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Domiciles fantômes

par Laurence de la Fuente

Couverture d’ouvrage : Domiciles fantômes
Fiche technique :Prix: 17,00 €
ISBN : 978-2-493426-03-1
Taille : 15,00 x 21,00 cm
Pages : 180

Carnet d'adresses spatio-temporel

Inventaire littéraire d’adresses plus ou moins habitées, entre projection, rêverie et documentaire. Adresses d’hier ou d’aujourd’hui, personnelles ou empruntées, adresses temporaires de vie et d’écriture, Domiciles fantômes rouvre la porte de ces appartements, de ces maisons. Que se cache-t-il sous les numéros et les noms des rues, quels fantômes ressurgissent par le pouvoir des mots ? Les récits et la fiction s’engouffrent, la poésie aussi. On trouvera également des adresses rêvées, des adresses d’autres auteurs et artistes. Revisités à travers le prisme d’un imaginaire nourri d’histoire et de lectures, les lieux deviennent sources de micro-fictions et lancent des passerelles entre passé et présent.

Avec une préface de Eduardo Berti.

Lecture d'un extrait par l'autrice

Écoutez Give Me Five ! # 26 - Émission du 18.01.24 avec Laurence de la Fuente sur Radio Campus Bordeaux

Extrait :

Un jour, aveuglé par le soleil sur la mer, par-delà la gare où j’atterris un soir presque par hasard, pour le son du mot doux à l’oreille, pour ses consonnes glissantes, pour sa présence dans un roman espagnol lu il y a bien des années, je me prends à rechercher l’adresse du personnage romanesque qui y logea. Je me retrouve dans une impasse, à l’époque, dans cette station balnéaire où il semble improbable de rester plus d’un été, à la suite d’un exil si chaotique qu’il me paraît impossible de me fixer où que ce soit.

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Alors tous les jours, au lever du soleil, je contemple la mer Méditerranée, sans jamais m’en lasser, pour me perdre dans le bleu, jusqu’à la pointe de la Vierge, le rocher dans la baie. Je me réjouis de cette confrontation entre laideur domestique et immensité, de ce hiatus entre la splendeur de la mer et la haie d’immeubles disgracieux qui la borde, je respire son odeur de crème solaire, fasciné par ses campings et ses discothèques, ses touristes semblables à tous les autres, et pourtant tous singuliers.

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Critiques :Entretien avec Carine Chauffour dans RCF Radio a écrit:

Cette semaine, Carine Chauffour reçoit Laurence de la Fuente, écrivaine, poétesse et metteure en scène. Son dernier ouvrage "Domiciles Fantômes", paru aux Éditions bordelaises de l'Attente, est un récit, un inventaire littéraire d’adresses : des adresses auxquelles a vécu l'autrice, mais aussi celles d'écrivains et écrivaines qu'elle admire.

Textes et poèmes s'entremêlent créant une carte littéraire et poétique. Laurence de la Fuente intervient dans de nombreux lieux de la Gironde, pour proposer des lectures et des performances, et donne de nombreux ateliers d'écriture. Dans cette émission, elle évoque son travail et nous entraîne, à travers ses poèmes, dans ces domiciles réels ou imaginaires que nous habitons tous à notre façon.

Eric Pessan a écrit:

Dans « Espèces d’espaces », Georges Perec dressait un inventaire de toutes les chambres dans lesquelles il a dormi, c’est peu ou prou le programme de Laurence de la Fuente : à une adresse sont associés un texte en prose et un poème. Ces lieux sont ceux qu’elle a habités, ceux où elle a séjourné lors de tournées théâtrales, ceux enfin qu’elle a fait siens pour les avoir lus chez d’autres écrivains. « Domiciles fantômes » est un autoportrait en creux (nous finissons par ressembler aux lieux où nous vivons autant qu’ils finissent par nous ressembler), sensible, politique, littéraire (la toute première adresse est liée à Kafka), une façon de se raconter, de questionner ce qu’habiter veut dire et d’écouter, au cœur de la nuit, les voix fantomatiques de celles et ceux qui nous ont précédés sous le même toit.

Chloé Maze dans L'actualité à Bordeaux a écrit:

Cette virginité semble être finalement l’obsession suivie par l’auteure. En déménageant et en emménageant sans cesse, il y a toujours un renouveau, un premier jour. Comme si le fait de plier bagages et d’établir ailleurs ses pénates pouvait conjurer la vieillesse et la mort. Car qu’est-ce qu’un fantôme, sinon un esprit qui refuse de s’éteindre ? Un fantôme est un être qui a accédé à une forme d’immortalité.

