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J’habite ici…

par Association Promofemmes, Françoise Valéry

Couverture d’ouvrage : J’habite ici…
Fiche technique :Prix : 15,00 € EUR
ISBN : 978-2-914688-63-5
Taille : 20,00 x 23,50 cm
Pages : 152

Témoignages interculturels

La collecte des savoirs et savoir-faire menée depuis 1995 par une artiste, Françoise Valéry, maintient ouverte et en mouvement la question cruciale pour chacun de ce que l’on conserve, transmet, emprunte, invente, tricote entre les cultures. J’habite ici… est un livre de témoignages sur l’habitat en situation pluriculturelle, avec des photographies en noir et blanc. Des histoires d’ustensiles, de rangements, de décoration, de transformation des espaces selon l’occasion ou la saison, des histoires de cuisine, de jardinage, d’occupation du temps, des histoires d’échanges avec «le pays», de transmission d’objets, des histoires de voisins…

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Kebira : Si vous avez un grand salon vous mettez six petites tables, si vous avez un petit salon vous en mettez quatre. Ici en France j’en ai apporté deux, j’ai un petit salon avec une grande table. J’ai laissé les quatre autres petites tables chez moi au Maroc.
Zoubeïda : Chez moi il n’y a rien. Je n’ai pas de maison. Il faut que je trouve une maison d’abord, après je pourrai y mettre des choses. Quand j’étais dans mon village, je faisais du cheval, je faisais des courses et j’arrivais première. Ici je n’ai pas de cheval.
Faty : Dans ma cuisine ici en France j’ai des affaires rapportées du Sénégal. La marmite par exemple, quand je l’ai achetée là-bas j’ai demandé qu’on lui coupe les pieds parce qu’ici j’ai une gazinière. Les pieds servent quand on n’a pas de gazinière, ça laisse la place pour glisser du bois sous la marmite posée par terre.

À propos des auteurs

Association Promofemmes

Créée à Bordeaux en 1994, l’association Promofemmes a pour vocation l’insertion sociale des femmes immigrantes et, à travers elles, celle de leur famille. Les différentes problématiques de la vie quotidienne sont abordées dans un programme d’ateliers et de permanences : français et alphabétisation, accès aux droits et traitement des problèmes administratifs, prévention santé, insertion socioprofessionnelle, mobilité dans la ville, parentalité… L’association propose également des activités liées à la convivialité : cuisine, couture, après-midi "thé et jeux de société", sorties culturelles.
La culture étant un élément déterminant de l’insertion, les livres et CD élaborés à partir de collectes auprès des adhérentes expriment la diversité de leurs origines ainsi qu’une valorisation de leur double culture. Artiste et éditrice, Françoise Valéry recueille ainsi auprès d’adhérentes de plus de 65 nationalités des témoignages de leur mémoire, de leurs savoir-faire et de leur inventivité (récits, recettes, chants…) pour en faire des objets de transmission interculturelle et intergénérationnelle sous forme de livres et de supports audiovisuels.

Bibliographie

De bouche à oreille, témoignages interculturels sur la transmission, illustré, avec un CD d'histoires et de chansons en VO (traductions dans le livre), 2013 • À quoi on joue ?! - jeux d'ailleurs et d'ici, d'hier et d'aujourd'hui, avec un CD d'histoires et de comptines en VO (traductions dans le livre), 2011 • J’habite ici ~ la famille, volume 3, mémoire et témoignages, illustré, 2010 • J’habite ici, volume 2, mémoire et témoignages, illustré, 2009 • J’habite ici, volume 1 , mémoire et témoignages, illustré, 2007 • Almanach interculturel, calendrier perpétuel illustré, 2005 • Elles racontent, recettes du monde pour la santé et la beauté, illustré, 2004 • Elles cuisinent, recettes de cuisine du monde, illustré, 2003 • Elles racontent…, volume 3, contes et histoires du monde, illustré, 2002 • Elles racontent…, volume 2, contes et histoires du monde, illustré, 2001 • Elles racontent…, volume 1, contes et histoires du monde, illustré, 2000 • Prises multiples, mémoire et témoignages, illustré, 1998 • Elles disent, mémoire et témoignages, 1997


Françoise Valéry

Née en 1970, Françoise Valéry co-dirige avec Franck Pruja les Éditions de l’Attente depuis 1992. Diplômée de l'école des Beaux-Arts de Bordeaux en 1994, elle fait des mises en page et des relectures, des traductions et relectures de traductions (de l'anglais), écrit, anime des ateliers d'écriture…

