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Mer et brouillard

par Etel Adnan

Couverture d’ouvrage : Mer et brouillard
Fiche technique :Prix: 14,00 €
ISBN : 978-2-36242-057-3
Taille : 14,00 x 18,00 cm
Pages : 160

Épique non-narratif

La mer : peut-être le symbole littéraire originel, incarnant vie, mort et changement incessant.
Le brouillard : mystérieux, atmosphérique, parfois mortel.
Ce livre d’Etel Adnan, intitulé à partir des éléments qu’il questionne, est une suite de strophes contemplatives et sombres interrogeant la condition humaine contemporaine. Il s’attache aux forces universelles, affrontant les cycles répétitifs les plus tragiques de la nature humaine : le départ, la mort, la guerre, l’amour. Moins expérimental que ses travaux antérieurs, le terme le plus approprié pour qualifier cet ensemble pourrait être « épique non-narratif ». À certains moments, on perçoit des éléments de la pensée zen et de la philosophie classique, avec des critiques de l’impérialisme et de la violence. (Jocelyn Heath)

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Extrait :

Comme Médée, la mer appartient à la mythologie : elle se jette contre ses récifs. Elle bout, elle bout, se contracte dans les ondulations de la lumière, se soulève, pour retomber légère contre le battant des lames. Quand on veut regarder la mer il est souvent préférable de fermer les yeux.

L’Océan est le premier fils du Ciel et de la Terre. Le Temps vient en dernier ; il crache des vagues menaçantes et reprend forme. Une éruption d’un genre particulier. Un fauve.

Le point de départ de l’infini est toujours au centre, là où l’esprit demeure. Derrière une image, il y a l’image. Le Néant est au fonde­ment de l’Être, mis en scène par la poésie qui réunit érotisme et intellect. Il n’est pas la vie, il est vivant.

(Mer, p. 42)

À propos de l’auteur

Etel Adnan, née en 1925, a grandi à Beyrouth. Sa mère était grecque et son père syrien. Elle a étudié la philosophie à Paris, puis à Berkeley et Harvard, et a enseigné la philosophie au Dominican College de San Rafael (Californie) entre 1958 et 1972. En solidarité avec la guerre d’indépendance en Algérie, résistant à écrire en français, elle s’est tournée vers les arts plastiques. Elle a participé au mouvement des poètes contre la guerre du Vietnam et est devenue selon ses mots « an American poet ».

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De retour à Beyrouth en 1972 et jusqu’en 1976 elle a dirigé les pages culture de deux quotidiens, d’abord Al Safa, puis L’Orient le Jour. Elle a également écrit des textes pour deux documentaires sur la guerre civile au Liban, diffusés à la télévision.
En 1977, son roman Sitt Marie-Rose a été publié aux éditions Des Femmes (Paris) et a reçu le prix “France-Pays Arabes”. Ce livre, devenu un classique de la littérature de guerre (à l’intersection des questions de genre) a été traduit en plus de dix langues. Il a été réédité en 2010 par les éditions Libano-Françaises Tamyras, ainsi que deux autres livres : Au cœur du cœur d'un autre pays (2010), et Paris mis à nu (2011).
Avec sa compagne l’artiste Simone Fattal, Etel Adnan partage désormais son temps entre Sausalito (Californie), Paris et le Liban. Polyglotte, elle a écrit en français, anglais ou arabe des livres relevant de tous les genres littéraires : poésie, roman, essai, récit épistolaire, autobiographie… Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique par Gavin Bryars, Henry Threadgill, Tania Leon et Zad Moultaka. Elle a par ailleurs écrit la partie française de l’opéra de Bob Wilson, The CIVIL warS, ainsi que plusieurs pièces de théâtre produites à San Francisco, Paris et Düsseldorf.
Également artiste peintre, Etel Adnan a exposé aux États-Unis, en Europe et dans le monde arabe. Elle a participé au Marathon 2010 de la Serpentine gallery et est l’une des artistes invitées de la prochaine Documenta 13 (manifestation pour laquelle elle a déjà publié le n°006 des 100 Notes, 100 Thoughts : Documenta Series).

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Bibliographie

Mer et Brouillard, trad. Jérémy Victor Robert, L’Attente, 2015 • Le maître de l’éclipse, trad. Martin Richet, Manuella Éditions, 2015 • Prémonition, galerie Lelong, 2015 • Écrire dans une langue étrangère, trad. Patrice Cotensin, L’Échoppe, 2014 • Des villes et des femmes, Tamyras, 2014 • Voyage au Mont Tamalpaïs, Manuella Éditions, 2013 Là-bas, L’Attente, 2013 • Conversation avec Hans Ulrich Obrist, Manuella Éditions, 2012 • Le Cycle des Tilleuls, trad. Martin Richet, Al Manar, 2012 • Paris mis à nu, trad. Martin Richet, Tamyras, 2011 • Au cœur du cœur d’un autre pays, traduction Éric Giraud, Tamyras, 2010 • À deux heures de l’après-midi, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Retour de Londres, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Ce ciel qui n’est pas, poésie, édition bilingue (français-arabe), illustrations (encres) Maya Le Meur, Tunis, Tawbad, 2008 • Le 27 octobre 2003, édition quadrilingue (français-anglais-arabe-japonais), Tunis, Tawbad, 2008 • Vendredi 25 mars à 16 heures, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2007 • Jennine, avec rachid Koraïchi, collection Combats, Al Manar, 2004 • Ce ciel qui n’est pas, Poésie, Paris, L’Harmattan, 1997 • Rachid Korachi : Écriture passion, avec Rachid Korachi et Jamel-Eddine Bencheikh, Alger, galerie Mhamed Issiakhem, 1988 • L’Apocalypse arabe, Paris, éditions Papyrus, 1980, réédition L’Harmattan, 2010 • Sitt Marie Rose, Paris, Des Femmes, 1978 ; réédition Tamyras, 2010 • Jbu : Suivi de l’Express Beyrouth enfer, Paris, P.-J. Oswald, 1973