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Des figures

par Bruno Fern

Couverture d’ouvrage : Des figures
Fiche technique :Prix: 8,00 €
ISBN : 978-2-36242-008-5
Taille : 14,50 x 21,00 cm
Pages : 52

Embrayeur virtuel

Ça se joue à la syllabe près, ici comme embrayeur virtuel qui multiplie les lectures, donc à travers l’invention d’une forme qui inclurait ses propres débordements pour mieux la sentir vivante jusque dans son pourrissement plus ou moins enchanteur – autrement dit, histoire « de réjouir mais aussi de défaire une stabilité ». (Ronald Klapka)

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Bou

clé ouvrant sur
le vide tourne s’agrège au reste c’est une méthode de ramassage qui disperse en simultané
le versement s’effectue à chaque lettre à géométrie variable
du rouleau qui pousse
à bout portant au-delà de tout l’étrangeté se déclenche en semi-automatique

#

Sans

arrêt au terminus en fait chacun poursuit son chemin
idiot qui passerait la nuit au dépôt quoique
expérience rare comme regarder longtemps à l’intérieur de sa bouche
gouffre où l’on est déjà tombé jusqu’aux oreilles
s’en rendre compte est préférable

Critiques :Anne Malaprade dans Poezibao a écrit:

Lire l’oblique, lire d’oblique : la couverture opère un premier glissement — il y en aura d’autres (de sens, de sons, d’évidences) — qui disjoint le déterminant et son nom désalignés/désaliénés. Oui, il se trouvera des figures, mais nous sommes prévenus : elles ne seront pas là où on les attend, et le regard devra travailler à les reconstituer ou à les imaginer, à la manière d’un puzzle dont une pièce échappée persisterait à relancer par sa marginalité notre curiosité. (...)
(Poézibao, 9 juin 2011)

Henri Droguet dans Blog Campion a écrit:

Bruno Fern a intitulé son quatrième recueil de poèmes : Des figures. Ce titre a un air raidement programmatique. Quelques lignes de Ronald Klapka en page 4 de couverture présentent la contrainte, ou le dispositif formel sur lequel sont construits tous les textes du recueil sauf le dernier. Un monosyllabe (qui peut avoir une signification: là, sans, As, Des, etc., ou pas : Ef, Bou, Per, Ab…) arbitrairement choisi par l'auteur (le lecteur n'en sait rien) fait, en tête de texte, fonction d'embrayeur sur lequel viennent se greffer la plupart des vers qui s'ensuivent et s'enchaînent plus ou moins les uns aux autres. De là un effet de démultiplication presque illimitée du texte, le lecteur en effet embrayera ou pas, développera ou pas toutes les combinaisons possibles du système ; ça vous a un côté Cent mille milliards de poèmes… (…)
(site À la littérature…, pages personnelles de Pierre Campion, 10 juin 2011)

Fabrice Thumerel dans Libr-critique a écrit:

Avec Des Figures, Bruno Fern ne nous propose évidemment pas un manuel de rhétorique, mais un exercice formel – et non formaliste –, un jeu de formes que l’on pourrait situer en droite ligne de l’Oulipo ou de Pierre Alferi. Ce faisant, il nous emmène dans la "cuis / son du poème qui démultiplie les saveurs" (p. 21). (…)
(Libr-critique, 14 septembre 2011)

Christophe Kantcheff dans POLITIS a écrit:

Voilà un livre qui, à la syllabe près, amène à se poser deux questions essentielles : Comment dois-je lire ? Que suis-je en train de lire ? Et qui n’est pas pur formalisme : en fonction de ce que le lecteur décide, et selon la phrase qui se forme, une couleur, un sentiment, un sourire s’impriment en lui.

Jacques Josse dans Blog a écrit:

Mêlant expressions usuelles, citations de poètes (Apollinaire, Zanzotto, Mallarmé...) et infos entendues au coin d’un trottoir, au hasard d’une revue de presse ou lors d’une conversation privée, Bruno Fern met assez d’humour et de distance entre lui (et les autres) et ses poèmes pour que ceux-ci, grâce à la contrainte qu’il s’est donné, jouent en permanence à l’élastique entre tension et relâchement, restant à hauteur de la réalité et du quotidien, y compris quand ils les saisit à ras de terre. Il agit de même envers la poésie en ne la plaçant jamais sur un piédestal. Son rôle est ailleurs. Plus en bas, dans le vif, avec les anonymes. Qu’il côtoie, qu’il écoute et dont il raccorde les propos avec justesse et légèreté, glissant en un éclair du versant ludique à l’aspect sérieux d’un petit monde que tout un chacun s’évertue à organiser (question d’équilibre) autour de soi.