Bibliographie

L'Effet boomerang, revue TESTE, septembre 2018 • Vaisselier en coupe, Lnk #11 (Alain Cressan), 2010 • Portrait d’une jeune fille, Lnk #11 (Alain Cressan), 2010 • Trépigna la princesse, revue en ligne Ce qui secret, 2010 • "Clara 2009 - portrait d’une jeune fille", revue en ligne Ce qui secret, 2010 • Huit mains dans le panier, (avec Franck Pruja, Isabelle Jelen et Monsieur Gadou), cipM/Spectres Familiers, 2005 • Poêlon hallucinogène, coll. Livre-Poster, l’Attente, 2004 • Formula, coll. Vade-Mecum, l’Attente,  2004 (H.C.) • Victimes du genre, l’Attente, 2002 • 10 000 $ à la Chand'leur, coll. Week-end, éditions de l’Attente,  2000 • Fuzzy travel, (sous le pseudonyme de Claire Quenond), coll. Week-end, l’Attente, 1998 • Les victimes n'ont apparemment aucune relation entre elles, version spéciale dédiée à Jacques Siclier, éditions de l'Attente, 1994 • Les victimes n'ont apparemment aucune relation entre elles, éditions de l'Attente, 1993 • Les baisers de 13h30 à 18h45, flip-book photographique, livre d'artiste, 1993 • Traductions, une discussion à six voix (livre-partition), l’Attente, 1992

Elle a traduit des textes de Etel Adnan (Déplacer le silence, de Shifting the Silence ; Là-bas, de There, avec Marie Borel), de Lisa Asagi (Zuihitsu Labyrinthite, publié par Alain Cressan, Lnk #15 bis), de Damon Krukowski (Lisez-moi, extraits choisis du livre The Memory Theater Burned), de Kristin Prevallet (Je, au-delà – avec Sandra Moussempès), de Sarah Riggs (28 télégrammes ; 60 textos43 Post-it – avec Marie Borel), de Rosmarie Waldrop (La revanche de la pelouse, de The Lawn of Excluded Middle – avec Marie Borel), et de Rosmarie et Keith Waldrop (Un cas sans clef, de Flat with no Key – avec Marie Borel).

Bibliographie avec Promofemmes

Depuis 1996, Françoise Valéry intervient dans l’association Promofemmes à Bordeaux, qui accompagne l’insertion sociale de femmes immigrantes. Elle y recueille auprès d’adhérentes de plus de 65 nationalités des témoignages de leur mémoire, de leurs savoir-faire et de leur inventivité (récits, recettes, chants…) pour en faire des objets de transmission interculturelle et intergénérationnelle sous forme de livres et de supports audiovisuels. • À quoi rêvez-vous, avec l'artiste plasticienne Anne-Laure Boyer, portfolio, poèmes sur le modèle formel du tanka japonais & peintures à la tempera, à paraître début 2022 • De bouche à oreille, témoignages interculturels sur la transmission, illustré, avec un CD d'histoires et de chansons en VO (traductions dans le livre), 2013 • À quoi on joue ?! - jeux d'ailleurs et d'ici, d'hier et d'aujourd'hui, avec un CD d'histoires et de comptines en VO (traductions dans le livre), 2011 • J’habite ici ~ la famille, volume 3, mémoire et témoignages, illustré, 2010 • J’habite ici, volume 2, mémoire et témoignages, illustré, 2009 • J’habite ici, volume 1, mémoire et témoignages, illustré, 2007 • Almanach interculturel, calendrier perpétuel illustré, 2005 • Elles racontent, recettes du monde pour la santé et la beauté, illustré, 2004 • Elles cuisinent, recettes de cuisine du monde, illustré, 2003 • Elles racontent…, volume 3, contes et histoires du monde, illustré, 2002 • Elles racontent…, volume 2, contes et histoires du monde, illustré, 2001 • Elles racontent…, volume 1, contes et histoires du monde, illustré, 2000 • Prises multiples, mémoire et témoignages, illustré, 1998 • Elles disent, mémoire et témoignages, 1997


S.F. comme Syndrome Fusionnel

par Nicolas Tardy

Couverture d’ouvrage : S.F. comme Syndrome Fusionnel
Fiche technique :Prix : 6,50 € EUR
ISBN : 978-2-914688-62-8
Taille : 13,50 x 12,50 cm
Pages : 52

