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Le Livre des débords

par Virginie Poitrasson

Météorologie du désir, géographie du plaisir et du lien d’amour

À paraître le 26/11/2026

Ce livre puissant inscrit la rencontre amoureuse dans le lit des rivières, au creux des prairies, dans le flux des marées et l’étendue du ciel. Il approche au plus près ce quelque chose d’autre qui vient à nous, déplie à l’infini ce mouvement venu d’ailleurs qui nous meut intrinsèquement. Dans un paysage de trop-pleins et d’affolements, une langue atmosphérique s’invente et révèle le vertige mouvant et imprévisible des affects. Des pages lumineuses et féministes, où le désir des corps se dit sans honte, dans une forme d’allégresse.
Par son écriture singulière où le dehors et les corps dialoguent sans relâche, l’autrice s’inscrit contre l’époque, en faisant un éloge du vivant qui ne peut que toucher le lectorat d’aujourd’hui. La voix féminine et poétique du nature writing.

"C’est magnifique, on dirait une seule sensation dépliée à l’infini." Olivier Cadiot
"On sent que tu es une paroi fine par où tout transite." Stéphane Bouquet

Extrait :

Prendre le risque du lien.

Dilater le monde, sans se heurter aux choses,
laisser l’air vibrer, faire transparaître notre liquidité,
devenir ce courant passant de l’un à l’autre,
entre vitesse et immobilité.

Prendre le risque du lien, le creuser,
dans la coïncidence des mouvements,
quand ce qui reste d’yeux écarquillés,
de sueurs froides, de mains moites,
quand les derniers filets de peur s’amenuisent
sous nos pas.

Apprendre ta respiration, quand j’amplifie la mienne,
observer ce qui décuple, l’inédit qui circule,
ce vide qui permet la rotation des planètes
sans qu’elles entrent jamais en collision.

Prendre le risque du lien,
le faire délicatement palpiter,
dans une brassée d’air,
en se tenant patiemment sur la pointe des pieds.

À propos de l’auteur

Virginie Poitrasson est née en 1975. Originaire de Lyon, elle a vécu à la Nouvelle-Orléans, à New York et vit aujourd’hui à Paris. Écrivaine, plasticienne, performeuse, finaliste du Grand prix de la Poésie de la SGDL 2024, elle explore les frontières entre les genres et les modes d’expression langagiers et plastiques (sons, vidéos, dessins).
Elle traduit de nombreux poètes américains notamment Ben Lerner, Jennifer K.Dick, Mei Mei Berssenbrugge, Cole Swensen, Michelle Noteboom, Michaël Palmer, Lyn Hejinian, Charles Bernstein. Elle donne des master classes, anime des ateliers d’écriture à l’université, en écoles d’art et auprès de publics migrants et collabore régulièrement à des séminaires de traduction.

Visionner un Entretien vidéo avec François Bon

Bibliographie

Le Livre des débords, L'Attente, 2026 • Chambre(s) à Écho(s), avec le compositeur Jocelyn Mienniel et l’artiste Jutta Strohmaier, MF éditions, 2026 • The Unlikeness of things, trad. Michelle Noteboom, Litmus Press (États-Unis), 2025 • Tantôt, tantôt, tantôt, éditions du Seuil, 2023 • Une position qui est une position qui en est une autre, LansKine, 2019 • Le pas-comme-si des choses, L'Attente, 2018 • Il faut toujours garder en tête une formule magique, L'Attente, 2012 • Vraisemblance du perméable, avec l’artiste Gabriele Chiari, Méridianes, 2011 • « Autour de Pierrette Bloch », dans Le Geste à l’œuvre, collection Beautés, Lienart, 2011 • Journal d’une disparition, Ink #1, 2010 • Écrivains en séries, collectif 133 séries vues par 99 écrivains, saison 2, Léo Scheer, 2010 • Nous sommes des dispositifs, bilingue français-italien, La Camera verde, 2009 • Demi-valeurs, L'Attente, 2007 • Série ombragée, Propos 2 éditions, 2006 • Épisodes de la lueur, L’Atelier du Hanneton, 2004 Traductions Lentement (Slowly), de Lyn Hejinian, collection dirigée par Juliette Valéry, Format Américain, 2006 • Première figure (First figure) de Michael Palmer, co-traduit avec Éric Suchère, José Corti, 2011