Sélectionner une page

Tout cordonnier

par Isabelle Jelen

Couverture d’ouvrage : Tout cordonnier
Fiche technique :Prix : 6,50 € EUR
ISBN : 978-2-36242-011-5 prix public : 6,50 €
Taille : 13,50 x 12,50 cm
Pages : 32

Fiction du quotidien

Dès les premières lignes c’est une plongée dans la langue, dans le parler pléthorique d’un cordonnier. L’homme, drôle et coquin, s’ouvre comme un livre sur sa vie et celle de son entourage, parle généreusement de son métier comme de ses clients, les bons et les mauvais… Dans ce monologue fidèle à l’accent portugais, la syntaxe hybridée s’auto-dynamise et n’a rien à envier à la poésie contemporaine.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

bon         en parlant de ça des chaussures          maintenant c’est la vie privée          vous savez que je vous aime tous          oui          ah oui ah oui ah oui ah oui          à l’époque je suis d’une famille de cordonniers          une famille          nous sommes à peu près une cinquantaine à travailler dans la chaussure j’en ai une soeur qui est très très très spécialisée en couture dans une grande usine i elle est en première qualité          et moi je suis aussi en          je suis aussi un ouvrier très spécialisé         i j’en ai mon père qui était cordonnier mon arrière grand père qui était cordonnier mon arrière arrière grand père qui était cordonnier         tout le monde          nous sommes une famille tout cordonnier

À propos de l’auteur

Isabelle Jelen vit et travaille à Bordeaux. Elle est aussi connue sous les noms de Isabelle J., Lise Helen Jabel, Rubia Jelen, Lisa Beljen et réalise, selon le goût du jour, des vidéos, des livres, des performances, des images, alimentés par le quotidien. Co-fondatrice de l’association Cuisines de l’Immédiat avec Françoise Valéry et Franck Pruja, ses travaux découlent le plus souvent de rencontres et de collaborations. Elle fait partie du collectif Yes Igor.

Bibliographie

- Tout cordonnier, L'Attente, 1998 ; rééd. 2011 - Mon savoir, L'Attente, 2007 - Huit mains dans le panier, avec Monsieur Gadou, Franck Pruja & Françoise Valéry, cipM / Spectres Familiers, 2005 - Marche Mars, coll. Livre-poster, L'Attente, 2004 - Nouvelle Coiffure, coll. Livre-poster, L'Attente, 2003 - Collection particulière, L'Attente, 2002 - Viennoiserie, Patin & Couffin, 2001 - La meilleure manière de partir, L'Attente, 1999 - Au quotidien, (sous le pseudonyme de Lise Helen Jabel), coll. "Week-end", L'Attente, 1999 - Carnet de Bal, coll. "Week-end", L'Attente, 1998


Cartographie Cherokee

par Diane Glancy

Couverture d’ouvrage : Cartographie Cherokee
Fiche technique :Prix: 11,50 €
ISBN : 978-2-36242-004-7
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 102

Volée de flèches

Dans la poésie de Diane Glancy, vers libres ou prose poétique, l’énergie est le dénominateur commun. Ses mots avancent implacablement. Jamais larmoyants, parfois drôles et mordants, ils donnent une voix à ceux que l’on n’écoute jamais. Depuis les marges elle essaie de trouver les paroles que des personnes, ou bien des créatures, exclues, prononceraient. Diane se place souvent à l’intersection de l’ancien monde et du nouveau, observe ce qui s’y passe, rapporte des fragments entendus. Dans cette exploration poétique de l’histoire et de la spiritualité des Cherokee, les différentes sections transportent de l’intimité du quotidien à des récits plus larges de colonisation et de résistance: la relation avec le bison, les conséquences des pensionnats, la perte de territoire et la destruction d’identité. Mémoire personnelle, mythes anciens et réalités contemporaines créent une méditation sur le passé et le présent des peuples autochtones. Les images riches et évocatrices emmènent le lecteur dans un monde complexe et souvent douloureux, mais aussi rempli de beauté et de courage.