Triomphe-fiction

C’est ainsi, la science-fiction est désormais partout. Elle irrigue notre temps et notre espace quotidien, chaque interstice de nos vies est infiltré par des figures échappées de l’imaginaire. Nicolas Tardy se doit d’aller plus loin en réveillant notre imagination. S.F. comme Syndrome Fusionnel projette notre vision directement dans la trame du monde réel. Soudain nous apparaissent de futures stars dans une histoire de science-friction-passion-fusion qui miroite au milieu de nulle part : une constellation d’images, de paroles et de sons indéfiniment recyclés par les technologies.
S.F. comme Syndrome Fusionnel est le cinquième livre de Nicolas Tardy publié aux éditions de l’Attente.

Parution :
Extrait :

On décode des signes. Sommes des singes à peine évolués. Le capitaine, en tenue synthétique, avec 1 clavier bien tempéré, tente de synthétiser. Il existe encore des événements troublants,
des éléments tremblants face à des trous noirs. Comme cette histoire où l’on sent bien que des couches s’entassent dans la mémoire ; celle de Debord notamment. Le docteur Badway n’avait pourtant rien diagnostiqué.

Critiques :Dominique Quélen dans CCP n°15 a écrit:

Quand la science-fiction désuète des petites productions de série B est passée à la moulinette de Nicolas Tardy, cela produit ces quarante saynètes tordantes et tordues. L'avenir s'y annonce délicat. Mais qu'est-ce qui donne à cette suite narrative une forme de poésie ? C'est que nous soyons dedans et dehors. S'il y a « Cantos des Quanta », c'est à la fois dans la parfaite panoplie (éculée) du genre et dans son dynamitage paisible. Dans les deux cas, une pièce centrale : « l'ordinateur Debord ». Pur délice de langue, alors, que cette traversée de lieux (autrefois bientôt) communs où tout est bricolé – « on vogue en plein délire » – mais tout fonctionne, où chaque mot paraît jaillire avec la fraîcheur du jeu au fil de la lecture. D'où suspens. D'où comique. Tardy cuisine de l'immédit avec de vieux ingrédients du futur : le résultat ne dépare pas dans l'impeccable catalogue de la collection qui l'accueille


À propos de l’auteur

Né en 1970. Vit à Marseille.
Après des études d'art et de multimédia, se consacre uniquement à l’écriture.
Publie sur différents supports. Travaille parfois en collaboration avec des artistes ou des musiciens.
Anime des ateliers d’écriture depuis 1999.
Co-dirige avec Caroline Scherb, les éditions Contre-mur (www.contre-mur.com) et l’association Calopsitte (www.asso-calopsitte.org).

Bibliographie (extrait)

Monde de seconde main, l'Attente, collection "Alimage", 2019 • Gravitations autour d'un double soleil, Série discrète, 2018 • Des corps (avec des dessins de Claude Horstmann), Ripopée, 2015. • Paysage avec cameras, livre numérique (avec images d'installations de Pascal Dufaux par Paul Litherland et musique de Corentin Coupé), Collection Marcel, D-Fiction, 2014. • Déconstructeur de salle de bain sur le site Remue.net, 2013. • "Des corps de l'art", in Runbook, 2013. • Chatte dans Bite cul nichons & chatte, Ripopée, 2012 • Avant l'arrivée, Contre-Pied/A&P, 2012. Remémorations, Remue.net, 2012 • Un homme tout juste vivant pays des merveilles, l'Attente, 2011 • 40 poèmes de frigo, coll. 8pA6, n°37, -36° édition (Suisse), 2010 • Les ready-mades textuels (essai), Coll. "n'est-ce pas ?" n°9, Haute école d'art et de design de Genève (Suisse), 2009 • Traversée des intégrations, Coll. LittleSingleDeluxe, Single, 2009 • Le Québec livre, Contre-Pied/A&P, 2009 • Napster of Puppets (avec des dessins de ElisabethMercier devient NatachaHerbert), Collection 8pA6, n°28, -36° édition (Suisse), 2009 • Shérifs partout, justice nulle part, coll. 8pA6, n°12, -36° édition (Suisse), 2008 • S.F. comme Syndrome Fusionnel, l'Attente, 2007 • Routines, l'Attente, 2006 • Conférencer, Coll. Instant T n°13, n°14 et n°15, Le Triangle, 2005 • beaux dort 5, Coll. Ici-même, N'a qu'1 œil, 2005 • Sur les genoux, l'Attente, 2004 • Poèmes ménagers, l'Attente, 2002 • Pas résumable, Contre-Pied/A&P, 2001 • Vanités, coll. Madame Fredi, Fidel Anthelme X, 2001 • Couleurs, Fidel Anthelme X, 2001 • Catalogue, coll. Week-end, L'Attente, 2000 • Pages de tests, Poésie Express, 2000 • Chormaux moisis, La Chambre, 1999 • Décalaminages, Edgar Tampion/A&P, 1999 • Comment j'ai découpé certains de mes poèmes, Contre-Pied/A&P, 1996