À propos de l’auteur

Né en 1960, il vit à Caen où il participe à l’organisation des lectures de l'association Ici poésie. Bruno Fern a publié des textes dans différentes revues (imprimées et en ligne). Il est également l’auteur de notes de lecture sur internet (sitaudis, poezibao, libr-critique et remue.net) et dans les revues CCP (cipM) et Action Poétique.

Bibliographie

- Le petit test, Sitaudis, 2015 - Pages rosses (avec Christian Prigent et Typhaine Garnier), Les Impressions Nouvelles, 2015 - Ferai un vers de pur néant, éditions Ink, 2012 - Des figures, éditions de l'Attente, 2011 - Cabine double, éditions Ragage, 2009 - Cheval porteur, publie.net, 2008 - 111 points de contrôle, éditions Voix, 2007


Causes cavalières

par Pascal Poyet

Couverture d’ouvrage : Causes cavalières
Fiche technique :Prix: 7,00 €
ISBN : 978-2-36242-007-8
Taille : 14,50 x 21,00 cm
Pages : 28

Gamme de situations

Supposons que « s’entendre sur les mots » permette de « faire cause commune » et que cela ne marche pas, soit qu’on ne s’y « entende » pas très bien. Qu’alors à faire cavalier seul on se trouve, par exemple, fauteur de trouble, de Causes cavalières.
Turbulent « aux seuls endroits entendus », Pascal Poyet décline d'inconciliables formulations, conditions de s'unir ou de se séparer, de prendre fait et cause, pour une cause, finalement imprévue, devenue telle cavalièrement, quand elle aurait dû être (la cause est) « entendue », par exemple.
Parce qu'il y procède autour d’expressions communes, « prendre fait et cause », « fauteur de trouble », « faire cause commune », « faire cavalier seul », par glissements, emboîtements, reprises, qu’il y multiplie à force de réagencements, sur le modèle de l’engrenage, la gamme des situations (expressions) possibles, les Causes cavalières de Pascal Poyet obligent aux détours, et même si elles permettent de s’y retrouver, n’annoncent pas qu’on puisse s’entendre, sinon « cavalièrement ». C'est-à-dire ?
(Anne Parian, Cahier Critique de Poésie n° 2)

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Bien qu’imprévisible, passe entre tous et doit avoir été entendu

pour s’être bien trouvé de faire entre eux des liens cavaliers puis seul, désinvolte, faire cause de leur trouble – pour faire cause de leur trouble.

Tout ce qui lui est entendu (tout à lui) passe à son tour pour imprévu ou par distraction, s’être entendu à cette… entente.

Plus aucun fauteur mais d’une cause cavalière puis, cavalier, est fait cause.

Pas d’autre cause à leur gêne qu’un fauteur qui, dégagé, passe entre tous, ni d’autre fauteur trouble leur cause (sa manie de bouger) que tel, désinvolte, faisant sans cesse les trajets.

*

D’une manière dégagée ou par distraction, laissant derrière lui quelques objets,

quelques objets derrière lui, façon de faire – moyen d’être entendu, de faire moyen d’eux ou d’une quinte (d’un accès),

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d’un ensemble distrait ou d’une manie de bouger aux seuls endroits entendus.

Plus rien ne jonche le sol comme en quelques objets on avait trouvé
le moyen d’obliger au détour, semés par des individus qu’on aurait tôt fait de confondre

*

tels qu’ils se répètent en semant derrière eux ce qui oblige au détour, façon de faire – moyen d’être entendu – de faire moyen d’eux

et de se trouver – façon de lui faire entendre – de se trouver à des façons de lui.

Plus aucun fauteur n’oblige au détour – d’appui sinon d’une cause désinvolte

aux endroits mal entendus, distrait par des individus qu’il aurait tôt fait de confondre.