Lecture d'un extrait par la traductrice

Extrait :

Asile dans les plaines herbeuses

LIRE PLUS

Médecine du Bison je veux parler bison. C’était un jour pour honorer. Le troupeau marchait dans les grandes plaines. Cette façon qu’avait la horde de marcher. Des petites bandes d’Indiens suivaient. La façon dont ils dépendaient de nous. Comment nous habillions leurs corps. Remplissions leurs estomacs. Fournissions les peaux pour leurs tipis. Nous leur parlions souvent. Grognions un langage qu’ils comprenaient. Rien que nous ne leur ayons pas donné. Mais à présent on nous prend nos prairies. Nos fauteuils de jardin et nos terrains. Débandade vers l’autre monde. Le feu du conseil nous appelle au paradis. Le Grand Esprit parle par le canon des fusils des soldats. Ils tirent depuis les trains qui passent. Certainement l’Amérique était faite pour nous. Souvenez-vous comment nous nous délections. Décidions de la manière de fondre sur la prairie, le vent à nos oreilles. L’esprit pur dans nos larges têtes. Noble le Grand Esprit quand il parlait. Yo. Nous étions siens. Nous meuglions ses prières. Son vouloir ronfler et vagabonder. Nos veaux grandissaient au sein de notre force. Nous étions rois. Nous acceptions la mort. Nous nous sacrifiions pour les Indiens. On nous appelle Grand-mère bison. Señorbuffalo. Mon duc buffalo. Herr Burgermeister Büffel. Bison le sauveur. L’universel bison. Certainement le Grand Esprit fut fait à notre image. Touchez-nous et vous verrez la face de Dieu. Nos têtes furent des anges tombés dans les prairies. Touchez-nous et vous entendrez le grognement de Dieu. Certainement les anges chantent notre chant de la rumination. Ho ii yo. Les nuages grondent au-dessus de nous. Les courants suivent. La terre entière chante pour nous les errants. L’autoroute se rappelle nos migrations.

Mettez vos pieds sur quatre petites roues. Roulez-nous sur la prairie vallonnée. La créosote dans les fossés, noire comme nos muffles. L’herbe parfois aussi haute que nos bosses.

(…)

Pensionnats pour les Indiennes

1.

Ramassez de la boue, voyez comme elle se répand dans l’eau. Maintenant la terre nage, ne sachant pas ce qu’elle est, n’ayant pas ce qu’il faut pour le savoir bien. Secrétaires-bureaux, lits métalliques. Le linge que les filles lavent au pensionnat. Sur le mur, le Christ au poteau, son pistolet pointé sur le monde. Je tourne les pages du livre. Nous avons dormi avec ce Christ cloué au dessus de nos lits. Ce gisant, Christ bâton-marchant, aussi proche qu’un clou dans la main.

2.

La longue pièce blanche devient parfois jardin.

Les fleurs des haricots, le soleil gazouillant au sol. Autrefois, il y a longtemps nous avions migré. Je détestais tenir ce qui se trouvait là, mais c’était assis sur mes genoux. Il y a des moments, même avec le Christ, où je ne suis pas heureuse. Au jardin, près de la rivière, les criquets dans les rangs sont nos faiseurs-de-hutte. Hier, le gardien a fauché les chaumes de maïs, les débris flétris de paille, quelques courges dans les rangs après le raid.

REGROUPER
Critiques :Ph.P dans Les Hebdos du Haut-Jura a écrit:

La poésie de Diane Glancy, en vers libres ou en prose poétique, est résolument contemporaine. L'énergie est le dénominateur commun. Ses mots avancent implacablement. Jamais larmoyants, parfois drôles et mordants, ils donnent une voix à ceux que l'on a rendu muets, à ceux que l'on écoute jamais.