Nathalie André dans ALCA a écrit:

Entrer dans Domiciles fantômes, c’est se retrouver arrimé aux meilleurs compagnonnages littéraires. Celui, tout d’abord, de l’écriture des listes et des inventaires pratiquée par les Oulipiens en général et par Georges Perec en particulier, notamment avec la parution en avril dernier, aux éditions du Seuil, de Lieux2, le projet d’écriture que ce dernier a mené pendant 12 ans sur 12 lieux parisiens attachés à son histoire personnelle. Domiciles fantômes, on y reviendra, y chemine en parallèle.


À propos de l’auteur

Laurence de la Fuente est écrivaine et metteure en scène. Elle s’installe fréquemment en immersion dans différents espaces hospitaliers pour écrire, et anime, en écho à ses propres textes, des ateliers d’écriture.
« Laurence de la Fuente est une chercheuse, une découvreuse de textes, qui n’a pas peur de mettre en jeu sur le plateau des textes à l’origine non théâtraux. Elle a été une des premières à porter à la scène les textes de Antonio Lobo Antunes Laurent Mauvignier, Alban Lefranc… Elle propose dans le paysage français une écriture scénique à la fois féministe, poétique, intime et souterrainement politique qui peut toucher chacun à la fois comme personne et comme spectateur dans son histoire personnelle et sa perception de l’art contemporain. Elle choisit des acteurs qui ont une forte singularité, personnalité et ne se situent pas dans la reproduction des codes classiques de la représentation mais acceptent d’exposer leur sensibilité, leur étrangeté et leur amour de la scène .Elle produit des objets scéniques novateurs au plus près d’une réalité contemporaine qu’il s’agisse d’une mise en jeu sur le plateau de facebook ou d’une icône contemporaine comme Nico. » (Clyde Chabot)
Bibliographie
- Domiciles fantômes, L'Attente, 2022
- Espaces hospitaliers, format numérique, avec Célie Alix et des dessins de Bruno Lahontâa, La Marelle, à paraître en 2022
- Échanges giratoires, en collaboration avec Françoise Valéry, N’a qu’1 œil, 2019
- Performances éthologiques de Font, avec des dessins de Bruno Lahontâa, L'Attente, 2014


Tout l’univers

par Rémi Checchetto

Couverture d’ouvrage : Tout l'univers
Fiche technique :Prix: 24,00 €
ISBN : 978-2-493426-02-4
Taille : 14,50 x 20,00 cm
Pages : 390

Abécédaire
Avec le soutien du Centre national du livre

Tout l’univers, ce sont 400 entrées poétiques qui nous racontent. 400 petites choses et autres afin de tenter de saisir un peu de cette soi-disant grande chose qu’est l’humain. De A comme a capella à Z comme "zut", en passant par le "café clope", le "gel douche", le "nom", le "non" et le "nombril", 400 fantaisies littéraires pour revisiter avec tendresse, humour et gravité la grandeur, la petitesse, la majesté, le bruit, la fureur de la vie. Sans oublier que ce n’est pas facile, facile de manger des spaghettis. Clin d’œil : l’auteur s’est souvenu de la célèbre encyclopédie aux éditions Hachette de son enfance en écrivant son Tout l’univers.

 

Deux extraits lus par l'auteur

Extrait :

Le fil. Le fil. Le fil invisible. Le fil évident. Pour nous qui habitons le temps, le monde. Qui vivons de l’air du temps, de l’air du monde. Qui suivons les petits cailloux, sommes emmené par les musiques, mené par les danses. Pas facile, le fil, pas facile de ne pas le perdre…

La mauvaise humeur. Parce que pas possible de mettre la main sur l’ouvre-boîte, et qu’est-ce que c’est que ce mouchoir qui traîne ? Et y a pas moyen d’avoir le silence aujourd’hui, non mais qui c’est qui a fait ça ? Où il est le briquet ? Puisque oui on est une flamme qui s’éteint, doucement mais sûrement s’éteint, une étincelle dans l’histoire de l’homme, un vermicelle dans la soupe, une poussière dans le cosmos, une baliverne…

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L’orgue. On est un orgue. Sans conteste. Il faut qu’on respire pour qu’on joue de notre musique. Le mieux c’est l’été. Plein air, air iodé importé des bulles des vagues, ou air pur sorti directement des pâquerettes des verts pâturages, on écarte les bras, fait la roue, ouvre en grand la bouche et le nez…