De l’image

par Laurent Albarracin

Couverture d’ouvrage : De l'image
Fiche technique :Prix: 6,50 €
ISBN : 978-2-914688-61-1
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 52

Essai lumineux

Ce petit essai fragmentaire tente de donner une théorie de l’image poétique, à l’heure où elle est rejetée et bannie par une grande part de ce qui se publie sous le nom de poésie. L’image est explorée ici non comme une simple figure de style mais comme ce qui fait l’essence même de la poésie, et comme ce qui la pousse à son incandescence : il ne s’agit plus uniquement d’analogie mais de tautologie. Celle-ci donne un tour de clé supplémentaire à la ressemblance qui, cessant de seulement circuler entre les choses, désormais les pénètre, les fait être ce qu’elles sont.

Parution :
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Extrait :

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La tautologie est selon moi le sommet caché, impossible, de la poésie. La tautologie affirme que les choses sont ce qu’elles sont et que cela n’est pas rien. Par elle, on voit que les choses sont valables aussi pour elles-mêmes. Comment en arrive-t-on à croire que les choses sont dispensées d’être les choses, je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que c’est dénier beaucoup d’être aux choses que de ne pas les regarder pour ce qu’elles sont : elles-mêmes. Les choses sont valables aussi pour elles. Elles ont une réciprocité en elles qui les traverse constamment et les constitue. Leur mouvement les atteint. C’est tellement évident que c’est abouché à nos yeux. Les choses ont une obliquité naturelle qui leur permet de se parler, et qui a sans doute à voir avec la structure complexe du monde, quoique je n’en sache rien à vrai dire. Dans la poésie on rejoue le monde. On parie que l’arbre analogique dit la feuille des choses. L’image poétique n’est pas une évacuation du réel, comme certains l’ont pensé, mais bien une façon de faire tirer la langue aux choses, de les essouffler à force de les faire courir de l’une à l’autre pour qu’elles rendent gorge, qu’elles affichent leur fatigue rose. Faire faire aux choses ce qu’elles sont, c’est les dire. L’image montre que les choses ont sur elles les griffes de leur préhension, les stigmates avant-coureurs de leur propre prédation. Elles se saisissent de se dérober. C’est là leur activité principale, pas tonitruante certes, mais c’est bien une activité, une sorte de silence radiant, de creusement qui les comble.
L’image est un reflet, et un reflet est toujours un reflet, c’est-à-dire l’instillation de la lumière dans l’eau.

*

L’image réussie est le rapprochement de deux réalités qui, par le truchement l’une de l’autre, acquièrent chacune la capacité de se dire davantage, de s’invoquer et de s’évoquer. La circulation du sens apporte un afflux de la chose à elle-même. La ressemblance qui naît de la formulation poétique construit une espèce d’entendement entre les choses, une espèce d’audibilité générale. De ce point de vue, l’analogie relève sans doute fortement de l’autosuggestion, je veux dire de la faculté de devenir ce qu’on s’entend être. Le prisme des métamorphoses est un passage au tamis de l’altérité. La métaphore a sans doute à voir avec la pratique de l’humour, c’est-à-dire une attention à soi qui sauvegarde d’une trop grande attention à soi, un décentrement permanent par méfiance envers le centre, siège d’une stabilité croupie. La métaphore est essentiellement drôle : c’est comme si un impossible remontait visiblement l’enchaînement des possibles qu’elle élabore. Cette drôlerie est la timidité de sa hardiesse. Et l’intérêt de la figure oxymorique n’est peut-être pas tant dans sa largeur de vue que dans le fait de ruiner la prétention de chacun des points de vue, ou plutôt la prétention à être vu de chacun des points vus. Il ne s’agit pas d’annuler la contrariété des choses, mais bien d’enfoncer en elles le coin de l’écart entre elles, comme si la densité d’une formule éclatait chacun des éléments rapprochés. Si une chose est également son contraire, c’est qu’elle n’est rien d’autre que ce qu’elle est : ce qu’elle est et rien d’autre de dicible ou de saisissable. La désaffection d’une grande partie de la poésie contemporaine pour l’image serait – si j’ai bien compris – le refus d’un langage qu’elle accuse de trop de confiance dans son pouvoir de donner à voir. Alors que ce que l’image poétique donne à voir, c’est l’extrême ténuité des choses et notre fondamentale impuissance à rien voir.

