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Ce livre

par Guy Bennett

Autoguide poétique

Ce livre détaille les clés théoriques et techniques de la matière textuelle qui le constitue. Il engage un processus littéraire presque entièrement axé sur lui-même.
Sorte d’autoguide poétique, il n’est pas sans rapport avec Poèmes évidents (du même auteur, paru en 2015).

 

Lecture d'un extrait par l'auteur

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Extrait :

*Dans une époque de littérature post-littéraire et d’édition post-matérielle, un écrit premier n’est plus la condition préalable à sa lecture seconde. Nous pouvons nous dispenser du poème et nous rendre directement à son commentaire ou, mieux encore, concevoir un commentaire qui soit son propre poème, une explication son propre texte, un appareil critique son propre objet littéraire.*

(…)

*Bien, mais où cela mène-t-il le lecteur qui cherche à en découdre avec le présent ouvrage ? Comment peut-il tirer de celui-ci un sens qu’il convertira éventuellement en signification pratique, ne fût-ce qu’une invitation à une réflexion plus poussée ? Pareilles questions nous renvoient à celles posées dans les parties II et III, ce qui est déjà le début d’une réponse : cela mène le lecteur au cœur même de l’œuvre, le seul lieu à partir duquel tracer un chemin possible vers son sens.*

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Critiques :Olivier Quelier dans GRANDEURSRVITUDE a écrit:

Ça a l’air compliqué, comme ça, d’aborder, Ce livre

mais ce n’est pas le cas.

Il est même assez jubilatoire, Ce livre

j’allais dire jouissif.

C’est sans doute parce qu’il contient, Ce livre

une bonne dose d’humour et de dérision

Éric Chevillard dans Le Monde des livres a écrit:

(…) Nous assistons en direct à la « fabrique du texte », pour reprendre les mots de Francis Ponge. [Ce livre] n’est rien d’autre que le récit conscient de ce qui advient au moment où il s’écrit. Sont décrites par le menu ses conditions d’élaboration et de production, ce qui se joue là, et cette description constitue le livre même.

Or il ne s’agit pas d’un petit exercice conceptuel sec et stérile. Il y a de la volupté dans cette expérience de conscience. L’acte d’écrire n’y est pas subordonné à d’autres fins que lui-même. Il rejoint en cela les autres plaisirs sensibles. Ce livre semble relever de la génétique textuelle, science qui s’attache à comprendre comment travaille un écrivain par l’étude de ses manuscrits, des états et versions successifs de ses textes. Mais l’originalité de Guy Bennett, outre le fait qu’il détaille son propre travail, tient à cette attention simultanée au texte et à ses modes de surgissement... (…)

Claro dans Le Clavier Cannibale a écrit:

Imaginez un livre qui n'ait d'autre sujet que lui-même. J'ai essayé d'en écrire un obéissant à cette contrainte, et c'était aussi vertigineux qu'alambiqué, aussi ai-je vite arrêté… Le fait est qu'il y a quelque chose d'autophagique dans l'entreprise, presque d'inquiétant, et sans doute fallait-il un poète comme Guy Bennett pour relever le défi et s'en acquitter de façon à la fois subtile et attrayante, sans tomber dans la peinture de vanité.

Vous pouvez donc lire Ce livre de Guy Bennett sans crainte de vous abîmer dans un tord-méninge tirebouchonné: l'exercice auto-réflexif auquel s'est adonné l'auteur de Poèmes évidents (dont j'ai causé ici) est un petit miracle de clarté et d'intelligence. Non seulement Bennet dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, mais en plus il nous rend complice de son gai savoir-faire. (…)

Hervé Laurent dans CCP#34-3 a écrit:

Une pensée retorse, donc (plus qu’il n’y paraît) est à l’œuvre dans Ce livre, servie, enrichie, par l’intelligente élégance du traducteur et le soin attentif et sans faille de la typographe.

Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

Ce livre qui “détaille les clés théoriques et techniques de la matière textuelle qui le constitue, engageant un processus littéraire presque entièrement axé sur lui-même” (note de l’éditeur).


