormez appelez-moi ».


À propos de l’auteur

Marie Borel voyage écrit lit traduit.

Bibliographie

Des questions singulières, éditions Renard bleu, Suisse, 2019 • Loin, L’Attente, 2013 • Le Léopard est mort avec ses taches, (nouvelle édition) L’Attente, 2011 • Écrit sur du sable, contrat maint, 2008 • Le monde selon Mr Ben, Fage, 2008 • Priorité aux canards, L’Attente, 2008 • Tombeau des Caraïbes, contrat-maint, 2003 • Trompe-Loup, Le bleu du ciel, 2003, traduit en anglais par Sarah Riggs et Omar Berrada (Wolftrot, La Presse, 2006) • Le Léopard est mort avec ses taches, L’Attente, collection Week-end, 2001 • Fin de citation, cipM, 1995, traduit en anglais par Keith Waldrop (Close Quote, Burning Deck, 2001) /// TraductionsL'indien jamais n'a eu de cheval, Etel Adnan, Galerie Lelong, Paris, 2022 • Murmurations, Sarah Riggs (collaborated with Jérémy Victor Robert), Apic, série “Poèmes du Monde” dirigée par Habib Tengour, Algérie, 2021 • Là-bas, Etel Adnan, avec Françoise Valéry, L'Attente, 2013 • La revanche de la pelouse, Rosmarie Waldrop, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2012 • Journal d’un Ange Sadomaso, Lisa Jarnot, avec Pascal Poyet, contrat maint, 2011 • Un cas sans clef, Rosmarie & Keith Waldrop, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2010 • 43 Post-it, Sarah Riggs, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2009 • Chansons du chien noir, Lisa Jarnot, trd collective, Format américain, 2005 • Pelouse du tiers exclu, Rosmarie Waldrop, Format américain, 2001 • Prétense, Tom Raworth, La Tuilerie Tropicale, 1988 Traductions parues en revue de Lyn Hejinian, Nancy Khul, Gertrude Stein, Charles Reznikoff  et de  cinq livres de la Bible dans le cadre du projet collectif La bible : nouvelle traduction, Bayard, 2001


L’estomac des poulpes est étonnant

par Pierre Alferi

Couverture d’ouvrage : L’estomac des poulpes est étonnant
Fiche technique :Prix : 7,50 € EUR
ISBN : 978-2-914688-74-1
Taille : 28,00 x 20,00 cm
Pages : 32

Romance

Saviez-vous que le poulpe est le seul animal à posséder trois coeurs? De plus ses coeurs ont la faculté de se déplacer le long de son corps. Selon la source Aristotélicienne, la nature ne fait rien en vain ni de superflu. Cette citation pourrait résumer le livre de Pierre Alferi qui, on le sait, apprécie amplement les naturalistes. Mais il s’agit, avec L’estomac des poulpes est étonnant, d’une histoire ancienne écrite en vers simples et touchants dont un chant s’approprierait la forme. En ce cas, certainement une histoire protéiforme et mouvante dans le fond. La poétique n’a pas à se réduire pour autant à une science purement contemplative. D’où vient l’expérience des pensées et de l’intelligence? Il vous faudra dévorer et savourer des yeux ces vers tentaculaires. Mais qu’en est-il du septième tentacule ? Sushi ou sashimi ? Une certitude demeure : le poulpe, c’est divin !

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Qu’est-ce qui commence ainsi l’estomac des poulpes est étonnant
Si ce n’était un livre une lettre
Madame l’estomac des poulpes est étonnant le saviez-vous
La moitié du travail est faite reste la plus ingrate
Plantée la flèche commence la chute
Retournons retournons encore un instant s’il vous plaît
Au tout début à la naissance comme on dit la naissance des cheveux ou des fesses de l’amour
Rien d’échangé souvenez-vous que les adresses un regard ne s’échange pas s’envoie et s’engloutit
Ricordi remember me air d’opéra
Non pas que nous ayons échangé nos adresses
Je me suis adressé à vous puis vous à moi la nuit on pratique sans rencontre un troc silencieux
On se présente à peine rien ne presse on s’indéfinit
On dit des choses comme ça rien d’actuel de personnel
On se donne des airs vagues airs d’un tout est possible d

LIRE PLUS

un comme il vous plaira
Des choses qui se donnent aisément intéressant tous ou personne
Cadeau pour inconnu voici un paquet de flocons de riz soufflé sucrés
Voici un poisson de gaufre fourré aux haricots commencez par la queue pour qu’il vive plus longtemps
Voici un cœur en plaqué à pierres de verre monté en broche

REGROUPER
Critiques :Catherine Pomparat dans remue.net (4 mai 2008) a écrit:

Le livre et les espaces du livre étonnent encore. Les Éditions de l’Attente viennent de publier une chose imprimée rare et précieuse, pleinement propre à l’impression du poème. Je ne sais pas ce que je veux dire, je sais ce que j’ai senti. Je voudrais dire surtout l’invitation à regarder d’abord le livre, à le toucher, à le sentir, plus qu’à le comprendre, à part le prendre avec ses 20 x 27, 8 cm, son format Paysage, sa couverture sérigraphiée, avec un dessin de Pierre Alferi, l’auteur du poème, titre du livre : L’ESTOMAC DES POULPES EST ÉTONNANT, son assemblage des pages par le haut, grande largeur, sa reliure façon calendrier des postes, ses grands rabats sur sous-couverture ouatée rose, ses 32 pages recto sans verso et sans foliotage, ses papiers aux éclats silencieux et aux fibres chaudes que je n’en finis pas de toucher et qui me le rendent bien. (…)

