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Des espèces de dissolution

suivi du Monologue de Bassoléa

par Juliette Mézenc

Couverture d’ouvrage : Des espèces de dissolution
Fiche technique :Prix: 16,00 €
ISBN : 978-2-36242-080-1
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 168

Conte sorcier

Ce texte en sept mouvements suit le périple d’un homme à travers des strates de réalités physiques et numériques. Le récit explore comment la rencontre d’un être et d’un territoire les métamorphose l’un comme l’autre, re-suscite des personnes disparues et des temps vécus, défait l’identité du lieu comme du personnage avant de la refaire pour la porter à une puissance nouvelle. S’ensuit le frénétique Monologue de Bassoléa, qui creuse la question de l’existence humaine dans le flux de la vie et de la mort sur terre.

Extrait :

Premier mouvement
Pas de vaches, pré détrempé, vent frais, il se dit que c’était mal parti.
Il se trompait.
Ce fut d’abord les contours de son corps, ils se firent flous jusqu’à ne plus avoir de sens. Les lignes assez vite se brouillèrent et ce fut bientôt un mélange entre lui et le champ sous lui, températures et matières accordées, à merveille, au point qu’il aurait été impossible de savoir où finissait son corps où commençait le champ qui n’était plus sous lui mais quelque part au-dedans de lui.
Il respire maintenant dans un corps plus grand que son corps. Il respire dans les mottes de terre, dans les herbes, il respire dans le vent, dans le ventre de l’oiseau de proie qui stabilise son vol, il respire dans les vaches où qu’elles soient, dans l’odeur de la pluie et dans la rivière de pierres un peu plus haut.
Son corps s'estompa doucement dans le printemps

&

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je ne vois que mon bras. Mon bras est armé. L’arme est noire. L’arme est lourde. L’arme est trapue et elle pèse à mon bras.

J’essaie de lâcher l’arme et je découvre que je ne peux pas ouvrir la main. Je secoue le bras, qu’elle me lâche, rien n’y fait. Je recommence, plus fort. Mon bras alors s’étire, s’amollit, se tord en chewing-gum avec toujours l’arme au bout, la main serrée autour. Plus je secoue plus le bras s’étire, s’amollit et se tord. J’arrête. Mon bras se raffermit et retrouve sa forme initiale. L’arme au bout.

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À propos de l’auteur

Juliette Mézenc vit et écrit à Sète, entre la mer et l’étang de Thau. Elle travaille régulièrement avec des artistes, en particulier Stéphane Gantelet et Cécile Portier, pour créer et présenter des poèmes multimédia, des performances, des installations ou des livres d’artistes numériques. Elle mène également de nombreux ateliers d’écriture auprès de publics très variés.
Elle prépare actuellement, avec Stéphane Gantelet, un jeu vidéo littéraire (FPS littéraire), à partir de son texte Le Journal du brise-lames, une fiction trans-media qui permettra au lecteur de circuler librement dans l’œuvre, avec la possibilité de faire apparaître images, sons et / ou textes, au fil de l’exploration.

Bibliographie

Des espèces de dissolution, L'Attente, 2019 Laissez-passer, L’Attente, 2016 • Tu écris dans ta tête, in Une chambre à écrire, livre collectif, L’Ire des Marges, 2016Elles en chambre, L’Attente, 2014 • Poreuse, roman, Publie.net, 2012, 2018 • Sujets Sensibles, Publie.net, 2009