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À propos de l’auteur

Pascal Poyet est né à Rive-de-Gier en 1970. D’un cursus à l’école des Beaux-Arts de Grenoble l’écriture de Pascal Poyet conserve une plastique, et un rapport au langage nourri par une interrogation sur la notion de moderne. […] En une quinzaine de livres, parfois très courts, et qui marquent à chaque fois une étape dans une recherche à la fois exigeante et exemplaire, Pascal Poyet s’est imposé comme un auteur majeur de sa génération. De 1998 à 2017, il a co-dirigé avec Françoise Goria les éditions contrat maint qui ont publié des textes d’artistes et de poètes contemporains, des essais, des traductions, dans des ouvrages brefs dont la forme, inspirée de la « literatura de cordel » brésilienne, délimite une utopie de pensée et d’action. Il est depuis 2019 responsable éditorial du Journal des Laboratoires / Mosaïque des lexiques, revue des Laboratoires d’Aubervilliers. (Éric Pesty)

Bibliographie

• « Un futur », in L’Ours Blanc n°22, Héros-Limite, 2019 • Regardez, je peux faire aller Wittgenstein exactement où je veux, Théâtre Typographique / Michael Woolworth, 2018 • Une aventure de Tanger, CIPM, 2017 • Un sens facétieux, cipM, 2012 • Linéature, Éric Pesty éditeur, 2012 • Draguer l’évidence, Éric Pesty éditeur, 2011 • Trois textes cinq définitions, avec Goria, lnk, 2010 • Au compère, Le bleu du ciel, 2005 • Expédients, La Chambre, 2002 • Principes d’équivalences, Fidel Anthelme X, 2001 • Causes cavalières, coll. "Week-end", L’Attente, 2000, nouvelle édition en 2011 • L’Embarras, Patin & Couffin, 2000 • Compadrio, avec Jean Stern, contrat maint, 1998 • L’Entraînement, avec Goria, contrat maint, 1998 /// Traductions • Texte critique de Stephen Horne sur le travail de l'artiste Delphine Ciavaldini, in Les horizons perdus (Jean-Daniel Baltassat, Delphine Ciavaldini, Stephen Horne), l’Attente, coll. L'Art à lire, 2020 • Etel Adnan, Surgir, l’Attente, coll. Philox, 2019, repris dans : Le destin va ramener les étés sombres, Points Poésie, 2022 • Rachel Levitsky, Against Travel / Anti-voyage, Pamenar Press, 2020 • David Antin, Parler, 2019 • Juliana Spahr, Va te faire foutre – aloha – je t'aime, l’Attente, coll. Philox, 2018 • Uljana Wolf, annalogue des oranges et annalogue des fleurs, contrat maint, 2016 • John Cage, quatre textes d'introduction aux quatre parties de Empty Words, contrat maint, 2015 • David Antin, 10 pour George, contrat maint, 2015 • Lisa Robertson, Brouillon de voix off pour une vidéo en boucle écran divisé, contrat maint, 2014 • Rachel Levitsky, Dehors (ou secours et cinéma), contrat maint, 2014 • Rosmarie Waldrop, En un éclair, contrat maint, 2013 • Ellie Ga, Reading the Deck of Tara, lecture n°2, du 13 janvier 2011 (avec Goria), contrat maint, 2013 • Lisa Robertson, Cinéma du présent,Théâtre Typographique, 2015 • David Antin, Accorder, Héros-Limite, 2012 • Lisa Jarnot, Journal d’un ange sado maso (avec Marie Borel), contrat maint, 2011 • Rosmarie Waldrop, d’Absence abondante, contrat maint, 2009 • David Antin, je n’ai jamais su quelle heure il était, Héros-Limite, 2008 • Rosmarie Waldrop, Dans n’importe quelle langue, contrat maint, 2006 • Miles Champion, Couverture fluide, contrat maint, 2004 • Peter Gizzi, Revival, cipM / Spectres Familiers, 2003 • Miles Champion, Mis à plat, contrat maint, 2002 • Julian Opie, Conduire (avec Goria), contrat maint, 2002 • John Baldessari, Bars de rencontres et Montaigne (avec Goria), contrat maint, 2002 • David Antin, Huit Histoires pour John Baldessari, contrat maint, 2000 • Peter Gizzi, Blue Peter, contrat maint, 2000 • Charles Olson, Commencements, ouvrage collectif, Théâtre Typographique, 2000 • Abigail Child, Climat / Plus, Format Américain, 1999, repris dans : Format Américain, L’Intégrale, Juliette Valéry, dir., L’Attente, 2021 • Rosmarie Waldrop, Pré & Con ou Positions & Jonctions, contrat maint, 1999


