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Acrobaties dessinées

par Sandra Moussempès

Couverture d’ouvrage : Acrobaties dessinées
Fiche technique :Prix (Français): 14,00 €
ISBN : 978-2-36242-023-8
Taille : 15,50 x 21,00 cm
Pages : 102

Portrait malléable d'un récit
(Livre + CD audio)

Une place singulière est faite au monde de l’imaginaire et du féérique à travers l’écran où s’entremêlent poésie, prose, fiction et enquête. Sandra Moussempès nomme ce qui échappe au genre, esquisse le portrait malléable d’un récit en mutation continue dans l’élasticité brumeuse du temps qui passe.

Avec le CD Beauty Sitcom, dans une ambiance postpunk liquide elle révèle d’une voix idyllique les abysses bleutés d’une pièce de vers performative.

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Extrait :

lorsque je me questionne je pense à penser à ma place je pense avec mes lèvres je souris mais je réfléchis sans penser en fait la pensée parle à ma place le son de mes lèvres n'existe pas si ce n'est dans la fiction sonore je voudrais vous parler je voudrais tout dire mais tout dire entraîne une réalité qui n'est plus ma façon de dire et d'être et si un film obscurcit mon champ de vision je pense alors qu'il s'agit d'un remake je pense aussi aux sous-titres aux langues lues entendues apprises je pense en pensée disent-ils pour ouvrir leurs lèvres ils clignent des yeux ma bouche est ouverte à présent je présélectionne une pensée je pense à votre place je me divise en pensée dans mes rêves la pensée s'inscrit tout au long des visages les couleurs ont une pensée propre qui remplit chaque plan en mode plein écran on voit les lèvres des acteurs on voit qu'ils ne pensent pas les acteurs ne pensent pas puisque leur vie est une contrainte momentanée une photogra

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hie de miroir sans tain les acteurs jouent à l'écran tandis qu'hors champ l'acteur pense au rôle il est donc hors du rôle et je me désigne parfois comme actrice de ma pensée pensée, pensée parlée, pensée pensée à l'instant puis décrite tant bien que mal, je me désigne alors que ceux qui pensent recevoir mes confidences n'ont rien entendu ne m'ont pas vue, ceux-là ont des idées mais pas de pensée propre, ce pourquoi la pliure des commissures entraîne une réponse affirmative

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Critiques :Richard Blin dans Le Matricule des Anges a écrit:

“Entre séquences mémorielles et séquences défilantes s'enchaînent scènes fixes, tableaux, plans arrêtés sur une image ou vues sur l'oasis de l'intimité. Audacieux, symptomatique, donc, le dernier livre de Sandra Moussempès, quelque chose comme le fruit d'une ciné-écriture doublée d'une bande son, d'un espace sonore où migrent les sensations d'un plan de réalité à l'autre (…).”
"(…) Une poésie qui tend à conjurer le conditionnement de notre imaginaire, montre l'envers des codes et n'ignore rien du principe d'avidité qui est à l'oeuvre sous les simulacres. Un livre ou cohabitent lucidité et ironie, mais où se réinventent aussi de subtiles raisons de vivre qui sont comme autant d'îles ou de jardins apparaissant comme en "arrière-plan d'une phrase lumineuse".

François Crosnier dans libr-critique a écrit:

“Ce qui fonde, me semble-t-il, le projet de Sandra Moussempès dans ce nouveau livre succédant à Photogénie des ombres peintes (Flammarion, 2010), c’est en premier lieu le désir et la crainte d’affronter la prose, dont il est dit ironiquement qu’elle « demande du repos et peu d’invention » et qui, en un certain sens, est associée au déplaisir. Certes, dans le dispositif du texte, son usage est restreint à une douzaine de pages, mais celles-ci constituent véritablement la matrice du projet dont l’autre versant relève du genre ancien des Vies parallèles. Annoncé dès le prologue, il s’énonce ainsi : « 2 vies d’un coup, celle du mort et de la fille vivante » (...)”

Philippe Rhamy Wolf dans remue.net a écrit:

(Extrait) "Le charme qui a captivé mon année opère à nouveau. Un instant, avec une netteté inégalée, il unifie l’espace. Les choses s’éclairent en présence des livres, et les livres, comme un feu de forêt se propageant d’un arbre à l’autre, s’accordent enfin aux « Acrobaties dessinées » de Sandra Moussempès (...). Tout dire. Briser la coque durcie des individus. Accéder à la transparence qui relègue celle qui écrit, elle et son opacité, dans la coulisse, ou dans la salle, ou derrière l’écran d’une salle de projection, voire d’un film, ou d’un clip, cet enchaînement d’images brillantes et saccadées, d’images sonores, de visions textuelles, étant donné comme dispositif de la littérature..."

Anne Malaprade dans Sitaudis a écrit:

“L’acrobate est celui qui danse dans et sur les cordes. Cordes extérieures, cordes objectivées, visibles ou invisibles, plus ou moins tordues, plus ou moins tendues. Cordes intérieures, surtout : ce lieu et ce lien intime par lesquels la voix poétique fait entendre sa matière-émotion (...)”