À propos de l’auteur

Guy Bennett est écrivain et traducteur. Il vit à Los Angeles, où il enseigne à Otis College of Art and Design. Remerciements est son quatrième livre traduit et publié en France.
Bibliographie (en français)
Remerciements, traduit de l'américain par Frank Smith et l'auteur, l'Attente, 2021
Œuvres presque accomplies
, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2018
Ce livre, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2017
Poèmes évidents
, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2015


Laissez-passer

par Juliette Mézenc

Circulations détournées

Des je hétéroclites et variables passent des frontières, géopolitiques, psychiques, sensibles, empruntent des voies détournées, arpentent les territoires de la fiction, du vivant et du cosmos… Au centre, un naufrage de migrants déclenche une succession de textes étroitement liés par ces histoires de frontière et de circulation. Les points d’ancrage entre jeu vidéo et réalité ouvrent le procès des limites de ce monde en dérive.

Voir l'image de couverture

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Artistes de couverture :
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Extrait :

Et d'ailleurs je monte je respire déjà mieux, je descends la fermeture éclair de ma combinaison pour respirer à pleins poumons le bon air de la montagne, l'air pur et léger et légendaire qui déjà m'emplit tandis que je monte, aspirée par le regard bleu de Rimbaud, ce bleu qui s'étend et déborde son visage
un peu comme du lait
lait sur le feu
feu Rimbaud
haut là-haut
Rimbaud m'attend, sur la piste noire, et je lui souris
J'entends Ils sont comme des poissons, tiens, ils me glissent des mains, j'entends celle-ci je la tiens, j'atterris dur et zip plus de regard bleu, un bruit de plastique et la fermeture éclair se referme sur moi
Tous les matins en me réveillant je serai heureuse et je chanterai, je sortirai et je chanterai, je ne ferai plus jamais profil bas, je marcherai et je chanterai en regardant les gens droit dans les yeux
Ça s'ouvre à nouveau, j'entends Qu'est-ce qui t'a pris de la foutre là-de

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ans, elle est vivante

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Critiques :Jean-Philippe Cazier dans Diacritik a écrit:

Juliette Mézenc : Traverser les frontières (Entretien)

Juliette Mézenc construit ses livres autour de thèmes et de questionnements récurrents que l’on retrouve, repris et déplacés, portés ailleurs, dans Laissez-passer, qui vient de paraître. Rencontre et entretien avec l’auteur autour des thèmes de la rencontre, de la frontière, de la migration, du temps, de l’identité et de la multiplicité, du genre, du politique, de la lecture – et bien sûr de l’écriture.

• Est-ce que tu lisais lorsque tu étais enfant ?

Je ne voyais personne lire autour de moi. Mes parents lisaient des revues mais pas des livres. Quand je lisais, ma grand-mère me disait : « tu vas t’user les yeux ! ». C’est tard que j’ai rencontré des gens pour qui la littérature était une chose importante. (…)

Éric Darsan dans Addict'o'Culture a écrit:

Écho. Écho. Écho aux maux des désormais dits migrants passés et à venir – des dizaines de milliers à présent – morts et vivants. Écho au silence de ceux qui, indolents, paraissent parfois les deux. Sans colère ni jugement, faire la part des mots et des choses, le bilan.

Examen de conscience sans direction aucune, entre cénesthésie et lacune. S’interroger, observer, constater, s’appliquer à. Être et savoir. Mesurer l’étendue, chercher une issue, dans la menace poétique et politique décousue introduite clandestinement sous le couvert du Laissez-passer de Juliette Mézenc, recueil géopsychocorpographique, entre-je(ux) de casse-briques et de mail(les) (…)

Claude Favre dans CCP a écrit:

& comment commencer à lire sans être touché au contact d’un ailleurs que soi par ce corps bigarré1 de textes – question de peau, de frontière, d’amour et de mort d’un être plus que proche, de sensations de glissement, de rêves & cette fiction de réalités – du document à l’observation, l’expérience… jusqu’à la nage-corps perméable, l’apnée, le vertige (happée, noyée2), le franchissement, la dérive... en passant (trois petits tours et puis s’en vont) par le jeu vidéo (…)


À propos de l’auteur

Juliette Mézenc a grandi dans les montagnes de l’Ardèche, elle vit et écrit dans les Cévennes. Elle travaille régulièrement avec d’autres écrivains et artistes, en particulier Stéphane Gantelet et Cécile Portier. Ses terrains de jeu : l’écriture « entre les genres », la fiction transmédia, la performance et le vidéopoème. Juliette Mézenc mène également de nombreux ateliers d’écriture auprès de publics très variés.
Lire un entretien avec l'autrice