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Critiques :Fabrice Thumerel dans Libr-critique a écrit:

La fantaisie poétique de Rémie Checchetto nous emporte dans des tourbillons verbaux pour nous plonger dans un imaginaire plus ou moins loufoque, sans oublier de s’attaquer aux idées reçues : il s’insinue dans les discours ambiants, les troue, les détourne, les relie et délie, les revitalise. Ainsi en est-il de l’écrivain : bien sûr qu’il « se cherche, même qu’il ferait très bien d’aller voir le lecteur pour de plus amples renseignements complémentaires » (p. 195). Sauf que ce lecteur, au lieu de le prendre de haut, fait Oh.


À propos de l’auteur

Poète, Rémi Checchetto a publié de nombreux livres chez plusieurs éditeurs. Lecteur sur scène de son travail il collabore régulièrement avec des musiciens (Titi Robin, Louis Sclavis, Bernard Lubat, Chris Martineau, André-Marc Delcourt, Hélène Breschand…). Dramaturge, il a écrit pour le théâtre des pièces qui ont été mises en scène par Fabien Bergés, Alexia Vidal, Patrick Séreaudie, Bela Czupon, Jean-Marc Bourg, Alexandra Tobelain, Henri Uzureau…

Bibliographie

Tout l'univers, L’Attente, 2022 • Qui sommes-nous, qu’il nous faille cette encre dans le sang ? Script 2021 • Partir, naviguer, arriver et autres constructions pas fatalement intempestives, Lanskine, 2020 • Laissez-moi seul, LansKine, 2018 • Nous ne sommes pas des héros, L’Attente, 2018 • Larsen, Tarabuste, 2017 • Le gué, Dernier télégramme, 2017 • ci même, Tarabuste, 2015 • Boomerang, Potentille, 2016 • Les arbres ne parlent plus oiseau, éditions du Petit Flou, 2016 • Apéro, L’Attente, 2013 • Pas parler parole, L’âne qui butine, 2013 • Que moi, Espaces 34, 2013 • Jours encore après, Tarabuste, 2013 • L'Homme et cetera, Espaces 34, 2012 • Kong mélancolia, Espaces 34, 2011 • Très grand gel, avec les dessins de Shirley Carcassonne, l'Improviste (collection "Un petit siècle épatant"), 2011 • Puisement, Tarabuste, 2010 • Bruissement, ça hésite encore, Script, 2010 • King du ring, Espaces 34, 2009 • Nous, le ciel, L’Attente, 2007 • Une disparition et tout et tout, L’Attente, 2006 • Le monde presque seul, catalogue d’exposition de Mitsuo Shiraishi, 2006 • Valises, Script, 2006 • Là où l’âme se déchire un peu mais pas toute, Inventaire-Invention, 2006 • Confiotes, LAttente, 2005 • Portes, Script, 2003 • P’tit déj, L’Attente, 2003 • Un terrain de vagues, coédition Script et théâtre des Tafurs, 1999 • Manèges, Lucie Lom, 1999


Déplacer le silence

par Etel Adnan

Prose philosophique
Avec le soutien du Centre national du livre

Méditation poignante sur le vieillissement, le deuil et l’expérience universelle de la confrontation avec la mort. Dans des paragraphes courts et implacables, Etel Adnan délibère sur l’étendue de sa vie à quatre-vingt-quinze ans, le processus du vieillissement et l’approche de sa propre mort. L’aspect personnel est continuellement projeté vers l’extérieur et reflété en retour par des observations sur la catastrophe climatique, la guerre en Syrie, les missions sur Mars et la vue qu’Adnan a de la mer depuis sa fenêtre en Bretagne, dans une interaction saisissante entre l’intérieur et le cosmique. 

Extrait :

(p. 25-26) :
Je veux aller dans ces endroits que mes rêves déploient ou qui s’étalent sur des cartes postales ou des publicités. Ce désir pourrait être pathétique, mais il ne l’est pas car son intensité le rachète. Cette nuit, j’ai regardé sur internet les montagnes rouges du sud de la France. Elles sont faites de porphyre. Elles sont aussi rouges que certaines montagnes d’Oman ou d’autres en Arizona. Nous sommes sur une planète soutenue par rien, entraînée à travers le pur espace par une énergique étoile de feu, en ébullition constante. Nous voyageons sur des terres voyageuses. Avancer, toujours avancer.