Claude Chambard dans Cahier Critique de Poésie a écrit:

"Sandra Moussempès qui jamais ne s'installe dans le confort s'échappe de livre en livre dans son univers de plus en plus creusé, de plus en plus fascinant et dans ce nouvel opus on lit dès l'entrée ce vers tout sauf sibyllin : "2 vies d'un coup celle du mort et de la fille vivante" (...) et à l'aune des histoires de famille, princesse -Little princess diary-, starlette-"actrice de ma pensée pensée", "Cendrillon bionique", pin-up vintage : "ne prenez pas le passé pour argent comptant", de poésie tendue en prose acérée "[ceci est un poème]", S.M nous donne à lire et à entendre "une réalité plus envoûtante qu'un film de David Lynch.”

Emmanuèle Jawad dans Libr-Critique a écrit:

"Dans la performance, la voix live de Sandra Moussempès s'inscrit dans le tissu des voix enregistrées et de l'électro-acoustique. Le traitement des sons, dans leur agencement et montage, combine voix récitantes (parlées), voix chantées (mélodies) et sons électro-acoustiques, provoquant des images mentales qui pourraient être cinématographiques. (...) les voix de Sandra Moussempès se mêlent le plus souvent (chants empreints de sensualité, récits, bruitages vocaux, sons) formant agencement et montage, combine voix récitantes (parlées), formant les différentes couches sonores d'une bande-son dans laquelle l'écho et la répétition participent à l'étrangeté concourant à l'envoûtement progressif de l'auditeur."


À propos de l’auteur

Poète, née en 1965 à Paris où elle a vécu la plupart du temps, a également résidé à Londres, Rome, dans le sud de la France, elle vit à présent en Normandie. Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, elle a publié dix livres, principalement dans la collection Poésie/Flammarion et aux éditions de l'Attente, et collaboré ces vingt-cinq dernières années à diverses revues et anthologies, en France comme à l'étranger. Son livre "Sunny girls" a fait aussi l'objet d'un Chapbook bilingue au Canada.
Son travail s'attache à déchiffrer les codes mentaux qui nous entourent, en détournant les stéréotypes autour du féminin, par le biais d'un environnement inquiétant, souvent cinématographique ou émanant de sensations de déjà-vu.
Également chanteuse, elle a collaboré notamment au dernier album de The Wolfgang Press (label 4AD, 1995) et sur diverses productions electro à Londres.
Elle fait des lectures performées (intégrant différentes textures de sa voix chantée à l'énonciation du poème) dans des lieux dédiés à l'art contemporain et à la poésie (Fondation Louis Vuitton, MAMCO de Genève, ENSBA de Lyon, festival Actoral, Centre Pompidou..), audio-poèmes que l'on peut retrouver sur trois CD : Beauty Sitcom (inclus dans le livre Acrobaties dessinées), Vidéographia et Post-Gradiva (album inclus dans Colloque des télépathes).

Bibliographie

Principaux livres :Colloque des télépathes (& album CD Post-Gradiva), L'Attente, 2017 • Sunny girls, coll. "Poésie", Flammarion, 2015 • Acrobaties dessinées (& CD Beauty sitcom), L'Attente, 2012 • Photogénie des ombres peintes, coll. "Poésie", Flammarion, 2009 (prix Hercule de Paris 2010) • Biographie des idylles, L'Attente, 2008 • Le seul jardin japonais à portée de vue, L'Attente, 2005 • Captures, coll. "Poésie", Flammarion, 2004 • Hors Champs, C.R.L Franche-comté, 2001 • Vestiges de fillette, coll. "Poésie", Flammarion, 1997 • Exercices d’incendie, coll. "Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne", Fourbis, 1994 Anthologies : • Un nouveau monde, Poésies en France 1960-2010, Yves di Manno & Isabelle Garron, coll. Mille&unePages, éditions Flammarion, 2017 • Writing the real, a bilingual anthology of Contemporary french poetry by Nina Parish and Emma Warfstaff, Enitharmon Press, 2017 • Voix vives, Sète, éditions Bruno Doucey, 2011 • L’Énigme-poésie : entretiens avec 21 poètes françaises, John Stout, Rodopi, 2010 • Couleurs Femmes, éditions Castor Astral / Nouvel Athanor, 2010 • "Captures", 14 poètes, anthologie critique et poétique, Prétexte, 2005 • "Spiritus temporellement décalé" in 49 poètes, un collectif, Flammarion, 2005 • 49 poètes, un collectif, Flammarion 2004 • 14 poètes, anthologie critique et poétique, Prétexte 2004 • "Poèmes inédits", Une “action poétique” de 1950 à nos jours, Flammarion, 1998 • Poèmes extraits d’Exercices d’incendie traduits en espagnol in Poesia Francesa Contemporana 1940-1995, éditions Libros di Tierra Ferme (Argentine), 1998 • "Poèmes sélectionnés" in Une Anthologie Immédiate, Fourbis, 1996 • "Corsetées" in 29 Femmes, une Anthologie, Stock, 1995 • Une anthologie immédiate, Fourbis, 1995 Chapbook bilingue traduit en américain : • From : Sunny girls, Chapbook traduit par Elena Rivera at Above Ground Press, Canada, 2017 Traductions (de l'anglais) :Je, au delà, un essai en temps de deuil, Kristin Prevallet, (avec Françoise Valéry), L'Attente, collection W, 2008 • Red, de Kristin Prevallet, Action Poétique, 2003 • Selected poems, d'Oscar Wilde, Action Poétique, 1995