Bibliographie

Cahiers de Bassoléa, L'Attente, 2022 • Journal du brise-lames, Publie.net, 2020 • Des espèces de dissolution, L'Attente, 2019 Laissez-passer, L’Attente, 2016 • Tu écris dans ta tête, in Une chambre à écrire, livre collectif, L’Ire des Marges, 2016Elles en chambre, L’Attente, 2014 • Poreuse, roman, Publie.net, 2012, 2018 • Sujets Sensibles, Publie.net, 2009


Mer et brouillard

par Etel Adnan

Épique non-narratif

La mer : peut-être le symbole littéraire originel, incarnant vie, mort et changement incessant.
Le brouillard : mystérieux, atmosphérique, parfois mortel.
Ce livre d’Etel Adnan, intitulé à partir des éléments qu’il questionne, est une suite de strophes contemplatives et sombres interrogeant la condition humaine contemporaine. Il s’attache aux forces universelles, affrontant les cycles répétitifs les plus tragiques de la nature humaine : le départ, la mort, la guerre, l’amour. Moins expérimental que ses travaux antérieurs, le terme le plus approprié pour qualifier cet ensemble pourrait être « épique non-narratif ». À certains moments, on perçoit des éléments de la pensée zen et de la philosophie classique, avec des critiques de l’impérialisme et de la violence. (Jocelyn Heath)

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Extrait :

Comme Médée, la mer appartient à la mythologie : elle se jette contre ses récifs. Elle bout, elle bout, se contracte dans les ondulations de la lumière, se soulève, pour retomber légère contre le battant des lames. Quand on veut regarder la mer il est souvent préférable de fermer les yeux.

L’Océan est le premier fils du Ciel et de la Terre. Le Temps vient en dernier ; il crache des vagues menaçantes et reprend forme. Une éruption d’un genre particulier. Un fauve.

Le point de départ de l’infini est toujours au centre, là où l’esprit demeure. Derrière une image, il y a l’image. Le Néant est au fonde­ment de l’Être, mis en scène par la poésie qui réunit érotisme et intellect. Il n’est pas la vie, il est vivant.

(Mer, p. 42)

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Critiques :Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

Grand dossier Etel Adnan


À propos de l’auteur

Née en 1925 à Beyrouth d’une mère grecque et d’un père syrien, Etel Adnan est morte le 14 novembre 2021 à Paris. Elle a étudié la philosophie à la Sorbonne, puis aux États-Unis à Berkeley et Harvard, matière qu’elle a ensuite enseignée au Dominican College de San Rafael (Californie) entre 1958 et 1972. En solidarité avec la guerre d’indépendance en Algérie, résistant à écrire en français, elle s’est tournée vers les arts plastiques. Elle a participé au mouvement des poètes contre la guerre du Vietnam et est devenue selon ses mots « an American poet ».

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De retour à Beyrouth en 1972 et jusqu’en 1976 elle a dirigé les pages culture de deux quotidiens, d’abord Al Safa, puis L’Orient le Jour. Elle a également écrit des textes pour deux documentaires sur la guerre civile au Liban, diffusés à la télévision.
En 1977, son roman Sitt Marie-Rose a été publié aux éditions Des Femmes (Paris) et a reçu le prix “France-Pays Arabes”. Ce livre, devenu un classique de la littérature de guerre (à l’intersection des questions de genre) a été traduit en plus de dix langues. Il a été réédité en 2010 par les éditions Libano-Françaises Tamyras, ainsi que deux autres livres : Au cœur du cœur d'un autre pays (2010), et Paris mis à nu (2011).
Avec sa compagne l’artiste Simone Fattal, Etel Adnan a vécu à Paris jusqu'à sa mort. Polyglotte, elle a écrit en français, anglais ou arabe des livres relevant de tous les genres littéraires : poésie, roman, essai, récit épistolaire, autobiographie… Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique par Gavin Bryars, Henry Threadgill, Tania Leon et Zad Moultaka. Elle a par ailleurs écrit la partie française de l’opéra de Bob Wilson The CIVIL warS, ainsi que plusieurs pièces de théâtre produites à San Francisco, Paris et Düsseldorf.
Également artiste peintre, Etel Adnan expose aux États-Unis, en Europe, en Asie et dans le monde arabe.

