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Virgule

par Samantha Barendson

Couverture d’ouvrage : Virgule
Fiche technique :Prix: 13,00 €
ISBN : 978-2-493426-10-9
Taille : 15,00 x 21,00 cm
Pages : 118

Une vie en suspens

Coma en espagnol signifie également virgule. J’aime cette idée de pause, de court temps d’arrêt, de respiration, avant de passer à autre chose. Ton coma ne sera pas trop long, le temps d’un soupir, tu traversais la rue virgule, tu te réveilles et souris point. Tu diras Où suis-je ? et je répondrai Tu as traversé la rue et tu as atterri dans ce lit. La vie reprendra son cours et nous pourrons rire de cette absurde mésaventure, de cet accident typique du XXIe siècle, nous repenserons à tous ces touristes tombés connement en reculant au bord d’une falaise pour prendre un selfie.

Parution :
Artistes de couverture :
Thématiques :
Extrait :

Drôle d’époque, nous sommes devenus des hommes modernes augmentés, nos bras se prolongent vers des écrans, nos pouces s’agitent sans cesse pour passer d’une nouvelle importante à une image rigolote, notre cerveau analyse quantité d’images sans filtre, nos yeux voient des corps explosés dans des pays en guerre, des petits chats mignons qui ronronnent, des sexes exposés comme des œuvres d’art, des poèmes cucul, nous ingurgitons sans discernement violence, mauvais goût, beauté, images, vidéos, textes, infos, intox, politique, culture, faits-divers, guerres, opinions, ego-portraits, food-porn, hoax, notre cerveau au bord de l’implosion, nos yeux rougis par les écrans bleus et le bruit inaudible d’une voiture qui approche à toute vitesse lorsque tu poses ton pied droit sur les lignes blanches du passage piéton, trop tard pour freiner, trop tard pour éviter l

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impact, ton corps qui vole pendant quelques secondes dans les airs, ta main qui ne lâche pas le téléphone que l’on retrouvera intact dans ta paume inerte, du sang sur tes tempes, tes vêtements abîmés, marionnette connectée à la 4G. Petit con. Tu n’as pas intérêt à mourir.

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Critiques :Denis Billamboz dans CritiquesLibres a écrit:

Ce livre est un puissant plaidoyer contre le mariage traditionnel qui enferme les protagonistes dans un cage de conventions, de règles, de convenances sociales, de coutumes et d’usages, , …, pour le mariage pour tous, pour la PMA mais aussi pour l’amour sans sexe, l’amitié profonde débarrassée de toute contrainte de sexualité et d’exclusivité.

Eric Pessan dans BLOG a écrit:

Jour après jour, la narratrice se rend à l’hôpital pour parler à Léonard, il est dans le coma, il a été renversé alors qu'il traversait la rue en regardant l'écran de son téléphone. Infirmières et soignants pensent qu'elle est la compagne du patient, elle laisse penser, elle est simplement sa meilleure amie, elle n'a aucun vrai droit de visite. Monologue après monologue elle retrace sa vie, celle de Léonard, son homosexualité, sa rupture récente d'avec Maxime, son compagnon, leurs rituels, leur complicité, les parents, la vie, le quotidien, l'espérance, la tristesse, la colère. "Virgule" (qui se dit coma en espagnol) est tout entier situé dans ces instants entre virgules, hors du monde, dans l'attente d'un point (le réveil ? la mort ?) et Samantha Barendson parvient à écrire un roman sensible et émouvant, terriblement humain, un condensé d'émotions qui va droit au cœur. Ce n'est pas une moindre qualité, je lis si souvent des critiques insistant sur le fait qu'un livre, un texte, est sans pathos, comme si l'émotion était dangereuse, comme si la littérature devait s'empêcher de nous empoigner par les sentiments. "Virgule" nous plonge en plein pathos, en pleine humanité, et c'est tant mieux.

Librairie VIVEMENT DIMANCHE dans https://www.vivementdimanche.com/livre/9782493426109-virgule-barendson-samantha/ a écrit:

C'est si beau. Émouvant et drôle à la fois.

Son meilleur ami est dans le coma. Coma, ça veut dire virgule en espagnol. Virgule, c'est une pause infime, le temps d'une respiration. Sauf que là, on ne sait pas quelle sera la durée ni l'issue de cette pause. Alors elle remplit ce temps incertain en racontant leur amitié, et son présent à elle, avec humour, esprit, pertinence, et poésie. Parce que bien sûr c'est un roman, mais le regard de Samantha Barendson est empreint de poésie. Et ça change tout.


À propos de l’auteur

Photo © Rogier Maaskant

Née en 1976 en Espagne, de père italien et de mère argentine, Samantha Barendson grandit au Mexique. Elle vit et travaille actuellement à Lyon. Romancière, auteure de poésie et performeuse, elle aime surtout travailler avec d’autres artistes, poètes, peintres, illustrateurs, photographes ou musiciens. Elle fait partie de plusieurs collectifs : « Le syndicat des poètes qui vont mourir un jour » dont le principal objectif est de promouvoir la poésie pour tous et partout et « Le cercle de la maison close » qui propose des performances alliant poésie, musique et arts plastiques.

Bibliographie

Virgule, collection « Roman/ces », l'Attente, 2023. • 50, avec Estelle Fenzy, La boucherie littéraire, 2022. • Americans don’t walk, Le chat polaire, 2022. • Alto mare, La passe du vent, 2020 (italien/français). • Mon citronnier, Jean-Claude Lattès, 2017. • Machine arrière, La passe du vent, 2017. • Le citronnier, Le pédalo ivre, 2014 (Prix de poésie René Leynaud 2015). • Le poème commun, avec Jean de Breyne, Coll. « Duo », Lieux-Dits, 2012. • Des coquelicots / Amapolas, Pré # carré, 2011 (espagnol/français). • Les délits du corps / Los delitos del cuerpo, Christophe Chomant, 2011 (espagnol/français).