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Vermeille

par Florence Jou

Couverture d’ouvrage : Vermeille
Fiche technique :Prix: 14,50 €
ISBN : 978-2-493426-18-5
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 144

Fiction climatique éco-féministe

Dans un futur proche, une sécheresse chronique ravage les terres du sud de la France. Une nuit de juillet, un vent brûlant anéantit la plupart des vignes de Jo. Ultime représentante d’une communauté de vignerons engagés, elle tient tête au monde qui se détraque, aux avidités de l’e-agriculture, et tente de survivre à l’exode de son entourage. Avec panache dans le désespoir. Accompagnée de Wanda et Ferhat, ses derniers complices, jusqu’où Jo pourra-t-elle résister ?

Une fiction climatique, innervée par une énergie éco-féministe, où faire du vin est une survivance rituelle, comme une danse au-dessus du brasier.

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Extrait :

Les cris éraillés s’échappent du Silo, mas aux volets verts et aux murs blancs à flanc de colline au-dessus de Cosprons. Une voix de fumeuse endurcie, un mélange de colère et détresse. Sur la terrasse en tomettes rouge vieilli, Jo brandit une bouteille de vin, vide, pour signifier qu’elle est encore vivante, a survécu aux rafales avec une unique compagne, son ivresse. Puta de viento ! Serre la bouteille contre sa poitrine, la caresse lentement, enlace à travers le verre ses grenaches centenaires. Ceux qui composent son Solar Red Punk et ont dû être fumés, battus ou éventrés par El Diable. Elle ramasse des papiers dégueulés des poubelles qui jonchent la terrasse, les balance dans le brasero. Quatre heures du matin, le vent est tombé, c’est l’heure du feu, de faire exploser la température et de se comporter en bonne bruxe. Surtout l

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heure de rendre hommage à ses derniers vrais punks, plantés sur des territoires marginaux, deux parcelles de marnes schisteuses sur les hauteurs du hameau et une parcelle de sable à vingt mètres de la Méditerranée près de l’ancienne dynamiterie. (…)

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Critiques :Thierry Grillet dans L'indépendant 29/03/26 a écrit:

L'Ultime cuvée

Avec son roman "Vermeille" Florence Jou incarne un activisme jubilatoire.

Un roman qui dépote. Entre ceps, vignobles en résistance sur la Côte Vermeille, vins nature et verbe haut. Sans concession.

Paul Tian dans SUBSTACK a écrit:

Avec Vermeille, Florence Jou signe un roman incandescent : sur la Côte Vermeille, la lutte d’une vigneronne devient le cri d’un monde à bout de souffle.

Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

« ce bref roman, très incarné, est simultanément poignant et expérimental, au sens où les liens entre écriture et narration opèrent, une fois encore, des frottages…. »

dans Actualitté (Les univers du livre) 08/04/26:

Florence Jou revient sur la genèse de Vermeille, roman ancré dans un territoire frappé par la sécheresse et traversé par les bouleversements climatiques. Entre enquête de terrain, rencontres avec des vignerons et écriture, elle élabore une fiction nourrie du réel. Refusant le catastrophisme, elle explore une forme de résistance sensible et poétique. Une manière d’habiter le monde autrement, malgré l’urgence écologique

Xavier Boissel dans Note de lecture sur Instagram a écrit:

Il y a un quart de siècle, dans Dionysos crucifié, Michel Le Gris analysait comment le capitalisme tardif avait transformé le vin par le passage d'une logique artisanale à une production industrielle.
Œnologie, levures sélectionnées, marketing global et parkerisation ont modelé nos perceptions gustatives. Le vin, fruit d'un terroir, d'un climat et d'un savoir-faire humain, est devenu produit lisse, fruité, boisé, techniquement parfait... mais appauvri en singularité. Le vivant, l'imprévisible, l'aura du sensible se sont mués en marchandise optimisée pour l'accumulation du capital.
Vingt-cinq ans plus tard, "Vermeille" de Florence Jou pousse cette logique à son terme dystopique. Sur la Côte Vermeille ravagée par la sécheresse chronique et les vents brûlants, Jo, vigneronne réfractaire à l'industrie, voit ses ceps mourir sous les coups du dérèglement climatique - conséquence directe de la loi de la valeur et de l'e-agriculture. Acculée par les dettes et l'exode, elle transforme sa dernière récolte en "vin de la colère", rituel de résistance éco-féministe et païenne face à l'effondrement du vivant.
Là où Le Gris diagnostiquait la domination de la technique et de la marchandise sur le goût, Jou nous plonge dans la résistance désespérée, sensuelle et colérique d'un reste de communauté contre un capital qui dévore jusqu'à la terre elle-même.
Deux faces d'une même critique matérialiste : le capital tardif ne produit pas seulement des marchandises, il produit la destruction des conditions de toute vie non-marchande. Le vin n'est qu'un symptôme - le vivant tout entier est en jeu.
Lisez-les ensemble : du diagnostic à la fiction climatique. Dionysos n'est pas mort... mais il saigne.

