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Tant qu’il fera jour

Une histoire américaine

par Keith Waldrop

Couverture d’ouvrage : Tant qu’il fera jour
Fiche technique :Prix: 19,00 €
ISBN : 978-2-36242-053-5
Taille : 15,00 x 21,00 cm
Pages : 260

Roman familial

Né au Kansas en 1932 d’un couple désuni, le jeune Keith part, sous la conduite de leur mère avec ses deux demi-frères et sa demi-sœur, à la recherche de la vraie religion. La famille atterrit en Caroline du Sud dans un college fondamentaliste, où se situent certains épisodes désopilants du livre. Puis la famille se disperse… Leurs retrouvailles sont l’occasion d’impayables séances de spiritisme autour d’une planche de oui-ja, dont les deux demi-frères font un usage effréné. Au-delà de l’anecdote, dans une langue simple et directe, l’auteur nous livre une méditation sur les rapports entre folie et spiritualité, sur la recherche du sens et sur sa perte. Ce roman familial qui se déroule dans l’Amérique des années 40 et 50 est illustré de photos de famille. Comme dans sa poésie, Keith Waldrop écrit avec une sérénité malicieuse sur l’expérience et la mémoire. Ce roman sentimental, burlesque, philosophique, nous en apprend plus sur l’Amérique dite profonde que ne le feraient cent livres de voyageurs pressés.

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Extrait :

Julian dénicha un jeu de oui-ja, dégoûté de l’avoir trouvé au rayon des jouets – c’était avant le Nouvel An. Ça marchait bien avec Charles et Seely ; Charles ricanait quand le bout de ses doigts avançait avec la planchette en mouvement. Ils tentèrent de persuader le juge Jerimy de s’asseoir avec eux, mais il s’y refusa. Ça marchait bien avec Clyde et Elaine, bien qu’ils en eussent peur. Mais ça marchait formidablement quand Julian se tenait d’un côté ou de l’autre de la table. Tous les soirs ils firent parler le jeu. Alors que le sapin de Noël perdait toutes ses aiguilles, ils mirent leur trouvaille à l’épreuve.
« Où sont mes pinces », demanda Clyde, et la réponse s’épela d’elle-même : « D-E-R-R-I-E-R-E-T-E-L-E », et c’est là qu’on les retrouva. Ça ne ratait jamais quand il s’agissait de futilités de ce genre. Mais le test le plus important n’avait rien à voir avec l’efficactié.

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« Êtes-vous le mal ? » demandèrent-ils à brûle-pourpoint.
« J-E-H-A-I-S-L-E-M-A-L », répondit la planche, à leur soulagement. Pendant un temps (quelques semaines, j’imagine), celle-ci donna à Julian des instructions détaillées sur où aller pour faire de bonnes affaires, et (ils étaient alors tous plus ou moins dans les postes de télé) où trouver à bon prix des postes de télévision usagés. Ça ne ratait jamais. Leurs affaires s’améliorèrent. Et puis, un soir, le ton changea.

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À propos de l’auteur

Keith Waldrop et son épouse Rosmarie, pendant leurs années d’études à l’Université du Michigan, fondent la revue Burning Deck. Celle-ci se transforme en maison d’édition, et de nos jours Burning Deck reste l’une des plus en vue dans le monde turbulent de la « petite édition ». Autour des Waldrop s’est constitué un des pôles majeurs de la poésie et de l’activité littéraire aux États-Unis. Au cours des quinze dernières années, K.W. a publié quatorze titres, dont Transcendental Studies (University of California Press, 2009), qui a valu à son auteur le National Book Award pour la poésie. Il est également un traducteur de premier ordre de poésie française contemporaine, et il a publié de remarquables versions des Fleurs du mal et du Spleen de Paris, de Baudelaire. Son œuvre poétique est également traduite en français, notamment Le vrai sujet, publié chez José Corti en 2010.
Les livres qu’il écrit en commun avec Rosmarie Waldrop seraient l’œuvre d’un « troisième Waldrop », qui n’écrit ni tout à fait comme Keith, ni tout à fait comme Rosmarie.

Bibliographie

En français (livres traduits de l'américain)Tant qu'il fera jour - une histoire américaine, traduit par Paol Keineg, l'Attente, 2015 • L’irrattrapabilité, suivi de Le Maître de la crucifixion de Providence, traduit par Bernard Rival, Théâtre Typographique, 2013 • Naufrage au havre, traduit par Bernard Rival, Contrat main, 2013 • Intervalles, traduit par Alain Cressan, Lnk, 2011 • Le vrai sujet, traduit par Olivier Brossard, José Corti, 2010 • Échos de Mrs. Crowe, traduit par Bernard Rival, Contrat main, 2009 • Pertes inespérées, traduit par Bernard Rival et Bénédicte Vilgrain, Théâtre typographique, 2008 • Taches d’eau, traduit par Paol Keineg, Format Américain, 1997 • Aimer par description, traduit par Françoise de Laroque, Créaphis, 1996 • Une cérémonie qui se passait ailleurs, traduit par Françoise de Laroque, Fourbis, 1990 • Poème de mémoire, traduit par Anne-Marie Albiach, Orange Export, 1982 De Keith & Rosmarie WaldropUn cas sans clef, traduction de Marie Borel et Françoise Valéry, éditions de l’Attente, 2010 • Light Travels, traduit par David Lespiau, éditions de l’Attente, 2006 • Tome un, traduction collective Royaumont et Juliette Valéry, Créaphis (Un bureau sur l'Atlantique), 1997