Sélectionner une page

Payvagues

par Florence Jou

Récits magico-écologiques

Voyage en quatre récits avec pour guides les voix de femmes, sorcières ou chamanes aux pouvoirs cosmo-telluriques. Entre désolation et merveilleux, des individus traversent des expériences inédites sous l’influence de ces voix, dans des zones au climat bouleversé. Iels explorent des relations inédites avec la faune et la flore, les phénomènes géologiques et climatiques, découvrent de nouveaux états organiques et symbiotiques. Ces récits sont portés par une langue minéralisée, soutenue par un corpus de références écologiques, anthropologiques et poétiques.

Voir l'image de couverture

TEASER #1

TEASER #2

Parution :
Artistes de couverture :
Thématiques :
Extrait :

p.21
(…) le hop bang est accélération des eaux vives pour propulsion vers terres rares, pas de pause, très peu, la chute ne peut, pas facile, vous crèverez bulles, une, puis une autre, puis vous crèverez encore une bulle, hop bang, quelque fêlures, il vous faudra jouer concentriques, centres et parties déplacés, hop bang, vos bouches en haut, vos bouches en bas, vous creuserez écarts, un puis un autre, hop bang, vous sauterez les ponts qui vous relient, vous êtes bang, puis hop, hop puis bang puis hop bang.

LIRE PLUS

p.96
On descend sous la surface. Les strates s’empilent les unes sur les autres. On s’enfonce dans l’épaisseur des Payvagues, de ces zones ruinées, perturbées, espaces soi-disant fantômes qu’aucun Lidar CE370, radar HF surfaces-océans, scanner de tomodensitométrie, hydrophone ne peut repérer. Leurs situations échappent à tout instrument scientifique même les plus performants.

REGROUPER
Critiques :Eric Pessan dans Note de lecture a écrit:

Au risque de ne rien comprendre, il faut accepter de lâcher prise lorsque l’on lit l’impressionnant « Payvagues » de Florence Jou qui vient de paraître aux éditions de l'Attente. La langue, sensitive et musicale, charrie en permanence de mots issus de la botanique, de la géologie, de l’anthropologie, des mots forgés parfois de toutes pièces ou adoptés d’autres langues lorsqu’un terme manque. Il s’agit ici d’évoquer les luttes entreprises pour contrecarrer la catastrophe annoncée. Des individus entrainés se lancent dans des opérations complexes, la narration alterne les points de vue, la lutte passe par la langue, mais aussi par l’invention de nouvelles relations avec la nature (la faune, la flore, les paysages), des relations mimétiques, symbiotiques : l’humain se décentre pour s’approcher au mieux du non-humain, chacun cherche le minéral, le végétal, l’animal, le liquide, le vent, etc…, en lui, chacun éprouve le paysage dans et par son corps, sa gestuelle, sa pensée. « Payvagues » pourrait se lire comme un roman de science-fiction ou l’invention d’une nouvelle façon d’être permettrait de sauver ce qui peut l’être d’un monde en déliquescence. « Payvagues » est surtout un livre hors-genre, un de ces ouvrages qui prennent le risque de dérouter par une écriture radicale, sauvage, polyphonique, libre et terriblement mélodique.


À propos de l’auteur

Florence Jou développe des pistes de recherche et des intérêts de réflexion autour de l’espace et du paysage, la météorologie, l’écologie politique (savoir-faire et organisation collective, relations humains et non-humains), la voix et le corps. Elle est attentive aux écrits et réflexions de Rachel Carson, Philippe Descola, Elsa Dorlin, Silvia Federici, Donna Haraway, Tim Ingold, Ursula K. Le Guin, Eduardo Kohn, Carolyn Merchant, Starhawk,… qui innervent ses textes.

Bibliographie

Payvagues, collection « Alimage », l'Attente, 2023. • Explorizons, LansKine, octobre 2021. • Alvéoles Ouest, LansKine, février 2020 (sélection Prix des Découvreurs). • C’est à trois jours, Derrière la salle de bains, 2018. • Kalces, Publie.net, 2016.