*

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À propos de l’auteur

Laurent Albarracin est poète, né en 1970 à Angers. Il vit en Corrèze. Il collabore régulièrement au site de Pierre Campion, « À la littérature », et anime les éditions Le Cadran ligné.

Bibliographie

Mon étoile terreuse, dessins de Jean-Gilles Badaire, Circa 1924, Paris, 2014 • Herbe pour herbe, Dernier Télégramme, Limoges, 2014 • Le Déluge ambigu suivi de Col des signes, frontispice de Jean-Pierre Paraggio, Pierre Mainard éditeur, Nérac, 2014 • Fabulaux, dessins de Diane de Bournazel, Éditions Al Manar, Paris, 2014. • Les Oiseaux, photomontages de Maëlle de Coux, éditions des Deux Corps, Rennes, 2014. • Le Citron métabolique, Le Grand os, Toulouse, 2013. • Le Ruisseau, l'éclair, Rougerie, Mortemart, 2013. • Le Monde, Le Pauvre Songe, Talence, 2013. • Résolutions, L’Oie de Cravan, 2012 • Le Secret secret, Flammarion, 2012 • Le Poirier, Collection de l’umbo, 2012 • Pierre Peuchmaurd, éditions des Vanneaux, 2011 • Le Déluge ambigu, Collection de l'umbo, 2010 • Explication de la lumière, Dernier Télégramme, 2010 • Louis-François Delisse, Les Vanneaux, 2009 • Le Verre de l'eau et autres poèmes, le corridor bleu, 2008 • Cartes sur l’eau, Simili Sky, 2008 • Le Jardin ouvrier (anthologie), Flammarion, 2008 • De l’image, éditions de l’Attente, 2007 • Vingt-sept sonnets, Ikko (collection 6A), 2005 • Le Feu brûle, postface de Pierre Campion, Atelier de l’Agneau, 2004 • Le Ruban, éditions de l’Attente, collection Week-end, 2001 • Neige, Atelier de l'Agneau, 2000 • Ciel, éditions de l’Attente, collection Week-end, 1999 • Les Jardins nucléaires, L’Air de l’eau/Myrddin, 1998 • Serpent, le fourreau de quelle étrange épée, Myrddin (collection La raison des nuages), 1997


Shinobi no go-ryokô

par Michel Guillemot

Couverture d’ouvrage : Shinobi no go-ryokô
Fiche technique :Prix : 6,50 € EUR
ISBN : 978-2-914688-60-4
Taille : 13,50 x 12,50 cm
Pages : 60

Journal de voyage amoureux

En ouverture, on apprend que le titre de ce livre est extrait de Kwaidan ou Histoire et études de choses étranges de Lafcadio Hearn et que l’expression japonaise shinobi no go-ryokô pourrait être traduite en français par «voyage incognito». Au premier abord ce texte ressemble à un journal mais assez vite la chronologie se détraque. Il ressemble à un récit mais mélange des éléments documentaires. On avancera également le mot merveilleux pour approcher au plus près l’impression de flottement ou d’apesanteur. Un crépitement aérien semble révéler (photogramme), réverbérer une structure secrète et inconnue. L’océan est un paysage cinétique. Les formes se font et se défont au rythme de la respiration. Tout n’est que mouvement, émotion. On sera, à propos de Shinobi no go-ryokô, le plus strict possible en lui appliquant la définition que Borges donnait des livres de poésie : « une succession d’exercices magiques»,  mais aussi à chaque page, vous sentez l’amour.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

SAT16
je pensais n’avoir pas du tout dormi quand un bébé qui tient à peine debout sur ses jambes me réveille en attrapant mon bras, je vois dans ses yeux qu’il sait très bien qui tu es et cherche à déterminer si je comprends la chance que j’ai, nous nous contentons de nous sourire car le langage freine la pensée, sans compter qu’il ne doit pas encore parler et que je suis muet, les dernières pluies ont été tellement violentes que les traces de la grande marée d’équinoxe sont presque effacées, je le sentais aussi distinctement que la forme de tes vertèbres que je suivais des doigts sous ta peau, les lignes d’algues et de coquillages disparaissent sous le sable, je suis couvert de résine de thuya et attentif à rien bute contre une méduse desséchée, j’ai beaucoup aimé quand le premier soir tu as dit enlève-moi mon slip à la place de enlève-moi ma robe