À propos de l’auteur

Diane Glancy est née en 1941 à Kansas city, dans le Missouri, d'un père Cherokee et d'une mère Germano-Anglaise. Elle reconnaît que c'est la culture Indienne qui l'a le plus nourrie. Elle aime à dire qu’elle ne cherche pas à prendre la parole, mais à la donner à ceux qui ne l'ont jamais eue, afin de réécrire l'histoire trop souvent transmise par le filtre des anthropologues et ethnologues.
Elle est professeur Émérite de l’université Macalester de Saint-Paul dans le Minnesota, où elle a enseigné la littérature Anglaise et Amérindienne.
Elle a publié de nombreux livres de poésie, des nouvelles, des essais et des romans et a reçu plusieurs prix littéraires prestigieux aux États-Unis.
Grâce à sa traductrice, Béatrice Machet, nous découvrons peu à peu son œuvre d’écrivain.
- Cartographie Cherokee, traduit par Béatrice Machet, éditions de l’Attente, 2011
- Offrande pour Iron Woman, traduit par Béatrice Machet, Wigwam, 2007


Le cow-boy et le poète

(Chevauchépris)

par Anne Kawala

Couverture d’ouvrage : Le cow-boy et le poète
Fiche technique :Prix : 12,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-000-9
Taille : 14,50 x 13,50 cm
Pages : 78

Épopépoème polyphonique
(Livre + CD audio)
Avec le soutien du Centre National du Livre

Le cow-boy et le poète peut avoir trois lectures : l’épopée du cow-boy, le poème du poète ou l’épopépoème polyphonique des deux joués simultanément. S’amusant de clichés comme de références, ont été mis en regard de façon burlesque et ironique, le mythe du Far-West et un questionnement du travail d’écriture. Une interprétation à deux voix (Anne Kawala et Esther Salmona) est ici restituée sur CD.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Aperçu de quelques pages

Critiques :Eric Darsan dans LA VIE MANIFESTE a écrit:

Une poésie vivante, stimulante – perform-ée/-ance/-atrice, polymorphique et multiforme, hyper-/inter-/active et textuelle, issue d’une longue et riche expérience de collaborations et rencontres, de mises en scènes et en liens – révélatrice, transformatrice et créatrice de mythes et de réalité.


À propos de l’auteur

Diplômée de l’ENBA (École nationale supérieure des Beaux-Arts) de Lyon en 2005, c'est dans une certaine transversalité entre les arts plastiques, l'écriture mais aussi un travail sur le son et la gestuelle, que se constitue le travail d'Anne Kawala.
Textes poétiques, documentaires, autofictionnels - entre autres -  se mêlent à divers matériaux graphiques et sonores qui, malgré - ou grâce à - leur hétérogénéité finissent ensemble par former un récit, trouver une cohérence drôle et parfois troublante.
Anne Kawala participe ainsi à l'ouverture d'une poésie contemporaine qui se joue des étiquettes, s'ouvre à de nouveaux horizons, pour finalement en appeler au corps et constituer une écriture scénique telle que La terreur du Boomerang (2010), commandé et mis en scène par Émilie Rousset à la Comédie de Reims. Elle co-dirige la revue RoToR.

Bibliographie

- Au cœur du cœur de l'écrin,Landskine, 2017 - Le déficit indispensable (screwball), éditions Al Dante, 2016 - De la Rose et du renard, leurs couleurs et odeurs, institut français de Beyrouth et de Saîda / cipM, 2012 - Le Cowboy et le poète, livre-CD, en duo avec Esther Salmona, L’Attente, 2011 - Part &, coll. "Extraction", Joca Seria, 2011 - Rien n'existe pas, catalogue de Sarah Tritz (exergues poétiques), Adera, 2008 - F.aire L.a F.eui||e, préface de Patrick Beurard-Valdoye, coll. "expériences poétiques" dirigée par Michaël Batalla, Le Clou dans le Fer, 2008 - Designare (participation), Farges, 2005


J’habite ici… 3

La famille

par Association Promofemmes, Françoise Valéry

Couverture d’ouvrage : J’habite ici… 3
Fiche technique :Prix : 10,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-001-6
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 148