Djinn John

par David Lespiau

Colorimétrie mentale 2

Suite de Djinn jaune, dont il poursuit la numérotation des sections en commençant par (5), Djinn John personnifie peut-être la fiction colorimétrique du poème. Un foisonnement de références — cinématographiques, littéraires, scientifiques — se mêle subtilement aux observations du quotidien pour sous-tendre l’ensemble de cette écriture au scalpel. En peu de mots David Lespiau nous transmet une intense réflexion, comme une fleur de papier comprimée qui va se déployer lentement et longtemps dans nos esprits.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

5

Progresse par strates ou trames composites
par sélection, énonciation
de ses éléments compose des trames propres
vers par vers

travail d’énonciation de données qui se sauvegardent
par l’image
film qui happe le son, résidu

recommence à élaborer son calque
feutré, faillible, froissé

une affaire de jour intérieur

la douceur appliquée à la lueur imaginée
d’untel (John ?) presque
incalculablement.

6

Solaire simple
jeu autour des doigts liquides

les volets sont fermés. Plan d’eau mental
doigts passés dans la boucle des cheveux
bizarre comme jaunir prend de la place (distingue
entre)
toutes les minutes
sous les images (des articulations possibles
)
au même moment. Plan de lymphe vertical

la somme des terreurs dans un filet
prolifère par masses de neige

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pas de forme fixe aux mirages
dis-tu.

7

La fiction alimente le récit machinalement
grammatise, dramatise
par agrandissements successifs jaunes
de la mémoire
écartant la couleur de ses bords

du temps mental, une maison. L’enfermement
renversé, le mutisme vocalisé

déluge. Comptoir sur une barque rouillée.
Dans le corps
drap, carcasse, écoulements, aboiements et jardin,
carrés de bois, nain, main et
face à la mer
toute l’urine inversée en pluie

dans le soleil liquide, électrique
phrases plus longues — application de feutre
(figurine de timbre dans une chambre gonflable
(agrandissement
de singes)). Douceur de la neige, pellicule de graisse
entre silhouette humaine et impacts de balles
traçantes. Un film
sorti des usines de la lumière. Nuée de signes —
geste
d’une partition de pauses (

grilles — virgules, voyelles. Passage en 3D de
fiches volantes (viennoises)). Séances de notation
au clavier
par série de réveils composée de cycles de pronoms
(roman familial exponentiel). Et ce
en toute confiance somnambulique

plaques (américaines) au voile photographique,
chimique
volumes — phrases d’un mot, modules —
liquides de
verrière. Lumière : eau or, bois et soleil qui éblouit
(une
minéralisation de la grammaire)

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À propos de l’auteur

Auteur et traducteur, David Lespiau est né en 1969 à Bayonne. Premiers textes publiés en revue à partir de 1996, puis chez plusieurs éditeurs à partir de 2002 ; une vingtaine de livres publiés depuis. Il a co-dirigé la revue Issue autour de la poésie américaine et s'est engagé dans un travail de lecture critique, notamment pour la revue CCP. Il poursuit plusieurs axes de recherche et d’écriture autour de la poésie et du récit.