À propos de l’auteur

Michel Guillemot vit et travaille à Paris. Il est éditeur, écrivain et photographe.
- Mitsou rêve du Japon : Voyage à travers les estampes japonaises, avec Mariko Inoue, (album jeunesse) Nouvelles éditions Scala, 2013
- Shinobi no go ryoko, L'Attente, 2007


téléologies

par Frédéric Dumond

Couverture d’ouvrage : téléologies
Fiche technique :Prix : 7,00 € EUR
ISBN : 978-2-914688-66-6
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 52

Prolégomènes

téléologies est un ensemble de pièces et performances travaillant l’infralangage. Chaque texte est écrit avec un nombre très restreint de mots. Ce qui est travaillé là se situe donc dans tout le hors-champ de la langue, ce qui linguistiquement ne s’analyse pas et qui est pourtant présent, et très fortement, dans la parole. C’est-à-dire, notamment et non exclusivement, le contexte de la phrase, le ton, la voix, le visage de celui qui la dit, le contexte physique, spatial, temporel de son émergence, et ce qui, par les yeux du locuteur, passe de ce qui est exprimé avec les mots, en somme un immense background invisible, sans qui, pourtant, rien de l’ordre du sens ne saurait exister.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

vous allez voir, vous allez voir
demain, demain
dès demain, dès demain
vous verrez demain, demain, vous verrez
demain, ah, demain
ce sera, oui, ce sera
vous verrez, ce serra, vous verrez
demain, demain, ce sera, ah ce sera
oui, ce sera tellement, tellement oui
demain sera, ce sera
vous verrez, oui
oui, c’est demain que commence enfin
c’est demain, oui, dès demain, oui, dès demain
vous allez voir, vous allez voir
voilà, c’est pour demain, c’est juste là

Critiques :Claude Favre dans CCP n°16 a écrit:

La langue en soi n'existe pas – cf. Meschonnic… – sans ces situations qui affectent, conduisent l'interlocuteur à croire comprendre, décider d'un sens (selon l'état de fraîcheur de la conscience, la qualité de la digestion, le bruit de la pluie, la peur de certains mots, etc.). Et c'est le grand mérite de l'auteur (également vidéaste, plasticien, performer) de déplacer le point de vue, aller contre les vents courants, inviter le lecteur à chercher ce qui ne se dit pas, ou ne s'entend pas, est sous le texte (Entretien sur le site khiasma et site frédéricdumond). « Ça a l'air », mais ça ne l'est pas, lorsqu'il y a conversations insoumises à l'épreuve de vérité qui se font par reprises, se défont par variations, taquinent « fallait pas / c'était vraiment pas la peine », défient les tentations métaphoriques. Juste quelques mots. « Il faudra vous battre […] vite, vite […] c'est tout de suite » en effet c'est toujours maintenant qu'il nous faut nous battre pour se parler. Revigorant !


À propos de l’auteur

Biographie :
frédéric dumond est né en 1967.
Artiste et écrivain transdisciplinaire, il travaille le langage comme expérience de l’autre, et déploie sa pratique en installations, performances, vidéos, livres, pièces sonores, programmations…
L’écriture est ce qui fonde chaque pièce, chaque intervention : des premières années, où elle questionnait le potentiel littéraire du réel tel qu’il se présentait (contrats d’assurance, télévision, radio, rue…) aux projets les plus récents, où c’est le pouvoir d’agir du langage, sa dimension magique qui est convoquée.
Il travaille à une intelligence du sensible, via la langue et ses logiques, abordant la question des rapports entre ce qui est perçu et ce qui en est dit, ou représenté.

Bibliographie

- we are under attack, éditions de l’Attente, 2011 - écrivains en série (collectif), « laureli », Léo Scheer, 2009 - L’esprit des lois, publie.net, 2008 - we are under attack, publie.net, 2008 - "Le bonheur", revue TINA WEB, è®e, 2008 - perpetuum mobile, Relectures V, espace khiasma, les Lilas, avec une installation, 2008 - hoax (collectif), è®e, 2008 - téléologies, éditions de l’Attente, 2007