Regrouper


Bibliographie

Déplacer le silence, trad. Françoise Valéry, coll. Philox, L'Attente, 2022 • Voyage, guerre, exil, L’Échoppe, 2020 • Un printemps inattendu, (entretiens), Galerie Lelong, 2020 • Grandir et devenir poète au Liban, L’Échoppe, 2019 • Surgir, trad. Pascal Poyet, coll. Philox, L'Attente, 2019 • Nuit, trad. Françoise Despalles, coll. Philox, L'Attente, 2017 • La vie est un tissage, Galerie Lelong, 2016 • À propos de la fin de l’Empire Ottoman, Galerie Lelong, 2015 • Heiner Müller et Le Tintoret : la fin possible de l’effroi, Galerie Lelong, 2015 • Mer et Brouillard, trad. Jérémy Victor Robert, coll. Philox, L’Attente, 2015 • Le maître de l’éclipse, trad. Martin Richet, Manuella Éditions, 2015 • Le prix que nous ne voulons pas payer pour l’amour, trad. Patrice Cotensin, Galerie Lelong, 2015 • Prémonition, galerie Lelong, 2015 • Écrire dans une langue étrangère, trad. Patrice Cotensin, L’Échoppe, 2014 • Des villes et des femmes, Tamyras, 2014 • Voyage au Mont Tamalpaïs, Manuella Éditions, 2013 Là-bas, trad. Marie Borel & Françoise Valéry, coll. Philox, L’Attente, 2013 • Conversation avec Hans Ulrich Obrist, Manuella Éditions, 2012 • Le Cycle des Tilleuls, trad. Martin Richet, Al Manar, 2012 • Paris mis à nu, trad. Martin Richet, Tamyras, 2011 • Au cœur du cœur d’un autre pays, traduction Éric Giraud, Tamyras, 2010 • À deux heures de l’après-midi, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Retour de Londres, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Ce ciel qui n’est pas, poésie, édition bilingue (français-arabe), illustrations (encres) Maya Le Meur, Tunis, Tawbad, 2008 • Le 27 octobre 2003, édition quadrilingue (français-anglais-arabe-japonais), Tunis, Tawbad, 2008 • Vendredi 25 mars à 16 heures, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2007 • Jennine, avec rachid Koraïchi, collection Combats, Al Manar, 2004 • Ce ciel qui n’est pas, Poésie, Paris, L’Harmattan, 1997 • Rachid Korachi : Écriture passion, avec Rachid Korachi et Jamel-Eddine Bencheikh, Alger, galerie Mhamed Issiakhem, 1988 • L’Apocalypse arabe, Paris, éditions Papyrus, 1980, réédition L’Harmattan, 2010 • Sitt Marie Rose, Paris, Des Femmes, 1978 ; réédition Tamyras, 2010 • Jbu : Suivi de l’Express Beyrouth enfer, Paris, P.-J. Oswald, 1973


Parfois, je dessine dans mon carnet

par Éric Pessan

Couverture d’ouvrage : Parfois, je dessine dans mon carnet
Fiche technique :Prix : 22,50 € EUR
ISBN : 978-2-36242-060-3
Taille : 22,00 x 17,00 cm
Pages : 256
Appartient à la collection Au trait :

Journal dessiné

"Quand il n’écrit pas, l’écrivain prend des trains qui arrivent en retard, rencontre des élèves qui rêvent à autre chose, se rend dans des foires du livre où personne ne le reconnaît, passe ses journées à attendre un improbable lecteur dans une librairie, écoute les doléances de ceux qui n’aiment pas lire, se rue sur les buffets, et garde – paradoxalement – l’espoir en la littérature." (E. Pessan)
Auteur prolixe de romans, pièces de théâtre, romans jeunesse, poésie, Éric Pessan sort un nouvel atout de sa manche avec ce journal dessiné, relatant les multiples détails qui font les hauts et les bas de la vie d’un écrivain aujourd’hui. Chaque dessin est assorti d’une phrase.
Troisième titre de notre collection « Au trait » – qui s’intéresse au dessin – c’est un format généreux qui offre plus de 250 pages de dessins. La lecture peut être linéaire, les dessins étant présentés dans l’ordre dans lequel ils ont été dessinés par l’auteur au quotidien pendant deux années, chaque double page formant comme un strip de quatre cases. Elle peut aussi se faire butineuse, au gré du hasard de l’ouverture des pages…

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Critiques :Hervé Laurent dans CCP 31-4 a écrit:

La saveur singulière de ces notations assez souvent déprimées, la drôlerie qui en atténue l’amertume et récupère in extremis la larme en clin d’œil, vient du dessin. Pessan s’amuse à y littéraliser les métaphores en leur donnant corps avec un humour plein d’inventivité.