Eric Pessan dans Note de lecture sur Facebook a écrit:

Le petit pays dont il est question est coincé entre la Méditerranée et les Pyrénées, juste en lisière de la frontière espagnole, en pleine Occitanie. Là, Jo a voulu faire du vin, du vin nature. Jo n’est pas seule, il y a Wanda, sa chienne avec elle, et l’aide de Ferhat, et toute une bande d’utopistes concrets, comme elle, qui ont voulu opposer leur savoir-faire agricole à la marche du monde. Le vent de plus en plus chaud brûle les vignes comme toute végétation, les petites exploitations sont peu à peu absorbées par de gigantesques entreprises qui mécanisent à outrance les productions. Les drones volent au-dessus de la tête de Jo tandis qu’elle procède à sa toute dernière vinification.
"Vermeille" est un roman de science-fiction agricole, une utopie de résistance, un livre consacré à celles et ceux qui osent entreprendre une agriculture différente (Florence Jou a enquêté sur place, rencontré de nombreux viticulteurs – et viticultrices), c’est un livre de révolte contre le capitalisme prédateur, contre ce que l’humain fait au sol par cupidité. C’est un roman d’une grande densité, incarné, indocile, où le désespoir engendre à la fois la folie et l’envie d’en découdre.
Si vous enseignez en lycée agricole : voici un livre à faire absolument découvrir à vos élèves.

Marina Pirot dans sur Instagram a écrit:

Vermeille, c'est une lecture qui nous traverse comme une montée en transe, une rage crachée comme une ivresse joyeuse, une danse aux pétillements cellulaires qu'on s'autorise enfin... sur une planète un peu trop cramée... comme la nôtre ?

Maïté Torres dans Made in Perpignan a écrit:

Un premier roman à lire un verre de Banyuls à la main, fenêtres ouvertes avec la Tramontane en fond sonore.

Claudine Bergeron dans LES NOTES a écrit:

Huit années de sécheresse qui « rongent nos peaux. On pue l’atroce. (…). On pue la fin du monde. ». Le pays catalan, de Cosprons à Cerbère, dominé par le Canigou, à deux pas de la mer et de la côte vermeille, en un mois de juillet post-apocalyptique, où un vent violent brûle les vignes de Jo. « Jo attend et boit. ».
Le roman d’un dernier sursaut, d’une tragédie, de la fin inéluctable d’une agriculture, pourtant respectueuse de la nature, dans son produit le plus noble, le vin, dont cette nature, malmenée par les hommes, incarnée dans le vent, sonne le glas. Ironie du sort dans une région imprégnée des mythes qui
ont accompagné le culte de la vigne. Un dernier sursaut : Jo et Ferhat, un de ses « fidèles », rendent un dernier hommage à la liturgie de toute leur vie dans le rituel de la vinification. Un adieu dans une dernière offrande qui a la beauté tragique du désespoir. Un très beau texte, d’une extraordinaire
intensité, dans une langue sensuelle qui restitue l’explosion de parfums, de couleurs, d’un territoire qui en est encore le symbole. La prose s’enrichit de séquences de pure poésie. Y a-t’il une forme poétique pour exprimer ce cri mêlé de colère, de désespoir et de fierté ? Florence Jou invente la sienne.


À propos de l’auteur

Photo © Ben Roscot

Le travail de Florence Jou se situe à l’intersection de la littérature, de la performance et de la recherche-action. Son champ d’investigation est depuis 2020 le dérèglement climatique qui induit de nouveaux modes narratifs et des processus reposant sur l’exploration, la documentation et l’expérimentation. De nombreux projets sont co-construits avec d’autres artistes, des amateurs et des enseignant.e.s, et génèrent des formes transdisciplinaires.

Bibliographie

Vermeille, collection « Roman/ces », l'Attente, 2026. • Xixi, MF, coll. « Poésie commune », 2025. • Payvagues, collection « Alimage », l'Attente, 2023. • Explorizons, LansKine, octobre 2021. • Alvéoles Ouest, LansKine, février 2020 (sélection Prix des Découvreurs). • C’est à trois jours, Derrière la salle de bains, 2018. • Kalces, Publie.net, 2016.