J’ai jeté ma boussole dans les vagues. Elle avait été utilisée par les Arabes pour voyager jusqu’en Chine et, malheureusement, par les colonisateurs qui ont suivi. Je l’ai jetée. J’ignore la suite et ne veux pas la connaître car je me suis également débarrassée de ma curiosité.

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Que reste-t-il ? Cette saison de chaleur et de vent, le dîner de ce soir, et ces larges bandes de vagues frémissantes aux différentes nuances de vert qui me fendent le cœur avec leur incroyable beauté.

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Critiques :Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

La richesse de ce petit livre de méditations est inouïe. Partant de propositions assez simples, d’observations justes, ou encore de récits de rêves, elle atteint, côté formulation, des sommets...

Coup de coeur dans Librairie L'Esperluette a écrit:

Ce livre est la promesse d'un plein de vibrations et de couleurs, de fulgurances sensibles et esthétiques.

Camille Cloarec dans Le Matricules des Anges N°230 a écrit:

Etel Adnan nous transmet un ensemble infiniment précieux sur lequel nous pouvons nous attarder et nous appuyer, afin de prolonger son existence ici-bas tout en gardant à l’esprit l’un de ses derniers conseils : « Soyez planétaires ».

Adrien Meignan dans UN DERNIER LIVRE AVANT LA FIN DU MONDE a écrit:

Ce réconfort, on le trouve malgré le bouleversement que provoque en cette voix les traumatismes du monde. Cette dame de 95 ans ne nous fait pas la leçon. Nous ne sommes pas ici dans le cliché de la sagesse de l’âge. Etel Adnan écrit ces paragraphes comme un geste de peintre, pratique qu’elle exerça en parallèle de l’écriture. Il y a ici aucune figuration. La voix peut autant parler d’elle-même, d’un repas avec des amis, d’un séjour à Paris que de l’héritage de la mythologie grecque, aux explorations sur Mars. Etel Adnan apparaît dans Déplacer le silence comme traversée par une multitude de rayons lumineux.

Eric Pessan dans Chronique Facebook a écrit:

En commençant à chercher des fragments à recopier pour présenter ce livre, j’ai été confronté à la difficulté de choisir, j’en ai copié quatre, j’aurais pu recopier le livre entier.
Peintre, poète et professeure de philosophie, multiculturelle (née à Beyrouth d’une mère grecque et d’un père syrien, elle a vécu en France comme aux États-Unis), Etel Adnan mêle poésie et méditation dans ces textes. Ici il est question de vieillesse (elle est morte le 14 novembre dernier, âgée de 96 ans), mais aussi de convoquer la beauté et les horreurs du monde : les paysages, la nature, la lumière qu’elle considère avec son regard de peintre sont mis en balance avec le réchauffement climatique, la révolution manquée des gilets jaunes, l’arrivée du covid…. avec toujours une immense fascination pour la technique, le spatial et son exploration.
Je réalise que j’ai employé le mot « méditation » plutôt que « philosophie », sans doute parce qu’à mes yeux, la pensée philosophique s’étaye à l’aide de références tandis que la pensée des poèmes d’Adnan s’appuie sur sa propre vie, sur le sensible, sur l’expérience d’être au monde, sur une désarmante simplicité qui n’exclue pas la profondeur.
« Déplacer le silence » est une belle expérience de lecture, à la fois cérébrale, esthétique et sensible, comme toujours dans les écrits d'Etel Adnan.


À propos de l’auteur

Née en 1925 à Beyrouth d’une mère grecque et d’un père syrien, Etel Adnan est morte le 14 novembre 2021 à Paris. Elle a étudié la philosophie à la Sorbonne, puis aux États-Unis à Berkeley et Harvard, matière qu’elle a ensuite enseignée au Dominican College de San Rafael (Californie) entre 1958 et 1972. En solidarité avec la guerre d’indépendance en Algérie, résistant à écrire en français, elle s’est tournée vers les arts plastiques. Elle a participé au mouvement des poètes contre la guerre du Vietnam et est devenue selon ses mots « an American poet ».

