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Demi-valeurs

par Virginie Poitrasson

Couverture d’ouvrage : Demi-valeurs
Fiche technique :Prix (Français): 6,70 €
ISBN : 978-2-914688-72-7
Taille : 10,00 x 14,00 cm
Pages : 76

Alerte poétique

En lisant Demi-valeurs, il apparaît clairement en filigrane une tentative objectiviste. Une mise en plis montrée du doigt, pour poser justement le doigt sur une tentative de la tentation. En quelque sorte, Virginie Poitrasson énonce (ou dénonce) dans son poème une certaine manipulation de l’image du corps de la femme ou est-ce tout simplement un procès verbal, un esclandre ? Loin du pathos ou de la leçon de morale, il s’agit là de tailler dans le vif du sujet : De quoi j’me mêle ! Et l’auteur de dire aussi hors texte en expliquant ce qu’elle propose : « Je ne revendique pas une écriture féminine mais je joue des clichés, du dispositif culturel et artificiel qui fabrique une idée de la femme et nous y enferme. Mon écriture procède par détournements pour mieux déjouer les pièges de la féminité. »

Parution :
Thématiques :
Extrait :

épluchures
épluchures
en salive
en contenu
je contiens le contenu, le contenu
le contenu me contient
maintenance
absurde valeur
et à quoi la rattacher ?
comment valider ?
je perds de ma valeur
je perds valeur
englobant
les rapports

#

rictus
prunus
tu auras la primeur
mon vortex suinte
abandonnée
saluée, sobre de raisonnement
et de délibération
j’intellectualise
pas vraiment, enfin
prix
abandonnée
à vrai dire
c’est un éreintement
pic

#

cellulite
spéléologue
que de cavernes
encombrées
que de choses prônées
rideau de vraisemblance
rituel du délestement
en rade
un corps, un bras, un nombril
j’oublie
c’est encore une certitude

#

LIRE PLUS

qui a dit paradis ?
sans foi ni loi
alors
aligné, juste en bas
et tu ne peux rien me prédire
casse-gueule
vérité en déconfiture
pas plus bleue que blanche
valise – m’encombre-t-elle
aussi ?
c’est en pourparler

REGROUPER
Critiques :Christian Désagulier dans Demi-valeurs a écrit:

60 poèmes qui seraient comme le synopsis d'un film XY, durée : 60 minutes. Un calcul de pourcentage de désintéressement en marge des fameuses 120 journées ? L'auteur a décidé de se plier en 2 au raisonnement, de se mettre en position d'écrivain pour intellectualiser la chose. Pas de simagrée, la langue parle avec la bouche pleine d'épluchures, « une contrefaçon du lysrisme / carré blanc / pour mieux dévaloriser / abécédaire / en rhizomes / j'analyse en nombre ». Ce petit livre orange serait-il un exercice de division de la « sujette / en chose », l'écriture, le quotien de ce rapport dominant-dominé, sans retenue (par qui ?) : « pour tout rapport quelle aliénation ? / … / tout est blabla / blabla blabla / j'y tiens ». Une première partie en serait la théaoire, la seconde les travaux pratiques devant la caméra : « ton sexe est mou / ma langue sèche / les mains ligotées / et après ? ». Demi-valeurs, 2 à genoux.
(Cahier Critique de Poésie n°16)


À propos de l’auteur

Virginie Poitrasson est née en 1975. Originaire de Lyon, elle a vécu à la Nouvelle-Orléans, à New York et vit aujourd’hui à Paris. Écrivain, plasticienne, performeuse et traductrice, elle explore les frontières entre les genres et les modes d’expression langagiers et plastiques (sons, vidéos, sérigraphie).
Elle traduit de nombreux poètes américains : Michaël Palmer, Lyn Hejinian, Cole Swensen, Marylin Hacker, Charles Bernstein, Jennifer K.Dick, Michelle Noteboom, Shanxing Wang, Rodrigo Toscano, Laura Elrick.
et collabore régulièrement a des séminaires de traduction.

Bibliographie

Il faut toujours garder en tête une formule magique, L'Attente, 2012 • Vraisemblance du perméable, avec l’artiste Gabriele Chiari, Méridianes, 2011 • « Autour de Pierrette Bloch », dans Le Geste à l’œuvre, collection Beautés, Lienart, 2011 • Journal d’une disparition, Ink #1, 2010 • Écrivains en séries, collectif 133 séries vues par 99 écrivains, saison 2, Léo Scheer, 2010 • Nous sommes des dispositifs, bilingue français-italien, La Camera verde, 2009 • Demi-valeurs, L'Attente, 2007 • Série ombragée, Propos 2 éditions, 2006 • Épisodes de la lueur, L’Atelier du Hanneton, 2004 Traductions Lentement (Slowly), de Lyn Hejinian, collection dirigée par Juliette Valéry, Format Américain, 2006 • Première figure (First figure) de Michael Palmer, co-traduit avec Éric Suchère, José Corti, 2011