À propos de l’auteur

Photo © Mélio Pessan

Né en 1970, Éric Pessan est écrivain et dramaturge, il écrit des romans, de la poésie, des récits, des textes pour la jeunesse, du théâtre, des fictions radiophoniques. Passionné d’espace, il collabore depuis 15 ans avec l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du Centre National d’Etudes Spatiales. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages où il explore ce qui le questionne, l’effraie, le scandalise ou – au contraire – lui donne la force d’avancer.
Il est membre du comité de rédaction de la web revue remue.net et de la revue Espace(s) éditée par l'observatoire de l'Espace (centre national d'Études Spatiales).
Prix NRP (Nouvelle Revue Pédagogique) de littérature jeunesse pour son roman Aussi loin que possible en 2015.
Grand Prix SGDL (Société des gens de lettres) du roman Jeunesse pour Dans la forêt de Hokkaido en 2018.

Bibliographie

Untoten, L'Attente, 2023 • Le long des fissures (avec Patricia Cartereau), l’Atelier contemporain, 2023 • Samedi (avec Christian de Massy), Patayo, 2022 • Qui verrait la Terre de loin, Fayard, 2022 • Rien dans mon enfance, L’Œil ébloui, 2022 • Le Poème de Fernando, Thierry Magnier, 2022 • Dino et la fin d'un monde, L’École des loisirs, 2021 • Teenage Riot (avec Olivier de Solminihac), L'École des loisirs, 2021 • La Gueule-du-Loup, L'École des loisirs, 2021 • Tenir debout dans la nuit, L’École des loisirs, 2020 • … ou bien, je me trompe ?, N'a qu'1 Œil, 2020 • Biji (livre aléatoire numérique), La Marelle, 2020 • Photos de famille, L’Œil ébloui, 2020 • L’homme qui voulait rentrer chez lui, L’École des loisirs, 2019 • La connaissance et l'extase, L'Attente 2018 • Quichotte, autoportrait chevaleresque, Fayard, 2018 • De si beaux uniformes, Espaces 34, 2018 • Un chagrin d’amour avec le monde entier (avec Virginie Sauvageon), Le Chemin de fer, 2017 • Dans la forêt de Hokkaido, l’École des loisirs, 2017 (Grand Prix SGDL Jeunesse) • Pebbleboy, l’École des loisirs, 2017 • La plus grande peur de ma vie, l’École des loisirs, 2017 • La Nuit du second tour, Albin Michel, 2017 • Lettre ouverte au banquier séquestré dans ma cave depuis plusieurs semaines, Éditions Le Réalgar, 2016 • Sang des glaciers, La Passe du vent, 2016 • Parfois, je dessine dans mon carnet, L'Attente, 2015 • En voie de disparition (essai), Al Dante, 2015 • La hante (avec Patricia Cartereau), L’atelier contemporain, 2015 • Aussi loin que possible (roman jeunesse), l’École des loisirs, 2015 • Cache-cache (théâtre), l’Ecole des loisirs, 2015 • Le démon avance toujours en ligne droite, Albin Michel, 2015 • Demande de remboursement des livres pour cause de non-conformité avec ce que l'on peut attendre de la littérature (hors commerce), L'Attente, 2014 • La fille aux loups (avec Frédéric Khodja), Le Chemin de fer, 2014 • Le syndrome Shéhérazade, L'Attente, 2014 • Et les lumières dansaient dans le ciel (roman jeunesse), L’École des Loisirs, 2014 • Muette, Albin Michel, 2013 • Ôter les masques, essai sur Shining de Stephen King, Cécile Defaut, 2012 • N (avec Mikaël Lafontan), Les Inaperçus, 2012 • Plus haut que les oiseaux (roman jeunesse), L’École des Loisirs, 2012 • Quelque chose de merveilleux et d'effrayant, roman jeunesse, avec Quentin Bertoux, Thierry Magnier, 2012 • Monde profond, L'atelier In-8, 2012 • Dépouilles, roman-théâtre, L'Attente, 2011 • La grande décharge, théâtre, L’Amandier, 2011 • Sexie conférencière, Derrière la salle de bains, 2011 • Croiser les méduses, L'atelier In-8, 2011 • Incident de personne, roman, Albin Michel, 2010 • Moi, je suis quand même passé, poésie, Cousu Main, 2010 • Tout doit disparaître, théâtre, Théâtre Ouvert, 2010 • La nuit de la comète, nouvelles, Cénomane, 2009 • Cela n’arrivera jamais, roman, coll. "Fiction & Cie",Seuil,  2007 • Une très très vilaine chose, roman, Robert Laffont, 2006 • Les géocroiseurs, roman, La Différence, 2004 • Chambre avec Gisant, roman, La Différence, 2002 • L’effacement du monde, roman, La Différence, 2001 réédition en poche (collection Minos-2004) /// Fictions radiophoniques La grande décharge (2011, France Culture) • La plus heureuse entre toutes les mères (2009, France Culture) - La grande enseigne (2008, France Culture) • Dépouilles (extraits) (2006, France Culture) • Demain matin, la lune (2005, France Culture) • Seuls mes yeux (2005, France Culture) • Le syndrome de Münchhausen (2004, France Culture) • La Signature (2003, France Culture)