Depuis la nuit des temps

par Emmanuelle Heidsieck

Couverture d’ouvrage : Depuis la nuit des temps
Fiche technique :Prix: 14,50 €
ISBN : 978-2-493426-17-8
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 144

Comédie post-Effondrement 

En 2078, après l’Effondrement, une petite société basée sur l’entraide et la débrouille tente de se mettre en place dans les ruines d’un bourg du sud de la France. L’abondance d’acronymes et d’expressions trompeuses de la folie néolibéraliste du monde d’avant est jugée responsable du désastre. Pour ne pas reproduire les erreurs du passé, la communauté tente d’instaurer une langue de la simplicité qui bannit les sigles et remet en question les expressions imagées. Jusqu’au choix des prénoms, dorénavant piochés dans le registre de l'âge d'or hollywoodien.
Antoine Rougemont, fringant survivant âgé de 125 ans, est interrogé pour une étude sur les dérives de l’ancien temps par Tracy, 27 ans, lors d’entretiens dont les résumés ponctuent la narration.
Non dénuée de drôlerie, cette fiction d’anticipation constitue un plaidoyer pour les droits sociaux, et dépeint un futur possible tout en explorant les thèmes éternels du vieillissement, de l’amour et de la trahison.

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Parution :
Thématiques :
Extrait :

Cary s’était à son tour enrôlée dans le Projet de recherche. Elle venait de commencer des entretiens avec une femme de cent-trente-deux ans qui avait été directrice des ressources humaines de grandes entreprises au tournant du XXIe siècle. Cary avait noté que cette dame parlait essentiellement de licenciements. Elle n’arrêtait pas de répéter "PSE", "PSE", "PSE". Dès lors, Cary essayait de comprendre pourquoi un intitulé comme "PSE", soit "Plan de sauvegarde de l’emploi", indiquait des suppressions d’emplois. Elle en était au tout début, était assez perdue, et se permit de noter en Remarques de méthode de son deuxième entretien : "Ces énergumènes semblaient faire le contraire de leurs préceptes ou avoir des formules à l’exact opposé de leurs procédures ; on peut émettre l’hypothèse qu’il s’agissait d’une peuplade assez sournoise."

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En outre, Cary trouvait que la chevelure de cette ancienne cadre, teinte en vert gazon de golf, ne lui allait pas du tout.

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Critiques :Lauriane Gaud dans Le Canard Enchaîné du 25/03/26 a écrit:

AU BORD d'un lac provençal, en l'année 2078, dix ans après "l'Effondrement", une communauté tente de rebâtir une société sur les cendres d'une dictature d'extrême droite. Chacun tire au sort un nouveau prénom dans une liste issue du cinéma américain du XXe siècle. Deux jeunes adultes, Cary et Tracy, s'entretiennent avec des cent-vingtenaires et des cent-trentenaires. Tout ayant été numérisé, plus aucun réseau n'existant, il faut s'en remettre à la mémoire des anciens. Lesquels usent d'incompréhensibles expressions comme "tourner autour du pot" ou "la tête sur le billot". Ex-DRH, une certaine Christine n'emploie que des formules signifiant leur contraire: des "contrats de sécurisation professionnelle" qui ne durent que douze mois ou des "plans de départs volontaires" désirés par personne. Un autre, ex-Antoine n'est "pas fier d'avoir vendu de l'épargne retraite", mot magique pour ne pas dire "fonds de pension", et encore moins "capitalisation".
Dans ce roman déjanté, l'auteure, avec humour et cynisme, ne dénonce rien. A l'avenir elle adresse un délicieux pied de nez. Encore une drôle d'expression...

Pierre de Gasquet dans Les échos du 09/03/26 a écrit:

Le pamphlet dystopique doux-amer d'Emmanuelle Heidsieck.
A rebours de la tendance aux récits familiaux teintés d'autofiction, l'écrivaine brosse le panorama décapant d'une tentative de renaissance à force d'entraide et de débrouille, dans une France post-effondrement. Troublant et drolatique à la fois.

Henri-Charles Dalhem dans Ma collection de livres a écrit:

Le procédé est brillant. En situant son récit en 2078, Emmanuelle Heidsieck peut porter sur notre époque le regard d’une historienne du futur.

Pierre Assante dans Blog a écrit:

Non dénuée de drôlerie, cette fiction d’anticipation constitue un plaidoyer pour les droits sociaux, et dépeint un futur possible tout en explorant les thèmes éternels du vieillissement, de l’amour et de la trahison.