Témoignages interculturels sur le thème de la famille

Commencée en 2007 avec un premier livre de témoignages axé sur l’occupation domestique de la maison, poursuivie en 2009 avec un volume 2 plutôt sur les rapports avec le quartier et la ville ainsi qu’avec la langue française, la série des J’habite ici continue avec ce volume 3 qui s’intéresse à la famille. Rituels de naissance et étapes symboliques de la vie, organisation des mariages (choisis ou imposés), récits de vie riches en péripéties familiales, réflexions sur le statut de belle-fille, sur l’influence de la société de consommation, sur les difficultés d’exercer une autorité sur les enfants, sur la notion de réussite… Autant de questions débattues en plusieurs langues lors de réunions thématiques.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

La vie en famille

Zahra Z. : La vie ici, ce n’est pas pareil que là-bas. Ici, avec les enfants, on ne peut pas communiquer. Les enfants communiquent entre eux mais ils ne communiquent pas avec les parents. Ce qu’on a dans notre tête en tant que parent, ils ne l’ont pas dans leur tête.

Fatma C. : Mais pourquoi ? Parce que moi je vis les mêmes choses. Ce n’est plus comme c’était quand j’étais petite. Mais ça a aussi changé là-bas, ce n’est pas seulement du fait d’être venus en France et d’avoir nos enfants nés en France.

Zahra Z. : Des fois j’essaie de trouver des occasions pour réunir mes enfants autour d’un plat, d’un bon couscous, mais ils disent non, on mange dehors, on va prendre un sandwich. Et je vois la même chose chez les autres.

Zilfi K. : C’est partout pareil.

LIRE PLUS

Zahra Z. : Même quand on a des enfants ici, on ne le sent pas. Parce qu’on n’a pas les mêmes horaires, on ne les voit jamais, ça ne fait pas une vraie famille.

Ourdia M. : J’ai toute ma famille ici. Mes parents, mes frères et mes sœurs. Je vais quand même au Maroc pour voir mes grands-parents, les amis et le reste de la famille. C’est vrai que ça doit être difficile quand on n’a pas les parents à côté.

Françoise V. : Ici il y a les crèches et les garderies, des services pour tenter de remplacer l’entourage familial peu nombreux ou absent.

Ourdia M. : Quand il y a des places parce qu’on a essayé mais il n’y avait pas de place. Ou alors il faut ne pas travailler, pour garder ses enfants.

Fatima C. : Avant dans la famille il n’y avait pas que les enfants, il y avait les grands-parents, les tantes, les oncles, il y avait le soutien de tout l’entourage, c’était ça la famille. Les grands-parents participaient aussi à l’éducation des enfants, le soir ils racontaient une histoire.

Fatou N. : Mais ça c’était au pays, la famille, les grands-parents pour parler avec les enfants. Ici des fois on se met ensemble autour du salon pour parler de la vie de maintenant et préparer le futur. Ici les enfants vivent « à la française », et comme les parents ne comprennent pas le français, ils ne peuvent pas communiquer alors c’est un peu difficile. On vient ici en famille mais on vit séparés, on n’habite pas tous dans la même maison, on ne se voit que de temps en temps, à Noël, et parfois même pas à Noël. C’est pour ça que les femmes étrangères se sentent un petit peu seules. Les enfants partent à l’école le matin, on ne les revoit que le soir. C’est difficile.

Tamou R. : Je reçois mon fils tous les ans, qui vient me voir et sinon je téléphone à la famille, qui vit au Maroc. La vie c’est bien mais des fois on est contents, des fois on n’est pas contents, parce que la famille est loin. J’essaie d’apprendre le français mais c’est difficile. Mon petit-fils qui a onze ans me parle en arabe, il ne veut pas me parler en français parce qu’il dit que ça me fait monter la tension, parce que je ne comprends pas.