Poèmes évidents

par Guy Bennett

Couverture d’ouvrage : Poèmes évidents
Fiche technique :Prix : 12,50 € EUR
ISBN : 978-2-36242-058-0
Taille : 12,00 x 16,50 cm
Pages : 132

Comme son titre l'indique

Les Poèmes évidents ont été écrits dans les derniers mois de la présidence de George W. Bush, et ont été inspirés par les « guerres culturelles » qui caractérisèrent la campagne électorale présidentielle américaine de 2008. Ils imitent la langue et le niveau du discours politique américain de l’époque tel que reflété par les grands médias, et surlignent certains des principes centraux du mouvement « tea party » ascendant (anti-intellectualisme, chauvinisme, islamophobie, patriotisme, racisme, xénophobie) qui se trouvaient alors au centre des débats. Les poèmes ont donc été intentionnellement « nivelés par le bas », dans leur sujet, leur approche rhétorique, et leur style, de manière à être compréhensibles, évidents, en fait, même pour le lecteur le plus anti-érudit.

Parution :
Traducteurs :
Thématiques :
Extrait :

Poème anti-intellectuel

Ce poème est contre l’intellectualisme
sous toutes ses formes.

Il rejette les conclusions
de l’analyse et du raisonnement abstraits,
qui vont souvent à l’encontre du simple bon sens
acquis dès la naissance par la plupart des gens.

Il se méfie extrêmement
de quiconque ou de quoi que ce soit
qui n’est pas immédiatement et clairement
compréhensible
et reste sur ses gardes quant aux explications,
élucidations et démonstrations
de toute espèce.

Il préfère la scolarisation à domicile à l’école laïque,
la foi au savoir,
l’opinion à l’évidence,
le divertissement à l’information,
tirer le premier plutôt que poser des questions,
les cowboys aux indiens,
Oprah à l’opéra,
le ketchup au kimchi
et nous à eux.

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Par son égocentrisme inconséquent
et sa suffisance sans fondement,
il s’oppose viscéralement
à tout ce qui n’est pas aussi manifestement évident
que ce poème.

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Critiques :Claro dans Le Clavier Cannibale a écrit:

C'est évidemment jouissif, d'autant plus que l'excès de lisibilité se double d'un petit double-fond qui agit dans l'esprit du lecteur comme un ressort légèrement vicieux, comme si what-you-see n'était pas toujours what-you-got, si vous voyez ce que je veux dire. Mais le fait que le poème devienne le commentateur et l'exemple de ce que son titre énonce/annonce ne relève bien sûr nullement de la potacherie (rappelons d'ailleurs que Bennett a traduit, entre autres, Espitallier, Roubaud, Novarina — c'est donc quelqu'un de sérieux, aussi).

Eric Chevillard dans Le Monde des livres a écrit:

Guy Bennett me semble développer […] deux propositions qui, sans être contradictoires, rendent plus complexe qu’il n’y paraît l’évidence revendiquée. D’une part, en effet, il démontre par l’absurde qu’une langue pauvre n’enfantera jamais que de pauvres idées. […]
Mais, d’autre part, Guy Bennett, s’il dépouille la poésie de toute emphase, de toute éloquence même, s’il la dégrade sous prétexte de lisibilité, s’il la ravale à ces énoncés programmatiques les plus objectifs, ne renonce en rien à ses prérogatives. Nul ptyx pour le coup, dans ces vers, le poète n’a pas même besoin de le préciser. L’absence de ptyx est criante. Et pourtant, un peu à la manière de Duchamp avec ses ready-made, Guy Bennett réaffirme ce privilège du poète qui est de régner par décrets sur le monde.

