par

- Contes liquides
- Expériences à l'étang
- Individu premier
- La revanche de la pelouse
- Expansion sans profondeur
- Conversation avec les plis
- Loin
- LÃ -bas
- Une limonade pour Kafka
- Le parfum du jour est fraise
- Mer et brouillard
- Au centuple
- Nuit
- Va te faire foutre – aloha – je t'aime
- Surgir
- En voie d'abstraction
- Déplacer le silence
- Nous abstraire
Prose philosophique
« De la pensée qui se manifeste comme sentiment. Ces poèmes en prose questionnent mythe et histoire des sciences. Ils naviguent dans les inextricables revendications conflictuelles du corps (surtout féminin) et de l’esprit d’une part, et les sentiments dans un espace de logique et de physique d’autre part. Tous dialogiques, ces poèmes tendent à travers un écart synaptique et souvent drôle vers un possible « tu », bien qu’il puisse s’agir, en rhétorique, d’un autre point de vue du même esprit. » (Marie Borel)
« L’un des livres de poésie les plus enrichissants… Rosmarie Waldrop tisse des fragments en une évocation personnalisée. C’est exactement le genre de connections philosophiques spécifiques dont parle Wittgenstein. » (Charles Bernstein)
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J’ai pensé pouvoir atteindre le fond des choses en prenant mes distances avec la logique mais ne tombai pas plus loin que dans l’immédiat. Ici le moment vante sa rondeur parfaite et ne peut être laissé en retrait parce qu’il s’accélère avec moi, intense comme les roses qui s’ouvrent dans le noir et je me demandais toujours : les roses rouges la nuit sont-elles plus sombres que les blanches, et tous les chats gris ? Mais il faut à un moment passer d’explication à description dans l’espoir héroïque que cela mènera droit à l’expérience, le raz de marée inonde tout mon être comme la chaleur ou la pollution, même si la brume dehors semble toujours pouvoir se dissiper facilement. Un chat de n’importe quelle couleur pourrait tomber dans le creux derrière ses yeux et aussitôt bâiller d’ennui, retour aux surfaces insipides qui représentent le monde dans la forme logique nommée réalité. Mais la logique n’est dâ€
LIRE PLUS™aucun secours quand tu ne connais pas les postulats. Et de plus en plus de gens privés des plus modestes formes de propriété se promènent dans les rues. Appelle-t-on le passé parfait parce qu’il est hors de vue ? La première personne du singulier s’ouvre sur des possibilités terrifiantes qui m’arrachent peau après peau jusqu’aux larmes comme si je pelais des oignons.
REGROUPERCatherine Pomparat dans remue.net a écrit:C’est quoi comprendre ?
Quelquefois c’est suivre un rythme, trouver la bonne intonation, celle qui ne contrarie pas le sens, qui n’en fait pas non plus une marionnette, un morceau de bois. Quelquefois c’est établir des liens logiques, combler des vides ou peut-être plus subtilement leur donner vie, les animer.
Par exemple quand Rosmarie Waldrop écrit dans La revanche de la pelouse, au sujet du temps nécessaire au déploiement du sens qu’il est « quelque chose qui envahit la bouche comme l’obscurité un aveugle », le plus important n’est pas de reconstituer la part manquante de la phrase (l’ellipse du verbe) mais de laisser le vide agir, provoquer le télescopage de « l’obscurité » (avec) « un aveugle ». Un aveugle dont on ne sait rien, un aveugle parmi d’autres, qui lui aussi fabrique du sens à longueur de temps, mais sans doute autrement que quelqu’un qui voit, ou qui croit voir. Leçon de ténèbres. Comprendre donc, en tâtonnant, en heurtant, en se blessant, en enrageant. En ruminant, en mâchonnant, puisque cette histoire-là se passe aussi dans la bouche. (…)
André Paillaugue dans Junkpage a écrit:Trois INDIENS et un tiers exclu ALLAIENT CAR
1. comme les oiseaux les Indiens situent la revanche de la pelouse dans le domaine du langage. La dimension constitutive de l’acte se fonde à l’écart des racines de l’herbe.
La pelouse est un gazon de décorum, une couverture, une surface insipide, une apparence, un masque, un artifice imposé à l’espace dans certaines circonstances de la vie et dans certains lieux. [note1]
L’espace s’arrête où les yeux du premier indien [le deuxième au pied de la lettre] se cognent au côté gauche du rectangle de l’image et font un trou hors champ.
Rendre la pareille nécessite les armes d’un métier d’ignorance et de silence.
Deux doctes ignorantes lisent à la lettre ce qui est écrit dans un lieu tiers identitaire dans un lieu tiers relationnel dans un lieu tiers historique. Un lieu commun en quelque sorte veut tout dire son contraire et aussi une voix tierce.
Les principes ne sont plus ce qu’ils étaient, « la philosophie on ne devrait l’écrire qu’en poésie » remarque Wittgenstein.
En mêlant les qualificatifs du jour et de la nuit Rosmarie fait un maelstrom de racines à la pelouse qui n’en a cure.La logique n’est d’aucun secours quand tu ne connais pas les postulats.
(RW, lRdlP, 76)
(…)
Christophe Kantcheff dans POLITIS a écrit:La démarche de Stiegler est préfigurée de manière non négligeable par le diagnostic de nos maux que constitue La Revanche de la pelouse, méditation poétique de Rosmarie Waldrop. Aux confins de la philosophie analytique et du legs de Wittgenstein, Rosmarie Waldrop a évalué à l’aune du concept de tiers exclu ce que la science issue de la Modernité permet et ne permet pas à une possible poésie dialogale qui envisagerait l’amour, l’être au monde et la vie relationnelle du point de vue d’une phénoménologie de la perception en acte − dont acte.
Alain Nicola - L'Humanité dans Le choix des libraires.com a écrit:"Il serait bien imprudent d'esquisser ici les thématiques abordées par Rosmarie Waldrop. On discerne tout de même qu'y revient la question de sa propre présence dans l'espace., du volume qu'on y occupe, du plein ou du vide existant entre l'autre et soi. Avec une importance du corps, en particulier celui de la femme, de la physique et du mouvement."
Rosmarie Waldrop avance, pose son regard sur le réel, ses détails, ses hirondelles, tenant la balance égale entre l'abstraction et le monde, celui de «l'écart et ses hautes herbes». On ne gagne pas à tous les coups : «Ce qu'on laisse filer, on le laisse filer.»...
Rosmarie Waldrop se situe au premier plan de ces poètes pensifs qui, des deux côtés de l'Atlantique, travaillent ce domaine, ne lâchant rien de ce qui peut plaire et toucher, ne renonçant pas à faire du poème un outil de connaissance. Ainsi «l'encre se dissout dans une langue plus profonde et à la fin l'eau coule claire».