REGROUPER

À propos des auteurs

Association Promofemmes

Créée à Bordeaux en 1994, l’association Promofemmes a pour vocation l’insertion sociale des femmes immigrantes et, à travers elles, celle de leur famille. Les différentes problématiques de la vie quotidienne sont abordées dans un programme d’ateliers et de permanences : français et alphabétisation, accès aux droits et traitement des problèmes administratifs, prévention santé, insertion socioprofessionnelle, mobilité dans la ville, parentalité… L’association propose également des activités liées à la convivialité : cuisine, couture, après-midi "thé et jeux de société", sorties culturelles.
La culture étant un élément déterminant de l’insertion, les livres et CD élaborés à partir de collectes auprès des adhérentes expriment la diversité de leurs origines ainsi qu’une valorisation de leur double culture. Artiste et éditrice, Françoise Valéry recueille ainsi auprès d’adhérentes de plus de 65 nationalités des témoignages de leur mémoire, de leurs savoir-faire et de leur inventivité (récits, recettes, chants…) pour en faire des objets de transmission interculturelle et intergénérationnelle sous forme de livres et de supports audiovisuels.

Bibliographie

De bouche à oreille, témoignages interculturels sur la transmission, illustré, avec un CD d'histoires et de chansons en VO (traductions dans le livre), 2013 • À quoi on joue ?! - jeux d'ailleurs et d'ici, d'hier et d'aujourd'hui, avec un CD d'histoires et de comptines en VO (traductions dans le livre), 2011 • J’habite ici ~ la famille, volume 3, mémoire et témoignages, illustré, 2010 • J’habite ici, volume 2, mémoire et témoignages, illustré, 2009 • J’habite ici, volume 1 , mémoire et témoignages, illustré, 2007 • Almanach interculturel, calendrier perpétuel illustré, 2005 • Elles racontent, recettes du monde pour la santé et la beauté, illustré, 2004 • Elles cuisinent, recettes de cuisine du monde, illustré, 2003 • Elles racontent…, volume 3, contes et histoires du monde, illustré, 2002 • Elles racontent…, volume 2, contes et histoires du monde, illustré, 2001 • Elles racontent…, volume 1, contes et histoires du monde, illustré, 2000 • Prises multiples, mémoire et témoignages, illustré, 1998 • Elles disent, mémoire et témoignages, 1997


Françoise Valéry

Née en 1970, Françoise Valéry co-dirige avec Franck Pruja les Éditions de l’Attente depuis 1992. Diplômée de l'école des Beaux-Arts de Bordeaux en 1994, elle fait des mises en page et des relectures, des traductions et relectures de traductions (de l'anglais), écrit, anime des ateliers d'écriture…

Bibliographie

L'Effet boomerang, revue TESTE, septembre 2018 • Vaisselier en coupe, Lnk #11 (Alain Cressan), 2010 • Portrait d’une jeune fille, Lnk #11 (Alain Cressan), 2010 • Trépigna la princesse, revue en ligne Ce qui secret, 2010 • "Clara 2009 - portrait d’une jeune fille", revue en ligne Ce qui secret, 2010 • Huit mains dans le panier, (avec Franck Pruja, Isabelle Jelen et Monsieur Gadou), cipM/Spectres Familiers, 2005 • Poêlon hallucinogène, coll. Livre-Poster, l’Attente, 2004 • Formula, coll. Vade-Mecum, l’Attente,  2004 (H.C.) • Victimes du genre, l’Attente, 2002 • 10 000 $ à la Chand'leur, coll. Week-end, éditions de l’Attente,  2000 • Fuzzy travel, (sous le pseudonyme de Claire Quenond), coll. Week-end, l’Attente, 1998 • Les victimes n'ont apparemment aucune relation entre elles, version spéciale dédiée à Jacques Siclier, éditions de l'Attente, 1994 • Les victimes n'ont apparemment aucune relation entre elles, éditions de l'Attente, 1993 • Les baisers de 13h30 à 18h45, flip-book photographique, livre d'artiste, 1993 • Traductions, une discussion à six voix (livre-partition), l’Attente, 1992