Anne-Marie Thomazeau dans La Marseillaise-Zébuline mag a écrit:

"Plus qu’une succession de romans, Heidsieck bâtit une œuvre dans laquelle ses personnages circulent de livre en livre, dans une fresque éclairant un aspect différent d’une même décomposition. La progression est significative : partant de situations réalistes ancrées dans le présent (souffrance au travail, conflits de classe, privatisation) Heidsieck glisse progressivement vers la dystopie pure. Comme si le présent contenait déjà, en germe, le futur autoritaire."

Eric Faye dans Bastille magazine a écrit:

"Il est rare que les thèmes sociaux soient autant au cœur d'une œuvre."

Lisa Dossou et Charlotte Martin dans Émile (Le magazine des anciens de Sciences Po Paris) a écrit:

Ce roman post-apocalyptique plonge le lecteur au cœur d’une France méridionale de 2078 assez méconnaissable. Une petite communauté cherche à s’y reconstruire sur les ruines de notre monde néolibéral qu’un tournant radical a conduit à l’Effondrement. Empreinte d’un humour caustique, cette fiction d’anticipation invite à questionner, avec une distance bienvenue et au travers notamment du témoignage d’un survivant de 125 ans auquel tout lecteur du XXIe siècle peut aisément s’identifier, les aberrations de notre temps. Et si un autre futur, moins catastrophiste et plus social, était possible ?

Brigitte Bègue dans Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH) avril 2026 a écrit:

L’ancien monde et le nouveau
En 2078, dans le sud de la France, des super centenaires aux cheveux colorés en bleu, rose ou vert vivent en habitat participatif, fument du cannabis récréatif et s’éclatent en boîte. Comme Antoine, ancien directeur de 125 ans d’un important groupe d’assurance santé, qui, dans le cadre d’un projet de recherche, raconte sa vie d’avant à une jeune enquêtrice. L’argent, la course aux bénéfices, les licenciements, le cynisme… régissaient alors la société. Jusqu’au jour où l’extrême droite a pris le pouvoir, puis où des révoltes ont éclaté et, mêlées au réchauffement climatique, ont ravagé l’Europe. Une quarantaine d’années après, un nouveau monde se reconstruit à partir de petites bourgades et d’entraide. Fini la novlangue : les sigles et les mots Ehpad, intergénérationnel, durable, espaces verts, territoires n’existent plus. On parle de jardins, de régions, de solidarité... Dans ce roman d’anticipation incisif et drôle, Emmanuelle Heidsieck dépeint un système qui, à force de néolibéralisme et de dérives sociales, a foncé droit dans le mur.


À propos de l’auteur

Photo © Claire Moliterni.

Romancière, Emmanuelle Heidsieck écrit des fictions où se mêlent recherche littéraire et questions socio-politiques. Ses romans s’intéressent au modèle social et à son démantèlement sous divers angles, dessinant en filigrane les trajectoires de personnages récurrents. Elle a été membre du conseil d’administration de la Société des gens de lettres (SGDL) de 2015 à 2019, où elle fut responsable de la commission des affaires sociales.

Bibliographie

/// Romans et nouvelles ///Il faut y aller, maintenant, roman, éditions du Faubourg, 2023 • Trop beau, roman, éditions du Faubourg, 2020 • À l’aide ou le rapport W, roman, éditions du Faubourg, 2020 (réédition). Première édition : Inculte-Laureli, 2013 • Quoi de neuf, Robert ?, nouvelle, L’Humanité, 2015 • Vacances d’été, roman, Léo Scheer-Laureli, 2011 • Cela se termine comment ?, nouvelle, Écrivains en séries, saison 2, Léo Scheer-Laureli, 2010 • Il risque de pleuvoir, roman, Seuil, Fiction & Cie, 2008 • Notre aimable Clientèle, roman, Denoël, 2005 • Bonne année, nouvelles, éditions du Toit, 1999 • Territoire interdit, nouvelles, Syros, 1998 (réédition). Première édition : sous le titre Boucs émissaires : les sans-papiers, Syros, 1995 /// Documents ///Et nous vivrons des jours heureux, ouvrage collectif, Actes Sud, 2016 • Les jours heureux – Le programme du Conseil national de la Résistance de mars 1944 : comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition, ouvrage collectif promu par l’association Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, La Découverte, 2010 (rééditions actualisées en poche : La Découverte, 2011 et 2022)