Bibliographie

  • équilibre libellule niveau, P.O.L, 2017Carabine souple, L'Ours Blanc/ Héros-Limite, 2016 • Récupération du sommeil, Héros-Limite, 2016 • Nous avions, Paris, coll. "L'Estran", Argol, 2014 • Notes pour rien, Contrat maint, 2014 • Poudre de la poudre, Le bleu du ciel, 2014 • Notes de production, Contre-mur, 2013 • Aluminium, poème Rauschenberg, Argol, 2012 • L'intérieur du jour, Head, 2012 • Un conte (version galicienne : Emilio Araúxo), Amastra-n-gallar, 2013 • 70 je piqués de biais, Lnk, 2013 • 27 réponses, Lnk, 2013 • Nocturne, D-fiction, 2012 • Djinn John, coll. Spoom, L’Attente, 2011 • Férié, postface d’Emmanuel Hocquard, Les petits matins, 2010 • Ouija-Board (version américaine : Cole Swensen ; version allemande : Cosima Weiter) avec des collages de Tom Raworth), Héros-Limite Genève, 2009 • Oh un lieu d’épuisement, Contrat maint, 2009 • Peliqueiros (version galicienne : Emilio Arauxo), Amastra-N-Gallar, 2009 • Scan de felo (version galicienne : Emilio Arauxo), Amastra-N-Gallar, 2008 • Supplément Celmins, Little Single, 2008 • Djinn jaune, coll. Spoom, L’Attente, 2008 • La fille du département Fiction (carnet Hawaii), L’Attente, 2007 • [or est un mot minuscule], coll. "Vade-Mecum", L’Attente, 2006 (H.C.) • Quatre morcellements ou l'affaire du volume restitué, Le bleu du ciel, 2006 • De l'électricité comme moteur, L’Attente, 2006 • La poule est un oiseau autodidacte, L’Attente, 2005 • Réduction de la révolution la nuit, Contrat maint, 2005 • Spirit II, Contrat Maint, 2004 • Autocuiseur, coll. "Vade-Mecum", L’Attente, 2004 (H.C.) • L’Épreuve du Prussien, Le bleu du ciel, 2003 • La poursuite de Tom, Farrago / Léo Scheer, 2003 • La Mort dans l’eau l’âme download (85 polaroïds de plage), Spectres Familiers, 2003 • Opération Lindbergh, Contrat maint, 2002 Parus en catalogues, ouvrages collectifs, anthologies, revues • Jean-François Bory, L’apocalypse de Gutenberg, français/italien, Fondation Berardelli, 2008 • Jean-Luc Parant, L’évasion du regard, Médiathèque Voyelle, 2009 • Poem, Poets on (an) Exchange Mission, français / américain, Fish Drum, New York, 2009 • Textes de création parus dans la Revue de littérature générale n° 2, If  n°14 & 21, Action poétique n°156, Le Cahier du Refuge n°80, Les cahiers de l'Institut d'études Poétiques, Action restreinte n° 2, Hypercourt n° 1, Issue n° 1 à 5, Amastra-N-Gallar n° 13, Fin n° 21, Le Bout des Bordes n° 9/10, Java n° 25/26, Nioques n°3 (3e série), Espace(s) n°4, D’ici là n°1 & 5, Fondcommun n° 1... Participation aux ateliers de traduction collective des poètes américaines Joan Retallack, Kristin Prevallet, Elizabeth Willis (cipM / Un bureau sur l’Atlantique, 2002 à 2007). Traductions pour If n°16 (Reznikoff). Traduction de Light travels, Keith & Rosmarie Waldrop, L’Attente, 2006 Textes critiques parus dans les revues CCP (n°1 à 21), Cinéma n°10, Amastra- N-Gallar n°8 & 12, Critique n°735-736 et Ent’revues n°42.


Le bébégaiement du beau Beaubourg

par Michelle Grangaud

Couverture d’ouvrage : Le bébégaiement du beau Beaubourg
Fiche technique :Prix : 7,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-006-1
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 28

Révélation linguistique hallucinatoire

Le bébégaiement du beau Beaubourg a été initialement publié en 2001 dans la collection Week-end aux éditions de l’Attente.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Canton, Canton, quand on entre dans la bible, dans la bibliothèque parmi les preux, parmi les premiers, ce qu’on voit d’abord c’est la lu, la lumière du jour. La lumière du jour contient la lecture qui contient le monde qui contient la lumière du jour, comme dans les paires, les performances de Bernard Heidsieck où la lecture orale contient la lecture écrite et récit et réciproquement.

Il y a de grandes tables gris pâle dans la bibliothèque. Quand on arrive à leur douve, à l’heure d’ouverture, les tables sont vides et prêtes en même temps pour les voies, les voyages qu’on va faire là ; les tables sont comme des ponts qui joignent des bords opposés et pourtant contes, contigus.