Alain Nicolas dans L'Humanité a écrit:

Le poète américain propose un ensemble de textes qui s’imposent par une simplicité non feinte et induisent une réflexion sur la poésie qu’on pourrait avec un peu de malice rattacher à Queneau

Philippe Annocque dans Hublots a écrit:

Je me garderai donc bien d’en faire un commentaire, en disant par exemple à quel point, sous l’apparence d’un texte apparemment dépourvu de tout ce qui aux yeux du lecteur en fait un poème, ce poème parvient à se jouer d’une des principales aspirations d’un poème, à savoir devenir un objet en soi-même. Je ne rajouterai pas que l’objet peut donc être ce quasi-rien, à la fois négation de ce qui fait le poème dans l’horizon d’attente du lecteur (j’éviterai par exemple de faire remarquer qu’il ne reste plus du vers dit libre que Je me garderai donc bien d’en faire un commentaire, en disant par exemple à quel point, sous l’apparence d’un texte apparemment dépourvu de tout ce qui aux yeux du lecteur en fait un poème, ce poème parvient à se jouer d’une des principales aspirations d’un poème, à savoir devenir un objet en soi-même. Je ne rajouterai pas que l’objet peut donc être ce quasi-rien, à la fois négation de ce qui fait le poème dans l’horizon d’attente du lecteur (j’éviterai par exemple de faire remarquer qu’il ne reste plus du vers dit libre que l’extrême pauvreté du récurrent retour à la ligne), et affirmation que l’affirmation de soi-même suffit ; je ne décrirai donc pas ce texte et le livre qu’il introduit comme un énoncé performatif d’auto-affirmation poétique, je ne rajouterai pas qu’il suffit donc finalement que le texte se dise poème, soit rassemblé avec d’autres textes qui pareillement se disent tous poèmes (le mot poème étant en effet présent dans tous les titres du présent recueil), dans un livre qui intitulé Poèmes… s’affirme donc, tout aussi performativement lui aussi, comme un recueil de poèmes, la poésie y étant ainsi réduite à l’affirmation d’elle-même.

Jean-Pascal Dubost dans CCP 31-4 a écrit:

En leur extrême lisibilité, les poèmes sont des petites installations d’objets-mots qui, parfois, frisent l’absurde du nonsense ; on se demande s’ils ne sont pas la critique d’un appauvrissement du langage ; mais sont de jouissifs instants de lecture.

Fabrice Thumerel dans Libcritik a écrit:

… Guy Bennett déconstruit le mythe du Poète, tourne en dérision les travers de l'auteur comme du lecteur, dont la relation peut être synthétisée par le couple antinomique narcissisme / voyeurisme.
… on découvre dans ce livre iconoclaste tout l’espace des possibles contemporain. Ses courants : textualisme / lyrisme, poésie visuelle, poésie à contraintes… L'avant-garde... L'expérimental… Ses modes : le trash, la culture pop... Le poème engagé... Les poncifs textualistes : autoréférentialité, autoréflexivité, autotélisme... Ses pratiques : renvois d’ascenseurs, stratégies diverses… Ironique, le texte dévoile les implicites et subvertit le discours dominant : le tout-marketing... La doxa écologiste… Jouissif !

Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

Directs, immédiatement accessibles, ces poèmes – “autonomes et auto-suffisants, ne nécessitant ni commentaire critique, ni explication d’aucune sorte pour véhiculer leur sens qui est évident” (Poème préliminaire) – sont souvent drôles, même quand ils font froid dans le dos.


À propos de l’auteur

Guy Bennett est écrivain et traducteur. Il vit à Los Angeles, où il enseigne à Otis College of Art and Design. Remerciements est son quatrième livre traduit et publié en France.
Bibliographie (en français)
Remerciements, traduit de l'américain par Frank Smith et l'auteur, l'Attente, 2021
Œuvres presque accomplies
, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2018
Ce livre, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2017
Poèmes évidents
, traduit de l'américain par Frédéric Forte & l'auteur, l'Attente, 2015