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Vermeille

par Florence Jou

Couverture d’ouvrage : Vermeille
Fiche technique :Prix: 14,50 €
ISBN : 978-2-493426-18-5
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 144

Fiction climatique éco-féministe

Dans un futur proche, une sécheresse chronique ravage les terres du sud de la France. Une nuit de juillet, un vent brûlant anéantit la plupart des vignes de Jo. Ultime représentante d’une communauté de vignerons engagés, elle tient tête au monde qui se détraque, aux avidités de l’e-agriculture, et tente de survivre à l’exode de son entourage. Avec panache dans le désespoir. Accompagnée de Wanda et Ferhat, ses derniers complices, jusqu’où Jo pourra-t-elle résister ?

Une fiction climatique, innervée par une énergie éco-féministe, où faire du vin est une survivance rituelle, comme une danse au-dessus du brasier.

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Extrait :

Les cris éraillés s’échappent du Silo, mas aux volets verts et aux murs blancs à flanc de colline au-dessus de Cosprons. Une voix de fumeuse endurcie, un mélange de colère et détresse. Sur la terrasse en tomettes rouge vieilli, Jo brandit une bouteille de vin, vide, pour signifier qu’elle est encore vivante, a survécu aux rafales avec une unique compagne, son ivresse. Puta de viento ! Serre la bouteille contre sa poitrine, la caresse lentement, enlace à travers le verre ses grenaches centenaires. Ceux qui composent son Solar Red Punk et ont dû être fumés, battus ou éventrés par El Diable. Elle ramasse des papiers dégueulés des poubelles qui jonchent la terrasse, les balance dans le brasero. Quatre heures du matin, le vent est tombé, c’est l’heure du feu, de faire exploser la température et de se comporter en bonne bruxe. Surtout lâ€

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™heure de rendre hommage à ses derniers vrais punks, plantés sur des territoires marginaux, deux parcelles de marnes schisteuses sur les hauteurs du hameau et une parcelle de sable à vingt mètres de la Méditerranée près de l’ancienne dynamiterie. (…)

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Critiques :Thierry Grillet dans L'indépendant 29/03/26 a écrit:

L'Ultime cuvée

Avec son roman "Vermeille" Florence Jou incarne un activisme jubilatoire.

Un roman qui dépote. Entre ceps, vignobles en résistance sur la Côte Vermeille, vins nature et verbe haut. Sans concession.

Paul Tian dans SUBSTACK a écrit:

Avec Vermeille, Florence Jou signe un roman incandescent : sur la Côte Vermeille, la lutte d’une vigneronne devient le cri d’un monde à bout de souffle.

Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

« ce bref roman, très incarné, est simultanément poignant et expérimental, au sens où les liens entre écriture et narration opèrent, une fois encore, des frottages…. »

dans Actualitté (Les univers du livre) 08/04/26:

Florence Jou revient sur la genèse de Vermeille, roman ancré dans un territoire frappé par la sécheresse et traversé par les bouleversements climatiques. Entre enquête de terrain, rencontres avec des vignerons et écriture, elle élabore une fiction nourrie du réel. Refusant le catastrophisme, elle explore une forme de résistance sensible et poétique. Une manière d’habiter le monde autrement, malgré l’urgence écologique

Xavier Boissel dans Note de lecture sur Instagram a écrit:

Il y a un quart de siècle, dans Dionysos crucifié, Michel Le Gris analysait comment le capitalisme tardif avait transformé le vin par le passage d'une logique artisanale à une production industrielle.
Œnologie, levures sélectionnées, marketing global et parkerisation ont modelé nos perceptions gustatives. Le vin, fruit d'un terroir, d'un climat et d'un savoir-faire humain, est devenu produit lisse, fruité, boisé, techniquement parfait... mais appauvri en singularité. Le vivant, l'imprévisible, l'aura du sensible se sont mués en marchandise optimisée pour l'accumulation du capital.
Vingt-cinq ans plus tard, "Vermeille" de Florence Jou pousse cette logique à son terme dystopique. Sur la Côte Vermeille ravagée par la sécheresse chronique et les vents brûlants, Jo, vigneronne réfractaire à l'industrie, voit ses ceps mourir sous les coups du dérèglement climatique - conséquence directe de la loi de la valeur et de l'e-agriculture. Acculée par les dettes et l'exode, elle transforme sa dernière récolte en "vin de la colère", rituel de résistance éco-féministe et païenne face à l'effondrement du vivant.
Là où Le Gris diagnostiquait la domination de la technique et de la marchandise sur le goût, Jou nous plonge dans la résistance désespérée, sensuelle et colérique d'un reste de communauté contre un capital qui dévore jusqu'à la terre elle-même.
Deux faces d'une même critique matérialiste : le capital tardif ne produit pas seulement des marchandises, il produit la destruction des conditions de toute vie non-marchande. Le vin n'est qu'un symptôme - le vivant tout entier est en jeu.
Lisez-les ensemble : du diagnostic à la fiction climatique. Dionysos n'est pas mort... mais il saigne.

Alain Nicolas dans L'Humanité.fr a écrit:

Une fiction écologique rude et combative de Florence Jou.