Critiques :Éric Suchère dans CCP n°4 a écrit:

Un bégaiement qui se marque clairement comme artificiel pour jouer avec et sur des mots qui font dériver le sens du récit vers quelque chose de totalement improbable, qui ne provient que de la langue, que de la proximité phonétique, donc d’un arbitraire total ou quasi. Michelle Grangaud, grâce à ce mécanisme de précision du marabout de ficelle amélioré, transforme une journée en une révélation linguistique hallucinatoire.

Bruno Fern dans POEZIBAO a écrit:

Traversée non seulement par les livres mais aussi par les « bouts ces bouffées du monde extérieur », la bibliothèque apparaît alors telle une vaste chambre d’échos que le bégaiement souligne à sa manière, un lieu multidimensionnel...


À propos de l’auteur

« Née en 1941 à Alger (où la vue quotidienne des effets horribles de la colonisation m'a inspiré une passion, définitive et sans réserve, pour l'égalité sous toutes ses formes et dans toutes les circonstances, dans la vie courante comme dans les pratiques d'écriture) et vivant depuis 1980 à Paris (ville que j'ai aperçue pour la première fois à douze ans, qui m'a séduite d'emblée, et durablement ; dans l'enfance, c'étaient les cafés, qui m'attiraient, je les trouvais magnifiques et il me semblait qu'on pouvait y mener une vie palpitante - maintenant, la même chose avec les bibliothèques -). Comme dit Baudelaire, il faut toujours être ivre, etc., sauf que la vertu n'a jamais été ma tasse de thé. »
Élue membre de L'OUvroir de LIttérature POtentielle [l'Oulipo] depuis 1995, elle est spécialiste des anagrammes, auxquels elle a consacré plusieurs ouvrages, et des palindromes. Elle a créé la contrainte sexagrammatine et l'« avion » (abréviation de « abréviation »). Ses contraintes de prédilection font intervenir les lettres et les nombres, mais certains ouvrages, comme État civil, fonctionnent également sur l'inventaire et la manipulation.

Bibliographie

- Le bébégaiement du beau beaubourg, (réédition), L'Attente, 2011 - Les Temps traversés, P.O.L., 2010 - Calendrier des fêtes nationales, P.O.L., 2003 - Le bébégaiement du beau beaubourg, collection "Week-end", L'Attente, 2001 - Calendrier des poètes, P.O.L., 2001 - Souvenirs de ma vie collective, P.O.L., 2000 - État civil, P.O.L., 1998 - Poèmes fondus, P.O.L., 1997 - On verra bien, éditions Guère épais, 1996 - Jours le jour, P.O.L., 1994 - Geste, P.O.L., 1991 - Renaîtres, Ecbolad, 1990 - Stations, P.O.L., 1990 - Mémento fragment, P.O.L., 1987 Dans la bibliothèque Oulipienne - Millesimes II, 2011. - Millesimes, 2011. - Un voyage divergent, 2001 - Une bibliothèque en avion, 1999 - hahaôahah, 1998 - Oulipo fondu, 1997 - D'une petite haie, si possible belle, aux Regrets, 1995 - Les formes de l'anagramme, 1995


Le léopard est mort avec ses taches

par Marie Borel

Couverture d’ouvrage : Le léopard est mort avec ses taches
Fiche technique :Prix : 7,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-005-4
Taille : 14,50 x 21,00 cm
Pages : 20

Fourrure polymorphe

Avec Le Léopard est mort avec ses taches, on est devant – ou dans – une suite d’énoncés qui s’enchaînent comme les phrases d’une narration, mais dont la succession est imprévisible. Cela donne un superbe récit, tendre et facétieux, à partir d’énoncés ordinaires, « les phrases des autres » dit Marie Borel, les phrases de tout le monde comme l’Autobiographie de tout le monde de Gertrude Stein, transcrites, re-citées, réagencées.
(Emmanuel Hocquard)