Agnès Disson dans CCP n°17 a écrit:

Oh quel beau poulpe c'est. Illustré par l'auteur en couverture, cannibale comme le poème car doté d'un estomac qui digère tout, « du poulpe à venir sa morale tout prendre » : souvenirs esquissés, lieux indécis, Japon ? Corée ? (Oreilles de Bouddha, thé vert mandarines, gaufres aux haricots rouges, objets dérisoires : on pense aux disconnected trivia de John Ashbery, l'un des pères d'Alferi en poésie.) Et brèves épiphanies. Petit tour de passe-passe, « je dis vous mais ce n'est pas moi ce n'est pas vous » (et c'est donc l'histoire de tout le monde), c'est une lettre à la destinataire absente, mais « rien d'actuel de personnel », les topoï sont ceux de la rencontre amoureuse et de sa fin programmée, « Plantée la flêche commence la chute », puisque la romance, genre mièvre à la « Paul Geraldy » est par définition toujours mélancolique. Le titre est emprunté à Elien (Elien Meccius, IIè siècle, Encyclopédie des gens du monde), le refrain « Ricordati remember me » à Purcell (Remember me but ah ! forget my fate, Didon et Enée, Acte III) car c'est dans le souvenir (anticipé : « s'en souvenir s'en souvenir ») que l'émotion atteint son acmé; mais le poème (« silence léger paroles légères ») est aussi « une installation simple », humeur, stimmung, « airs vagues » : déjà un précis du flou, dans l'élan unique d'un vers allongé.


À propos de l’auteur

Pierre Alferi est né en 1963 à Paris. Fondateur avec Suzanne Doppelt de la revue Détail (cinq numéros), et avec Olivier Cadiot de la Revue de littérature générale. Pensionnaire de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis, 87-88) et "écrivain résident" de la Fondation Royaumont (1991-92).
Il a traduit John Donne et plusieurs poètes américains (dont Lyn Hejinian et Louis Zukofsky), ainsi que le Russe Lev Rubinstein.
Travaux communs avec le plasticien Jacques Julien. Disques et performances avec le musicien Rodolphe Burger (Kat Onoma).

Bibliographie

PoésieIntime, Argol, 2013 • Night and Day, tr. Kate Campbell, La Presse, 2012 • Inter de Pascal Quignard (collectif), Argol, 2011 • "petit petit", rup&rud, 2001, et rup&rud - l’intégrale 1999-2004, éditions de l’Attente, 2009 • L’estomac des poulpes est étonnant, éditions de l’Attente, 2008 • Sonnet, Mix, 2006 • Intime, Inventaire/invention, 2005 • Lon avec Rodolphe Burger, Filigranes, 2004 • La voie des airs, P.O.L, 2004 • La Berceuse de Broadway, Onestar, 2000 • Sentimentale Journée, P.O.L, 1998 • Kub Or, P.O.L, 1994 • Le chemin familier du poisson combatif, P.O.L, 1992 • Les allures naturelles, P.O.L, 1991 /// Avec le sculpteur Jacques JulienFarandole, La Maréchalerie, 2007 • L’inconnu, Le Quartier, 2004 • Handicap, Rroz, 1997 • Personal Pong, Villa Saint-Clair, 1996 /// EssaisBrefs, P.O.L, 20016 • Chercher une phrase, Christian Bourgois, 1991, nouvelle édition augmentée, 2006 • Des enfants et des monstres, P.O.L, 2004 • Guillaume d’Ockam. Le singulier, Minuit, 1989 /// RomansParler, P.O.L, 2017 • Kiwi, P.O.L, 2012 • Après vous, P.O.L, 2010 • Les Jumelles, P.O.L., 2009 • Le Cinéma des familles, P.O.L, 1999 • Fmn, P.O.L, 1993 /// FilmsÇa commence à Séoul, avec Jacques Julien, P.O.L & Dernière Bande, 2006 • Cinépoèmes et films parlants, Les Laboratoires d’Aubervilliers, 2002 • La Berceuse de Broadway (flip-book), Onestar-Press, 2001 /// RevuesRevue de littérature générale, avec Olivier Cadiot, P.O.L., 1995-96 • Détail, avec Suzanne Doppelt, 1989-91 /// Traductions • Perles qui furent, de Jeremy Halvard Prynne, éd. Éric Pesty, 2013 • Un objectif, de Louis Zukofsky, Royaumont. • Poème de la Chapelle Rothko, de John Taggart (avec Emmanuel Hocquard), Royaumont. • Le Taj bleu, de Mei-mei Bersenbrugge, Royaumont. • Parc, de Cole Swensen, Format américain. • Un langage de New York, George Oppen, Format américain. • Prenez-en cinq, de Julie Kalendek, Format américain. • Jazz, de Tom Raworth, Format américain. • Job, Isaïe, in La Bible - Nouvelle Traduction, Bayard, repris en Folio, Gallimard. • Proverbes, Siracide, in La Bible - Nouvelle Traduction, Bayard. • Perles qui furent, de J H Prynne, inédit, 1998. • Paradoxes et problèmes, de John Donne, Allia. • Ce qui reste d’Auschwitz, de Giorgio Agamben, Rivages et Rivages poche. • Les mots et les images, de Meyer Schapiro, Macula. • Le temps passe, suivi de Tant qu'il y a de la vie, de Lev Rubinstein (avec Hélène Henry), Royaumont.