Miskine la prof

par Sandrine Elichalt

Couverture d’ouvrage : Miskine la prof
Fiche technique :Prix: 16,00 €
ISBN : 978-2-493426-16-1
Taille : 15,00 x 21,00 cm
Pages : 152

Récit "poélitique" et intime sur le métier de prof

Dans ce récit en vers libres sur l’école, l’autrice s’implique comme professeure, fonctionnaire de l’État et femme de cinquante-quatre ans. Elle mêle sa voix à celles d’élèves, de collègues et de parents, cherchant à faire advenir une parole juste et collective dans des scènes-clés, parfois drôles, parfois dramatiques, qui rendent compte de leur quotidien au fil d’une année scolaire. Les métamorphoses à l’oeuvre dans les corps – corps enseignant, corps de l’enseignante, corps des élèves – constituent l’axe central de ce texte qui met aussi en lumière les failles du système : surcharge de travail, manque de soutien, et des conditions qui ne cessent de se dégrader. Transparaît pourtant l’engagement qui demeure au coeur du métier de professeur et l’extraordinaire pulsion de vie de la jeunesse, celle des élèves qui continuent malgré tout d’apprendre, de grandir et de rêver.

Parution :
Artistes de couverture :
Thématiques :
Critiques :Juliette Keating dans Blog Le Club Médiapart a écrit:

C’est que le sujet scolaire est casse-gueule tant il brasse d’affects contradictoires, tant il est technique aussi bien qu’humain, tant il prête aux malentendus. Sandrine Elichalt se joue de ces écueils, usant d’une langue frappante de précision, insufflant à ce long poème un rythme qui sait dire les difficultés du métier mais aussi la beauté tourmentée de l’adolescence.

Eric Pessan dans Blog a écrit:

Ecrit en vers libres, « Miskine la prof » est un récit, celui de la vie quotidienne d’une professeure (Sandrine Elichalt enseigne les lettres et le cinéma, à Paris) : les joies (il y en a), les souffrances (il y en a beaucoup), la lutte des classes (surtout si l’on vient soi-même d’un milieu social défavorisé), l’absurdité de l’administration, la surdité hiérarchique, la difficulté grandissante à communiquer avec certains élèves… Pour passer une partie de mon temps dans des établissements scolaires et avoir de nombreux amis profs, tout ce que je lis ici me semble d’une terrible justesse (et j’ajoute tout de suite que ce n’est pas parce que l’on sait certaines choses qu’il ne faut pas pour autant les écrire). « Miskine la prof » est un récit sur ce que l’enseignement devrait être et sur ce que l’enseignement n’est pas vraiment (faute de moyens, de concertation, d’intelligence, d’empathie, de vision, d’anticipation et de volonté politique). Mais – et c’est là ce qui m’a le plus touché dans ce récit – c’est aussi le récit d’une femme de 54 ans confronté à la jeunesse des corps, d’une fatigue confronté à l’énergie brouillonne mais sans limite d’adolescents. Les réflexions sur la possibilité de faire du lien et sur le vieillissement qui parsèment ce témoignage lui confèrent une profondeur et une change personnelle qui l’ouvre et font de ce « Miskine la prof » bien plus qu’un énième témoignage sur la difficulté d’enseigner.

Anonyme dans Journal InfosLilas a écrit:

Dans Miskine la prof, Sandrine Elichalt prête sa voix à toute une communauté éducative composée d'élèves, de professeurs et de parents pour raconter une année d'école en vers libres. Elle y évoque la fatigue, les doutes, mais aussi la vitalité et l'attachement qui font la force du métier. Un texte vibrant d'humanité, à la fois lucide et profondément sensible.


À propos de l’auteur

Photo © Loïc Vincent.

Professeure certifiée en lettres et en cinéma, Sandrine Elichalt enseigne à Paris. Co-fondatrice des Ateliers de Traverse qui proposent depuis vingt ans des stages et résidences d’écriture ainsi que des événements culturels, elle met l’émulation collective au coeur de ses pratiques. Elle a conçu des profils littéraires, écrit des fragments poétiques, un récit de deuil, des nouvelles parues dans des recueils collectifs.