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Félin, fourrure polymorphe, chasse à l’affût surtout la nuit, attaque foudroyante, n’hésite jamais ne laisse aucune chance à ses victimes, peut être dangereux. Rapide léger cent kilomètres à l’heure. Mammifère carnassier indomptable des régions tropicales, pelage jaune tacheté de noir, rien à voir avec le guépard, gattopardo, gatto chat, pardo léopard, facile à apprivoiser près du Cap de Bonne Espérance, lui aussi court très vite (pointes à cent dix) mais s’épuise rapidement, le léopard donc, leo lion, pardus panthère, fourrure épaisse et rase, noir jaune noir jaune, yeux étincelants museau court, marche seul, n’écoute que son courage, a la beauté, il est présent mais personne ne le distingue [Attente : flotter / louvoyer, catégories]

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Tous les félins se ressemblent par le naturel quoi qu’ils soient très différents. Pour la grandeur et par la figure. Le guépard chasse en plaine. Proie favorite : la gazelle de Thomson. Le puma ainsi nommé par les indiens incas, est maintenant dans les Amériques traité de tous les noms : ocelot / caracal / lion mexicain / cougouar / tigre cervidé / panthère / amar / serval / margay / chat démon / felis concolor. Bout de la queue noire comme les rayures qui vont de sa bouche aux yeux, petite tête ronde, tache noire au dessus des yeux, quatre orteils, griffes rétractiles, c’est le grand et gracieux félin nocturne arboricole sans taches ronronnant d’Amérique. Le destin du puma est un mystère, les officiels de la vie sauvage là-bas, dans les allées de citronniers en Pennsylvanie, croient qu’il a choisi de disparaître comme les pigeons voyageurs.

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Critiques :Claude Chambard dans Lettres d’Aquitaine a écrit:

Le léopard a des taches de la même couleur que le fond du poil mais cernées de noir, ce qui le différencie de la panthère. Le léopard d’Aquitaine ne ronronne qu’au moment de la mort. Il est souple, versatile et boit du bourbon. Tout ceci est absolument exact bien que rien ne soit vrai, écrit Marie Borel. C’est une suffisante raison pour lire son léopard qui vit sa deuxième vie – et on lui en souhaite beaucoup d’autres – à partir d’aujourd’hui.


À propos de l’auteur

Marie Borel voyage écrit lit traduit.

Bibliographie

Des questions singulières, éditions Renard bleu, Suisse, 2019 • Loin, L’Attente, 2013 • Le Léopard est mort avec ses taches, (nouvelle édition) L’Attente, 2011 • Écrit sur du sable, contrat maint, 2008 • Le monde selon Mr Ben, Fage, 2008 • Priorité aux canards, L’Attente, 2008 • Tombeau des Caraïbes, contrat-maint, 2003 • Trompe-Loup, Le bleu du ciel, 2003, traduit en anglais par Sarah Riggs et Omar Berrada (Wolftrot, La Presse, 2006) • Le Léopard est mort avec ses taches, L’Attente, collection Week-end, 2001 • Fin de citation, cipM, 1995, traduit en anglais par Keith Waldrop (Close Quote, Burning Deck, 2001) /// TraductionsL'indien jamais n'a eu de cheval, Etel Adnan, Galerie Lelong, Paris, 2022 • Murmurations, Sarah Riggs (collaborated with Jérémy Victor Robert), Apic, série “Poèmes du Monde” dirigée par Habib Tengour, Algérie, 2021 • Là-bas, Etel Adnan, avec Françoise Valéry, L'Attente, 2013 • La revanche de la pelouse, Rosmarie Waldrop, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2012 • Journal d’un Ange Sadomaso, Lisa Jarnot, avec Pascal Poyet, contrat maint, 2011 • Un cas sans clef, Rosmarie & Keith Waldrop, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2010 • 43 Post-it, Sarah Riggs, avec Françoise Valéry, L’Attente, 2009 • Chansons du chien noir, Lisa Jarnot, trd collective, Format américain, 2005 • Pelouse du tiers exclu, Rosmarie Waldrop, Format américain, 2001 • Prétense, Tom Raworth, La Tuilerie Tropicale, 1988 Traductions parues en revue de Lyn Hejinian, Nancy Khul, Gertrude Stein, Charles Reznikoff  et de  cinq livres de la Bible dans le cadre du projet collectif La bible : nouvelle traduction, Bayard, 2001