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De retour à Beyrouth en 1972 et jusqu’en 1976 elle a dirigé les pages culture de deux quotidiens, d’abord Al Safa, puis L’Orient le Jour. Elle a également écrit des textes pour deux documentaires sur la guerre civile au Liban, diffusés à la télévision.
En 1977, son roman Sitt Marie-Rose a été publié aux éditions Des Femmes (Paris) et a reçu le prix “France-Pays Arabes”. Ce livre, devenu un classique de la littérature de guerre (à l’intersection des questions de genre) a été traduit en plus de dix langues. Il a été réédité en 2010 par les éditions Libano-Françaises Tamyras, ainsi que deux autres livres : Au cœur du cœur d'un autre pays (2010), et Paris mis à nu (2011).
Avec sa compagne l’artiste Simone Fattal, Etel Adnan a vécu à Paris jusqu'à sa mort. Polyglotte, elle a écrit en français, anglais ou arabe des livres relevant de tous les genres littéraires : poésie, roman, essai, récit épistolaire, autobiographie… Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique par Gavin Bryars, Henry Threadgill, Tania Leon et Zad Moultaka. Elle a par ailleurs écrit la partie française de l’opéra de Bob Wilson The CIVIL warS, ainsi que plusieurs pièces de théâtre produites à San Francisco, Paris et Düsseldorf.
Également artiste peintre, Etel Adnan expose aux États-Unis, en Europe, en Asie et dans le monde arabe.

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Bibliographie

Déplacer le silence, trad. Françoise Valéry, coll. Philox, L'Attente, 2022 • Voyage, guerre, exil, L’Échoppe, 2020 • Un printemps inattendu, (entretiens), Galerie Lelong, 2020 • Grandir et devenir poète au Liban, L’Échoppe, 2019 • Surgir, trad. Pascal Poyet, coll. Philox, L'Attente, 2019 • Nuit, trad. Françoise Despalles, coll. Philox, L'Attente, 2017 • La vie est un tissage, Galerie Lelong, 2016 • À propos de la fin de l’Empire Ottoman, Galerie Lelong, 2015 • Heiner Müller et Le Tintoret : la fin possible de l’effroi, Galerie Lelong, 2015 • Mer et Brouillard, trad. Jérémy Victor Robert, coll. Philox, L’Attente, 2015 • Le maître de l’éclipse, trad. Martin Richet, Manuella Éditions, 2015 • Le prix que nous ne voulons pas payer pour l’amour, trad. Patrice Cotensin, Galerie Lelong, 2015 • Prémonition, galerie Lelong, 2015 • Écrire dans une langue étrangère, trad. Patrice Cotensin, L’Échoppe, 2014 • Des villes et des femmes, Tamyras, 2014 • Voyage au Mont Tamalpaïs, Manuella Éditions, 2013 Là-bas, trad. Marie Borel & Françoise Valéry, coll. Philox, L’Attente, 2013 • Conversation avec Hans Ulrich Obrist, Manuella Éditions, 2012 • Le Cycle des Tilleuls, trad. Martin Richet, Al Manar, 2012 • Paris mis à nu, trad. Martin Richet, Tamyras, 2011 • Au cœur du cœur d’un autre pays, traduction Éric Giraud, Tamyras, 2010 • À deux heures de l’après-midi, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Retour de Londres, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Ce ciel qui n’est pas, poésie, édition bilingue (français-arabe), illustrations (encres) Maya Le Meur, Tunis, Tawbad, 2008 • Le 27 octobre 2003, édition quadrilingue (français-anglais-arabe-japonais), Tunis, Tawbad, 2008 • Vendredi 25 mars à 16 heures, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2007 • Jennine, avec rachid Koraïchi, collection Combats, Al Manar, 2004 • Ce ciel qui n’est pas, Poésie, Paris, L’Harmattan, 1997 • Rachid Korachi : Écriture passion, avec Rachid Korachi et Jamel-Eddine Bencheikh, Alger, galerie Mhamed Issiakhem, 1988 • L’Apocalypse arabe, Paris, éditions Papyrus, 1980, réédition L’Harmattan, 2010 • Sitt Marie Rose, Paris, Des Femmes, 1978 ; réédition Tamyras, 2010 • Jbu : Suivi de l’Express Beyrouth enfer, Paris, P.-J. Oswald, 1973


Format Américain – l’intégrale (1993-2006)

par Juliette Valéry

Couverture d’ouvrage : Format Américain – l’intégrale (1993-2006)
Fiche technique :Prix: 39,00 €
ISBN : 978-2-36242-099-3
Taille : 15,00 x 19,00 cm
Pages : 1 120

1120 pages collector

De 1993 à 2006, la collection « Format Américain », dirigée par Juliette Valéry, a été diffusée auprès des adhérents de l’association Un Bureau sur l’Atlantique, fondée par Emmanuel Hocquard, sous forme de livrets imprimés en photocopie. 44 livrets de 20 pages en moyenne sont parus, présentant des textes de poètes contemporains américains traduits par des poètes français, parfois traduits collectivement lors d’ateliers ou de séminaires avec des étudiants en écoles d’art.
Un seul volume de plus de mille pages rassemble la totalité de la collection augmentée de quatre inédits, trois hors-série, une préface et un index exhaustif des auteurs et des traducteurs. Les compositions photographiques des couvertures des livrets réalisées par Juliette Valéry ont été remasterisées et ponctuent l’ouvrage.