Bibliographie

Miskine la prof, L'Attente, 2025 • La Battue, Les Ateliers de Traverse, 2015


Emmanuel Hocquard. Une enquête en poésie

par Gilles A. Tiberghien

Couverture d’ouvrage : Emmanuel Hocquard. Une enquête en poésie
Fiche technique :Prix: 22,00 €
ISBN : 978-2-493426-14-7
Taille : 15,00 x 21,00 cm
Pages : 280

Fabrique du poème

L’auteur suit la trace d’un écrivain qui fonda les éditions Orange Export Ltd., passait aisément les frontières et aimait à la fois la poésie américaine, le polar, les “Remarques” du philosophe Wittgenstein et la ville de Tanger où il avait passé son enfance. Son dessein est de prouver que l’écrivain dérobait des formes littéraires pour les transformer, tendait à l’hybridation des genres et s’intéressait aux processus par lesquels l’écriture poétique consigne notre rapport au monde.
Tiberghien chemine comme un enquêteur à travers une œuvre littéraire poétique incontournable, révélant le réseau de liens qui la connectent à des dizaines d’autres auteurs, des contemporains aux classiques, poètes, philosophes ou auteurs de polars.
La seconde partie fournit des pièces à conviction en offrant un large choix d’extraits de livres d’Emmanuel Hocquard et d’entretiens. Elle donne à lire entre autres les élégies, forme poétique traditionnelle dont l’écrivain renouvela le rythme et la signification.

Parution :
Thématiques :
Extrait :

Souvent les poètes eux-mêmes, usant du langage dans le registre du critique et sans prétendre traduire leur poésie en prose, nous ont livré leur « art poétique » sous une forme ou sous une autre à un moment où ils éprouvaient le besoin de le formuler pour eux-mêmes d’une façon explicite. Ces textes, qui peuvent avoir des allures de préceptes, nous fournissent en fait les règles a posteriori que les poètes tirent de leur propre pratique. Certains, pour ce faire, se livrent à une analyse critique d’autres poètes, essayant d’élucider en même temps ce qui anime fondamentalement leur rapport à la poésie : T. S. Eliot, Wallace Stevens, Octavio Paz et Yves Bonnefoy ne font pas autrement, en un sens, même si chacun le fait à sa manière. Emmanuel Hocquard s’inscrit dans cette lignée mais, à la différence de ceux que je viens de citer, son travail réflexif est immédiatement en prise sur son écriture et s

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apparente davantage à une poïétique au sens où l’entendait Paul Valéry, un travail qui résulte directement de son activité d’écriture et n’a d’autre objet que son élaboration même.
Comme Paul Valéry, Emmanuel Hocquard s’intéresse au processus de production de la poésie et à la fabrique du poème dont Edgar Poe nous a livré une analyse qui rompt définitivement avec le motif de l’inspiration et avec l’aura sacrée dont la poésie romantique s’était entourée. Cette interrogation constante sur le langage et sur les règles de son organisation devait, semble-t-il, le conduire à regarder du côté de la philosophie.

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Critiques :Jean-Philippe Cazier dans Diacritik a écrit:

L’œuvre d’Emmanuel Hocquard peut être placée sous le signe de l’enquête. C’est le parti-pris de Gilles A. Tiberghien dans Emmanuel Hocquard – Une enquête en poésie.

Associer Hocquard et l’enquête n’est pas simplement dû au fait que celui-ci est l’auteur d’Un privé à Tanger, ou de son goût pour les polars. Lire son œuvre à partir de la figure de l’enquêteur permet d’installer un point de vue qui implique que la poésie, l’écriture, le rapport au monde sont d’abord des énigmes, des réalités étranges, dont le sens, les contours, les finalités ne sont pas immédiatement saisissables, qui demandent au contraire une interrogation, une problématisation, une recherche.

La poésie, l’écriture, le monde ne sont pas des objets évidents, immédiatement disponibles, ils sont dans une distance, … (clic sur le lien pour lire la suite)


À propos de l’auteur

Photo © Gilles A.Tiberghien 2023

Gilles A. Tiberghien est philosophe et écrivain, maître de conférence honoraire à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il enseigne l’esthétique. Il est membre du comité de rédaction des Cahiers du Musée d’Art Moderne et co-rédacteur en chef avec Jean-Marc Besse des Carnets du Paysage, revue publiée par l’École nationale supérieure du paysage de Versailles.