Eric Pessan dans Note de lecture sur Facebook a écrit:

Le petit pays dont il est question est coincé entre la Méditerranée et les Pyrénées, juste en lisière de la frontière espagnole, en pleine Occitanie. Là, Jo a voulu faire du vin, du vin nature. Jo n’est pas seule, il y a Wanda, sa chienne avec elle, et l’aide de Ferhat, et toute une bande d’utopistes concrets, comme elle, qui ont voulu opposer leur savoir-faire agricole à la marche du monde. Le vent de plus en plus chaud brûle les vignes comme toute végétation, les petites exploitations sont peu à peu absorbées par de gigantesques entreprises qui mécanisent à outrance les productions. Les drones volent au-dessus de la tête de Jo tandis qu’elle procède à sa toute dernière vinification.
"Vermeille" est un roman de science-fiction agricole, une utopie de résistance, un livre consacré à celles et ceux qui osent entreprendre une agriculture différente (Florence Jou a enquêté sur place, rencontré de nombreux viticulteurs – et viticultrices), c’est un livre de révolte contre le capitalisme prédateur, contre ce que l’humain fait au sol par cupidité. C’est un roman d’une grande densité, incarné, indocile, où le désespoir engendre à la fois la folie et l’envie d’en découdre.
Si vous enseignez en lycée agricole : voici un livre à faire absolument découvrir à vos élèves.

Marina Pirot dans sur Instagram a écrit:

Vermeille, c'est une lecture qui nous traverse comme une montée en transe, une rage crachée comme une ivresse joyeuse, une danse aux pétillements cellulaires qu'on s'autorise enfin... sur une planète un peu trop cramée... comme la nôtre ?

Maïté Torres dans Made in Perpignan a écrit:

Un premier roman à lire un verre de Banyuls à la main, fenêtres ouvertes avec la Tramontane en fond sonore.

Lectrices dans BABELIO a écrit:

Florence Jou fait don d'une écriture d'élixir.
« Vermeille » est un hymne aux transhumances intérieures.
Un outil sociologique où le lien devient la régénération des possibles.
Une litanie à flanc de vigne.

Claudine Bergeron dans LES NOTES a écrit:

Huit années de sécheresse qui « rongent nos peaux. On pue l’atroce. (…). On pue la fin du monde. ». Le pays catalan, de Cosprons à Cerbère, dominé par le Canigou, à deux pas de la mer et de la côte vermeille, en un mois de juillet post-apocalyptique, où un vent violent brûle les vignes de Jo. « Jo attend et boit. ».
Le roman d’un dernier sursaut, d’une tragédie, de la fin inéluctable d’une agriculture, pourtant respectueuse de la nature, dans son produit le plus noble, le vin, dont cette nature, malmenée par les hommes, incarnée dans le vent, sonne le glas. Ironie du sort dans une région imprégnée des mythes qui
ont accompagné le culte de la vigne. Un dernier sursaut : Jo et Ferhat, un de ses « fidèles », rendent un dernier hommage à la liturgie de toute leur vie dans le rituel de la vinification. Un adieu dans une dernière offrande qui a la beauté tragique du désespoir. Un très beau texte, d’une extraordinaire
intensité, dans une langue sensuelle qui restitue l’explosion de parfums, de couleurs, d’un territoire qui en est encore le symbole. La prose s’enrichit de séquences de pure poésie. Y a-t’il une forme poétique pour exprimer ce cri mêlé de colère, de désespoir et de fierté ? Florence Jou invente la sienne.

LECTRICE dans La viduité a écrit:

"Allez-vous sauvez le monde en buvant du vin nature ? Sans doute pas. Pas une raison, certes, pour ne pas être attentif aux moyens de mieux le produire, de réinventer son ivresse vitale et le lien ténu qu’elle peut continuer à offrir."

Sophie Babey dans Terres Catalanes a écrit:

« C'est mieux de périr pour l'idée la plus haute qu'on se fait de la beauté et de l’amour: »
Une sorte d'épitaphe signée Florence Jou, page 103, qui résume le concept. Dans un court roman paru en avril -le dernier d'une série de fictions climatiques que l'auteure catalane a entamée en 2020 -la sécheresse pousse dans leurs derniers retranchements les irréductibles de la vigne de la Côte Vermeille. Ceux qui ne conçoivent le vin qu'en version nature,« parce que le vin c'est ta première relation avec le grand tout», décrit l'auteure. C'est au contact de nos vignerons, qui lui ont ouvert leurs portes pour une immersion dans leur univers, qu'elle a pu capter l'âme de ces puristes, militants convaincus. Face au grand capital, elle pousse à l'extrême le curseur des contraintes climatiques et imagine la coloration de leur combat aux accents anarchistes. Quand la majorité commence à cultiver sous dôme des vignes gérées par drones, eux jettent leurs dernières forces dans l'ultime cuvée, de sueur et de sang mêlés à la terre. Inspirée par des figures locales comme Léah Angles ou Yoyo, Florence Jou a voulu incarner la force de ces idoles féminines transcendées par leur idéal. « On se donne entièrement quand on fait du vin», écrit-elle. Vermeille est un testament pour les générations futures. Y compris musical, bercé par les accords du duo Interzone qui accompagnera la version scénique de cette véritable pépite.


À propos de l’auteur

Photo © Ben Roscot

Le travail de Florence Jou se situe à l’intersection de la littérature, de la performance et de la recherche-action. Son champ d’investigation est depuis 2020 le dérèglement climatique qui induit de nouveaux modes narratifs et des processus reposant sur l’exploration, la documentation et l’expérimentation. De nombreux projets sont co-construits avec d’autres artistes, des amateurs et des enseignant.e.s, et génèrent des formes transdisciplinaires.

Bibliographie

• Vermeille, collection « Roman/ces », l'Attente, 2026. • Xixi, MF, coll. « Poésie commune », 2025. • Payvagues, collection « Alimage », l'Attente, 2023. • Explorizons, LansKine, octobre 2021. • Alvéoles Ouest, LansKine, février 2020 (sélection Prix des Découvreurs). • C’est à trois jours, Derrière la salle de bains, 2018. • Kalces, Publie.net, 2016.