48 titres de John Ashbery, Helena Bennett, Charles Bernstein, Joe Brainard, Lee Ann Brown, Abigail Child, Norma Cole, William Corbett, Robert Creeley, Ray DiPalma, Stacy Doris, Larry Eigner, Barbara Einzig, Jerry Estrin, Kathleen Fraser, Peter Gizzi, Lyn Hejinian, Benjamin Hollander, Susan Howe, Lisa Jarnot, Julie Kalendek, Lisa Lubasch, Bill Luoma, Bernadette Mayer, George Oppen, Jena Osman, Michael Palmer, Bob Perelman, Kristin Prevallet, Joan Retallack, Rod Smith, Juliana Spahr, Jack Spicer, Cole Swensen, John Taggart, Keith Waldrop, Rosmarie Waldrop, Elizabeth Willis + des bonus

traduits par Pierre Alferi, Jean-Paul Auxeméry, Marie Borel, Oscarine Bosquet, Alain Cressan, Jacques Demarcq, Caroline Dubois, Holly Dye, Éric Giraud, Joseph Guglielmi, Emmanuel Hocquard, Paol Keineg, Abigail Lang, Françoise de Laroque, Sydney Levy, Virginie Poitrasson, Pascal Poyet, Jacques Roubaud, Anne Talvaz, Gilles A. Tiberghien, Juliette Valéry, Jean-Jacques Viton, et les nombreux participants aux traductions collectives.

Voir le "catalogue" de la collection

Critiques :Yves di Manno dans DIACRITIK a écrit:

"C’est l’intégralité de ces petits livres (auxquels ont été ajoutés quatre titres inédits, qui n’avaient pas pu paraître à l’époque) que les éditions de l’Attente viennent de remettre au jour, en un imposant volume de 1120 pages. Il convient tout d’abord de saluer le courage (ou l’inconscience – mais c’est la même chose) que représente la publication d’un ouvrage d’une telle ampleur pour une structure éditoriale aussi modeste, même si l’Attente s’est affirmée depuis plus de vingt ans comme l’un des relais importants de la poésie contemporaine."

Amanda Murphy dans En attendant Nadeau a écrit:

L’imposant volume Format américain. L’intégrale (1993-2006) donne à voir une expérience : un collectif (Un bureau sur l’Atlantique), une idée, un projet, un format pour diffuser de la poésie américaine en France. Le recueil publié en 2021 ne nous fournit pas seulement un ensemble de poèmes, il nous expose à l’envergure de cette entreprise et enrichit les textes d’un précieux regard critique.

Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

Quelque chose d’à la fois commun dans sa fabrication et de relativement prestigieux par son contenu et sa mise en page. Très sélectif et en même temps ouvert : les grands noms de la poésie américaine de l’après-guerre y sont, de John Ashbery à Charles Bernstein, de Jack Spicer à Suzan Howe, de George Oppen à Cole Swensen, de Robert Creeley à Keith et Rosmarie Waldrop – et beaucoup d’autres, dont quelques inconnu(e)s que l’on a d’autant plus plaisir à découvrir.

Adrien Meignan dans UN DERNIER LIVRE AVANT LA FIN DU MONDE a écrit:

À l’occasion de la sortie de Format Américain – l’intégrale, regroupant les titres de la collection dirigée par Juliette Valéry et Emmanuel Hocquard, nous avons posés trois questions à l’éditeur Franck Pruja. Il nous a généreusement répondu, apportant un éclairage sur la poésie américaine et les relations avec la France.