Bibliographie

Emmanuel Hocquard. Une enquête en poésie, L'Attente, 2025 • Paysmages. Exercice de déchiffrement, éditions Loco, 2025 • Aux frontières du rêve. Un voyage en Asie, Arléa, 2023 • Restaurer les œuvres dans la nature, INHA, 2021 • Le paysage est une traversée, Parenthèses, 2020 • De la nécessité des cabanes : petite conférence, Bayard, 2019 • Récits du monde, IMEC, 2018 • Land Art Travelling, Fage, 2018 • Peter Hutchinson, Fage, 2016 • Des apparences bien suivies [avec Stéphane Crémer], Art-3, 2014 • Petite bibliothèque de l’amoureux, Flammarion, « Champs », 2013 • Aimer. Une histoire sans fin, Flammarion, 2013 • Pour une république des rêves, Les presses du réel, 2011 • Patrick Tosani. Les corps photographiques, Flammarion, 2011 • Le Principe de l’axolotl & suppléments. Essai sur les voyages, Actes Sud, [édition revue et augmentée, 2011] • Dans la vallée. Biodiversité, Art et Paysage [avec Gilles Clément], Bayard, 2009 • Courts-circuits, Le Félin, 2008 • Paysages et jardins divers, Les presses du réel, 2008 [édition revue et augmentée 2016] • Finis terrae. Imaginaires et imaginations cartographiques, Bayard, 2007 [édition revue et augmentée 2020] • Emmanuel Hocquard, Seghers, « Poètes d’aujourd’hui », 2006 • La nature dans l’art sous le regard de la photographie, Delpire / Actes Sud, « Photo-poche », 2005 [nouvelle édition 2010] • Notes sur la nature, la cabane et quelques autres choses, Le Félin, 2005, 2014, 2021 [Chaque nouvelle édition est revue et augmentée d’une note.] • Amitier, Desclée de Brouwer, « DDB Philosophie », mars 2002, repris en « Félin-poche », 2008 • Nature, Art, Paysage, Actes Sud / ENSP, 2001 • Patrick Tosani, Hazan, 1997 (français-anglais) • Land Art, éditions Carré, 1993 [édition revue et augmentée, éditions Carré / La Découverte, 2012]


Le peigne-sans-tête & autres récits décoiffants d’un médecin de campagne

par Fred Léal

Couverture d’ouvrage : Le peigne-sans-tête & autres récits décoiffants d’un médecin de campagne
Fiche technique :Prix: 22,00 €
ISBN : 978-2-493426-15-4
Taille : 20,00 x 23,50 cm
Pages : 284

Compil de racontars

« Après le Peigne-noir, le Peigne-rose, le Peigne-jaune et le Peigne-cocotte, Fred Léal sort le Peigne-sans-tête qui, il faut le préciser, n’a pas plus de rapport direct avec la coiffure que les précédents. Le « Peigne » est une forme endémique de son univers littéraire, plutôt hirsute sur le mode de ses narrations déjantées. Si les Peignes de Léal se réclament de la magistrale invention préhistorique qui permet de coiffer plusieurs cheveux simultanément, ce n’est donc que métaphore. Bien au contraire, il n’y a rien de lissé dans ses textes. (…) Le Peigne est la partition de son quotidien polyphonique, la bande-son de sa vie et contrairement à ses ordonnances qui sont illisibles (selon ses patients), ses livres, eux, sont lumineux. » Jean-Didier Wagneur (Libération)

Avec une préface de l'auteur, une solide reliure en cahiers cousus collés et une couverture imprimée sur un magnifique papier teinte flamant rose, clin d'œil au plus touchant des récits.

"Certainement le meilleur O.L.N.I. de toute la littérature. Un étonnant coup de cœur... Une découverte..." Olivier, librairie AU PLAFOND, Nérac (47)

Au sommaire
- Un petit nuage ? (inédit)
- Le Peigne-noir (2004)
- Le Peigne-rose (2007)
- Le Peigne-jaune (2011)
- Le Peigne-cocotte (2020)
- Le Peigne-sans-tête (inédit)

Parution :
Thématiques :
Critiques :Jean-Didier Wagneur dans Libération du 7 juin 2025 a écrit:

Fred Léal, toubibs or not toubibs : fragments vrais et déconcertants
Les éditions de L'Attente ont réuni en un volume les «peignes" de Fred Léal. Le jour il est médecin dans le médico-social et, cela a ici son importance, la nuit, il écrit quand il lui reste du temps et de l'énergie. Depuis Selva! (2002), il a publié des livres originaux et inventifs qu'il serait difficile de rapporter à un genre. Alors qu'en majorité le roman se réfugie dans le récit classique cher à la marquise de Paul Valéry, Léal l'a carrément explosé avec comme dommages collatéraux les règles de l'éloquence, la vieille subordonnée, les paragraphes et les chapitres.
Ses textes ne sont faits que de courts blocs de prose, souvent amis. Leurs paroles s'entrecoupent, se chevauchent et, se mêlant à la bande-son de la vie ordinaire, se déposent sur la page en un graphe éloquent. Zébré ou étoilé, l'espace typographique restitue l'image démembrée et sismique d'une prose à bâtons rompus souvent déconnante et bien arrosée. L'expression «lire entre les lignes» est ici de circonstance pour filer les «racontars» et les histoires à la mords-moi-le-nœud qui font la matière de ces récits. Fred Léal ne les a pas inventés, ce sont des aventures de toubibs, de week-ends de garde que lui ou ses confrères ont vécues avec oxygène, stéthoscope et défibrillateur dans la sacoche. Outre la dimension foutraque ou improbable de certaines de ces histoires, les unes sont d'une poésie mélancolique, d'autres plutôt frappadingues ou délibérément terrifiantes, toutes ont la particularité d'être vraies et surtout d'être exemplairement déconcertantes. Humain trop humain qu'il disait. Un sédatif est-il ici nécessaire? Non, le livre n'est pas difficile pour autant, il s'offre comme une déconstruction verbale et graphique de courts récits. C'est un Heptaméron moderne où ça cause autant que chez Marguerite de Navarre mais dans une langue, certes, moins châtiée. Au début le lecteur a l'impression de nager dans une conversation entendue derrière un rideau, offerte en kit sans plan de montage. Mais les neurones font vite leur travail d'association et le jeu devient addictif
Léal a baptisé ces textes du nom de «peignes» non parce que tous ces fragments transforment la page en un mikado polyphonique mais à cause de l'histoire inaugurale de la série. Dans «Le Peigne noir», le narrateur emprunte un peigne à une amie afin de paraître présentable pour une urgence, mais ce peigne va connaître une odyssée hasardeuse avant de terminer dans la poche d'un patient, décédé coincé dans ses toilettes. L'un des plus émouvants est «Le Peigne rose" qui se déroule dans un ehpad où une vieille pensionnaire discute tous les soirs avec un flamant rose. Mais si «Le Peigne jaune» bascule lui dans le gore et le fait divers, avec chien enragé et explosion finale, il est un récit bien plus tragique où l'on atteint véritablement l'innommable. «Le Peigne sans tête», texte inédit qui clôt le volume, rapporte les tortures qui vont marquer à vie une jeune réfugiée congolaise rescapée des massacres: violée, elle a été obligée d'assister à la décapitation de son père, et ce n'est ici que le début d'un martyre devant lequel le médecin et l’écrivain restent impuissants et totalement anéantis.

Michaël Moretti dans Libr-critique a écrit:

"Le moléculaire de Léal, « maelstrom de poésie bancale » avec page-partition, espacement dans la page, variétés de corps, de police, d’empâtement (d’ailleurs j’ai repéré une grosse tache d’encre p. 252 : alors l’imprimeur tourangeau ?), inserts, fenêtres distincts, etc. dans un possible partage du sensible à la Rancière –".....


À propos de l’auteur

Né en 1968, Fred Léal est écrivain et exerce la médecine générale. Il publie ses récits poétiques aux éditions de l’Attente depuis 2000 et ses romans aux éditions P.O.L depuis 2002. Son style unique, qui éclate l’action sur la page en lui mêlant les sons d’un hors-champ et les pensées intimes du narrateur, séduit les lecteurs avides d’expériences de lecture ébouriffantes.

L'auteur pendant les Escales du livre de Bordeaux en 2022

Bibliographie

Le Peigne-sans-tête & autres récits décoiffants d'un médecin de campagne, L'Attente, 2025 • La Décollation du raton laveur, P.O.L, 2024 • Le Peigne-cocotte, L’Attente, 2020 • Soupirs de bêtes en rut, P.O.L, 2018 • Le Mont Perclus de ma solitude, P.O.L, 2015 • Asparagus, P.O.L, 2013 • La Nostalgie, camarade, Confluences, 2012 • N° d’écrou 1926, Le Festin, 2012 • Comme le loup blanc, Le bleu du ciel, 2011 • Le Peigne-jaune, L’Attente, 2011 • délaissé, P.O.L, 2010 • La Porte 'verte, P.O.L, 2008 • Le Peigne-rose, L’Attente, 2007 • Un trou sous la brèche, P.O.L, 2006 • Let’s let’s go, P.O.L, 2005 • In terroir gâteau, L’Attente, 2005 • Le Peigne-noir, L’Attente, 2004 • Bleu note, P.O.L, 2003 • Selva !, P.O.L, 2002 • Mismatch, L’Attente, 2002 • Grèbe, (sous le pseudonyme de Freddy Loyal), coll. "Week-end", L’Attente, 2000