Elle a traduit des textes de Etel Adnan (Déplacer le silence, de Shifting the Silence ; Là-bas, de There, avec Marie Borel), de Lisa Asagi (Zuihitsu Labyrinthite, publié par Alain Cressan, Lnk #15 bis), de Damon Krukowski (Lisez-moi, extraits choisis du livre The Memory Theater Burned), de Kristin Prevallet (Je, au-delà – avec Sandra Moussempès), de Sarah Riggs (28 télégrammes ; 60 textos43 Post-it – avec Marie Borel), de Rosmarie Waldrop (La revanche de la pelouse, de The Lawn of Excluded Middle – avec Marie Borel), et de Rosmarie et Keith Waldrop (Un cas sans clef, de Flat with no Key – avec Marie Borel).

Bibliographie avec Promofemmes

Depuis 1996, Françoise Valéry intervient dans l’association Promofemmes à Bordeaux, qui accompagne l’insertion sociale de femmes immigrantes. Elle y recueille auprès d’adhérentes de plus de 65 nationalités des témoignages de leur mémoire, de leurs savoir-faire et de leur inventivité (récits, recettes, chants…) pour en faire des objets de transmission interculturelle et intergénérationnelle sous forme de livres et de supports audiovisuels. • À quoi rêvez-vous, avec l'artiste plasticienne Anne-Laure Boyer, portfolio, poèmes sur le modèle formel du tanka japonais & peintures à la tempera, à paraître début 2022 • De bouche à oreille, témoignages interculturels sur la transmission, illustré, avec un CD d'histoires et de chansons en VO (traductions dans le livre), 2013 • À quoi on joue ?! - jeux d'ailleurs et d'ici, d'hier et d'aujourd'hui, avec un CD d'histoires et de comptines en VO (traductions dans le livre), 2011 • J’habite ici ~ la famille, volume 3, mémoire et témoignages, illustré, 2010 • J’habite ici, volume 2, mémoire et témoignages, illustré, 2009 • J’habite ici, volume 1, mémoire et témoignages, illustré, 2007 • Almanach interculturel, calendrier perpétuel illustré, 2005 • Elles racontent, recettes du monde pour la santé et la beauté, illustré, 2004 • Elles cuisinent, recettes de cuisine du monde, illustré, 2003 • Elles racontent…, volume 3, contes et histoires du monde, illustré, 2002 • Elles racontent…, volume 2, contes et histoires du monde, illustré, 2001 • Elles racontent…, volume 1, contes et histoires du monde, illustré, 2000 • Prises multiples, mémoire et témoignages, illustré, 1998 • Elles disent, mémoire et témoignages, 1997


Singeries pour Jacques Dupin

par Francis Cohen

Couverture d’ouvrage : Singeries pour Jacques Dupin
Fiche technique :Prix : 13,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-003-0
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 118

Articles pornologiques
Avec le soutien du Centre National du Livre

Singeries pour Jacques Dupin est une forme critique qui rêve son objet à partir des éléments d’une poétique dissimulée. Jacques Dupin écrit des poèmes pour trahir la poésie. Les stéréotypes de la poésie sont indissociables de la pornologie qui les double par des simulacres. Entre le poème et la poésie, entre l’écriture et l’écrire, le rire est une méthode de lecture qui secoue l’esprit de pesanteur en multipliant les singeries pour accompagner "le singe crédule" dans ses écarts. Poète, en dépit de la poésie, Jacques Dupin est un "clown coupé de l’ego."

Parution :
Thématiques :
Extrait :

    Jacques Dupin est prêt à tout entendre, même mes singeries. Nous parlons chaque été au milieu de la nuit et des pins qui menacent, parfois je ne mesure pas la provocation, il m’écoute, son œuvre est là. Souvent un mot est l’occasion. Comme si je donnais à un mot le pouvoir de faire tomber la panoplie poétique de ce « clown coupé de l’ego ». Comme si je lisais toujours au dehors. J’ai parfois l’impression que tu es « le singe crédule » devant mes singeries. Nous sommes là face à face « comme une équation de singes ». La panoplie des mots. Les mots de la panoplie. Écart dans le simulacre.