Emmanuel Laugier dans LE MATRICULE DES ANGES N° 228 a écrit:

Ce faire-là, nul doute qu’il aura opéré pour chacun des ensembles publiés sous forme de livres (définis outre-Atlantique par les mots de « chapbooks » ou « booklets ») dans le projet de publication fondé et dirigé par Juliette Valéry entre 1993 et 2006, sous le nom de Format américain/ Un bureau sur l’Atlantique. Les deux titres accolés sont deux lignes de sorcières tirées vers ce qu’Abigail Lang a nommé très justement une « conversation transatlantique », tant cette collection, qui publia cinquante opus (par affinités, cooptations, rebonds, ricochets, etc.), se construisit aussi de la fréquentation assidue de nombreux poètes français avec la poésie made in U. S. A. Cinquante « booklets » donc, aux traductions souvent collectives (sans aucune version bilingue), en témoignent, ici rassemblés en un format 15x19 cm, dont 7 d’épaisseur, dans leur ordre de parution, et dans un français transformé par l’américain. Les couvertures, reproduites successivement, Juliette Valéry les a conçues selon une logique qu’elle explique précisément. Souvent à bords perdus, constituées de photographies vernaculaires, de saisies d’écran TV, de captures de films et de vidéos, celles-ci annoncent, comme des transferts internes aux poèmes choisis, la voie d’une « attitude dans le réel » (Emmanuel Hocquard) et celle de la « discrète série » chère à George Oppen, aîné de ce volume avec Jack Spicer et quelques autres. On pourrait aussi parler d’un « test de solitude » du poème, que chaque livre tient et reconduit encore autrement vers cet « être en multitude » qu’Oppen, encore une fois, appelait.
Aujourd’hui, ce geste est concrétisé magistralement par les éditions de l’Attente, permettant à ces voix de circuler comme d’être le témoin du travail formidable des recherches de Juliette Valéry. On ne peut amorcer la description de Format américain sans d’abord évoquer Rosmarie Waldrop, immense poétesse installée avec son mari Keith à Providence (Rhode Island), traductrice et fondatrice des éditions Burning Deck (1961-2017), tant elle impressionne parmi toutes les autrices réunies ici et non moins marquantes (vingt-deux si le compte est juste dont Cole Swensen, Norma Cole, Barbara Einzig, B. Mayer, Lee Ann Brown, Lisa Jarnot, Lyn Hejinian, Susan Howe, etc.) Sa Pelouse du tiers exclu (traduction de Marie Borel), qui reprend à la logique formelle qu’une proposition est soit vraie, soit l’est sa négation, nous introduit pourtant dans d’autres logiques de perceptions, aussi justes qu’elles sont hallucinantes de précision et de beauté. Un V6 vrombit avec ses cliquetis de bielles chromées dans la haie de ce livre si bien qu’y être à l’écoute d’un coup de hache vous fend le crâne en deux (Emily Dickinson) : « Quand je dis que je crois que les femmes ont une âme dont la substance contient deux anneaux de carbone l’application de l’image au premier plan est difficile à retrouver là où les couloirs se perdent en sacrifice rituel et saignement caché ». À la seconde page, il est écrit : « J’ai mis une règle dans mon sac quand j’ai entendu les hommes parler de leur sexe. Il existe alors des mesures exactes et un interstice poisseux entre col et cou. Une chose est de s’inscrire dans le miroir, une autre de reprendre son image et faire passer ses erreurs pour de l’objectivité. (…) Pourtant l’oeil est une caméra, espace pour tout ce qui peut entrer, comme un cylindre s’appelle plénitude de l’espace creux ». Les trois premiers titres de Format américain avaient des couvertures typographiques (sans image) : le premier de l’aventure, traduit par Pierre Alferi, signe annonciateur, proposait de lire la version française d’Un langage de New York d’Oppen. Le deuxième, traduit par le même poète, au titre limpide de Prenez- en cinq nous faisait découvrir Julie Kalendek : une capture écran, en troisième page, y montre les doigts d’une main qui, avec pudeur, cache le haut d’un visage, c’est déjà ici tout un programme de simplicité que ses mots allaient affirmer, puissamment : « Voici mes doigts./ Intraitable élégie.// Nous aspirons le minimum. Prenons/ trop peu sans doute, et oublions.// Le manque a l’avantage du beau.// Voici mes doigts. Je pense :/ Il y en a trop. » Juste assez ici, pour tourner des pages infinies.
Emmanuel Laugier

ALCA dans Agence ALCA a écrit:

Mille cent vingt pages. Une folie. Petite, douce, c’est comme on veut. Et à l’arrivée : un très épais volume que proposent les éditions bordelaises de l’Attente. Comme un zibaldone poétique. La somme exhaustive d’un travail de bénédictin mené entre 1993 et 2006.