    As-tu pressenti que si, un jour, tu avais un singe devant toi, un lecteur-singe, il te prendrait au mot ?

LIRE PLUS

    Quand nous rions ensemble, je ne sais plus ce qui est l’objet du rire. Jacques et son poème savent rire de mon rire. Je pense aux secouements prosodiques, je vois les pins qui nous font rire jaune. Nous sommes trois au-dessus d’un précipice, le poème est là avec l’angoisse entre les pins. Le tassement du rire dans la nuit.

    Nous sommes à Béziers dans le salon d’un hôtel de l’avenue Paul Riquet, Jacques vient de lire « Les simulacres d’un pornologue », il ne semble pas apprécier mes extravagances. Je sens la gêne. J’exagère.

    — Francis, tu pourrais trouver les mêmes choses chez Balzac.
    — Non, je ne crois pas, la pornologie est immanente à tes vers, elle accuse la panoplie.
    — Mais il n’y a que toi qui vois ça.
    — Je lis seulement ce que tu écris, et je le montre, je suis à l’écoute de l’écart.
    — Enfin, je suis donc un pornologue ?

    Je suis gêné, je fais part à Christine de ma perplexité.

    — Jacques ne semble pas apprécier…
    — Tu sais, Francis, il réagit ainsi parce que tu as touché juste.

    Sourires échangés, complices, je marche à côté de Christine et nous nous dirigeons vers les arènes de Béziers pour assister à la corrida.
 
    Quelques années plus tard, nous marchons rue de Miromesnil. Cadence boitée. Pas prosodique, Jacques se plaint de ne plus pouvoir marcher longtemps dans les rues de Paris, je lui dis qu’il a rejoint ses poèmes. Poèmes du corps. L’écart a trouvé sa cadence.

REGROUPER
Critiques :Anne Malaprade dans Action Poétique N°204 a écrit:

Francis Cohen invente une lecture qui a l'audace de parler autant des livres lus et de leur auteur que de celui qui les lit, lui dont la peur, l'émotion, l'hésitation et les insolences sont relatées avec une légèreté tendue.
Portrait de l'homme en lecteur, autoportrait en singe, lectures singes, singeries et renversements pornographiques voire pornologués : ce volume, qui réunit neuf textes écrits depuis 1995, constitue un essai critique renouvelant ce que lire veut dire.


À propos de l’auteur

Francis Cohen est né en 1960. Il est poète et professeur de philosophie et dirige la revue LIGNE 13 avec Sébastien Smirou. Avec Michèle Cohen-Halimi, il a dirigé le N°735-736 de la revue CRITIQUE - Les Intensifs, poètes du XXIe siècle.

Bibliographie

Diesmal, Nous, 2011 • Singeries pour Jacques Dupin, éditions de l’Attente, 2010 • En finir, Éric Pesty Éditeur, 2010 • L’autoportrait chronique, éditions de l’Attente, 2008 • Zones d’interventions précaires (avec Jean-Michel Fauquet), Filigranes, 2008 • Zwar, TH. TY., 2008 • 04.03., Mélanges pour Jacques Dupin (avec Nicolas Pesquès), P.O.L, 2007 • M.T.P : le festin de Balthazar (avec J.-M. Fauquet), galerie Pierre Brullé, 2006 • Monsieur Le Gros Monsieur, TH. TY., 2004 • Le théâtre de Monsieur Le Gros Monsieur (avec Anne Slacik), LMP, 1999 • Jean Daive, le délinquant impeccable, cipM, 1998 • je te continue ma lecture. Mélanges pour Claude Royet-Journoud (avec Michèle Cohen-Halimi), P.O.L, 1998