Thierry Guinhut dans BLOG a écrit:

Certes la chose n’est pas bilingue ; elle est assez volumineuse pour sans cesse intriguer et surprendre, car, cela n’est pas anodin, il compte 22 poétesses. L’ouvrage - dans lequel « le monde ressemble à l’écriture », selon Abigail Child - s’ouvrant au hasard, ou se dépliant en cinquante journées de petites lectures, il est une sorte de boite au bric-à-brac et aux trésors, toujours curieux, parfois angoissants, parfois lyriques, interrogeant souvent la poésie elle-même sur ses destinées et ses légitimités, comme il se doit en toute éthique et esthétique.


À propos de l’auteur

(Dessin © Ippy Patterson)
Juliette Valéry a fondé et dirigé, de 1993 à 2006, la collection Format Américain / Un bureau sur l’Atlantique. Elle a aussi publié des livres en collaboration avec Emmanuel Hocquard, des contributions (textes et / ou photographies) à des revues et à des catalogues d’artistes. Elle enseigne à l’École supérieure d’art et de design des Pyrénées – Tarbes.


Les carrés de Rima

par Marie Rousset

Couverture d’ouvrage : Les carrés de Rima
Fiche technique :Prix: 8,00 €
ISBN : 978-2-36242-098-6
Taille : 12,00 x 16,50 cm
Pages : 82

Récit méditatif

Sous l’avalanche des discours politiques, des médias et des fictions en séries, une réflexion méditative et salvatrice sur les mots et le silence. Quand la parole défaille, les mots s’évadent du dictionnaire. Grammaire et syntaxe sont un territoire infini et en perpétuel mouvement dans lequel Rima s’aventure. Dans un éloge du lâcher-prise, elle y randonne, s’arrête, chute, s’étire, se pose et repart. Ici les mots résonnent différemment, à la recherche d’intonations inouïes.

 

Lecture d'un extrait par l'autrice, accompagnée du musicien Dédé Brousset

Extrait :

(p.8-9) :
elle avait pris l’habitude d’être dans le silence. cela lui était arrivé juste après que le monde l’ait accablée de trop de mots. qui ne disaient rien. elle avait mal aux mots et les mots avaient pris froid sous l’air glacial des discours politiques. le silence lui paraissait être un bon remède. sans raison tangible toutefois. nous pensons communiquer mais à vrai dire peu de personnes disent vraiment quelque chose. et peu de gens écoutent véritablement. ceci ressemble à des nèfles qui lézardent dans une gelée opalescente. des vieux clous dans la poussière, des barbouillages faits par distraction en parlant au téléphone. elle entend parfaitement ce peu de chose. un lifting de l’âme lui serait nécessaire pour rajeunir ses nuits passées à transcrire le monde. une sphère peuplée d’inouï effleure et flotte devant son iris. elle la dessine sur des feuilles A4 blanches en traits noirs et secs.

Critiques :Béatrice Machet dans Blog Terre à ciel a écrit:

Voilà un livre d’intelligence et de sensibilité, un ouvrage tout à fait dans la continuité de la production de Marie Rousset qui signe sa sixième collaboration avec les éditions de l’attente, et depuis son , peut-être jusqu’à ses carrés de Rima , elle suit un fil rouge jusqu’à faire œuvre. Et elle nous embarque à chaque fois pour une sorte d’initiation.


À propos de l’auteur

(Photo Régis Nardoux)
Marie Rousset est née en 1954, à Clermont-Ferrand où elle vit et travaille. En 1988, elle se forme en tant qu’éducatrice spécialisée. L’année suivante, elle part vivre et travailler en Angleterre jusqu’en 1990. En 1996, elle intègre l’association L’Offre Spéciale, avec Emmanuelle Pireyre (écrivain) et Olivier Bosson (cinéaste). Membre depuis d’un groupe de réflexion sur la littérature et la poésie, elle anime des ateliers de découverte de la poésie contemporaine, à destination de jeunes autistes, des jeunes des centres de détention et à destination également des collèges et lycées.

Bibliographie

Les carrés de Rima, L’Attente, à paraître en 2021 • RomaRome, La Passe du Vent, 2019 • Grammaires d’un tourment, Le Frau, 2016 • Conversation avec les plis, L'Attente, 2013 • Vibration des silences, Le Frau, 2012 • Bobcat, Color Gang, 2010 • Petit f n’est pas grand F, L'Attente, 2010 • L’ordinaire d’un imagidé, L'Attente, 2006 • petit balai, L'Attente, 2005 • , peut-être, L'Attente, 2002 • Vingt poussières, L’Escalier de poche, 1997 (épuisé) /// En revue • "Conversation avec les plis", revue Ligne 13, n°1 « Tirer un trait », 2010