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Nous ne sommes pas des héros

par Rémi Checchetto

Portraits de nous

Lors d’une résidence d’écriture dans la Sarthe, Rémi Checchetto écrit des portraits de personnes qu’il rencontre. "Aucun roi parmi eux, nul grand de ce siècle, mais tous les autres. Ceux que l’on n’entend que très peu. Qui sont parfois évoqués par les journalistes, forment des statistiques et autres pourcentages. Les prétendus muets de naissance, les invisibles d’existence…" Soixante-dix-neuf parcours de vie, captés et transcrits en instantanés mobiles par un songeur sensible, un ensemble à facettes ponctué de réflexions sur l’écriture en situation.

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Cédric
ce que c’est que les gardons

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Qu’on ne se trompe pas, au nombre beau grand nombre des choses et autres qui font le monde et défont le monde, sont les choses et autres visibles et les choses et autres pas visibles. Dans le visible du jour d’aujourd’hui de Cédric sont les mathématiques – la table de huit – l’histoire – Jules César qui a une statue en marbre au jardin des Tuileries – la géo – le département de la Sarthe avec ses trois autoroutes l’A11, l’A28 et l’A8. Dans l’invisible du jour d’aujourd’hui, il y a depuis une bonne demi-heure les poissons de la mare. Des gardons. Pas n’importe lesquels ; des gardons qui se gardent de mordre à l’hameçon. C’est que s’ils ignorent que l’abus de tabac est dangereux pour la santé, ils ne sont pas sans savoir que l’hameçon est très dangereux pour la vie, qu’il peut faire passer de vie à trépas sans passage ni par la réanimation ni par l’extrême-onction. Et ça, ça lui fait du bien à Cédric de ne rien pêcher. Être bredouille, c’est justement ne pas remonter à la surface ce qui ne se voit pas et ne s’entend pas. Ça lui fait le vide dans la tête. Et il aime ça, le vide dans la tête. C’est qu’il n’est pas sans ignorer que tout un tas de choses et autres guettent et sont prêtes à surgir. C’est que la tête est comme une mare. Ou comme un désert. Ou comme une salle de classe. Et qu’une espèce de monstre peut surgir. Ou une armée de légionnaires romains. Ou une cohorte de sept fois huit. Et puis de ne pas ramener de gardons pour le repas du soir, ça aussi c’est super bien, comme ça il y aura plutôt du steak haché bien cuit avec juste le sang du ketchup.

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Critiques :Alain Nicolas dans L'Humanité 21 juin 2018 a écrit:

Rémi Checchetto écrit, depuis dix ans, des portraits. Un peu partout où on l’appelle « en résidence », il rencontre des personnes, parle avec eux, se retire pour écrire puis, vingt minutes plus tard, les revoit et leur offre le texte qu’il a écrit. Proposition modeste en apparence, mais dont les effets, lorsqu’ils sont réunis en volume, ne sont pas minces. Ce ne sont pas des « vies minuscules », encore que la référence à Pierre Michon soit très présente, pas des vies exemplaires, pas des vies accomplies, même pas des « tranches » de vie, mais l’effet d’un frôlement de l’écriture par une personne. Ce bougé que la vie a laissé sur la surface immobile de la page, c’est ce qui passe dans ces 80 instantanés d’écriture. Rémi Checchetto atteint ainsi un des buts de la poésie, et ceci quelle que soit la forme d’écriture choisie. Le lecteur n’échappera pas à l’émotion que communique cette galerie de portraits, traces légères du passage des héros, en ceci qu’ils auront échappé, en un instant et pour toujours, à l’effacement. Il y faut beaucoup d’art.


À propos de l’auteur

Poète, Rémi Checchetto a publié de nombreux livres chez plusieurs éditeurs. Lecteur sur scène de son travail il collabore régulièrement avec des musiciens (Titi Robin, Louis Sclavis, Bernard Lubat, Chris Martineau, André-Marc Delcourt, Hélène Breschand…). Dramaturge, il a écrit pour le théâtre des pièces qui ont été mises en scène par Fabien Bergés, Alexia Vidal, Patrick Séreaudie, Bela Czupon, Jean-Marc Bourg, Alexandra Tobelain, Henri Uzureau…

Bibliographie

Tout l'univers, L’Attente, 2022 • Qui sommes-nous, qu’il nous faille cette encre dans le sang ? Script 2021 • Partir, naviguer, arriver et autres constructions pas fatalement intempestives, Lanskine, 2020 • Laissez-moi seul, LansKine, 2018 • Nous ne sommes pas des héros, L’Attente, 2018 • Larsen, Tarabuste, 2017 • Le gué, Dernier télégramme, 2017 • ci même, Tarabuste, 2015 • Boomerang, Potentille, 2016 • Les arbres ne parlent plus oiseau, éditions du Petit Flou, 2016 • Apéro, L’Attente, 2013 • Pas parler parole, L’âne qui butine, 2013 • Que moi, Espaces 34, 2013 • Jours encore après, Tarabuste, 2013 • L'Homme et cetera, Espaces 34, 2012 • Kong mélancolia, Espaces 34, 2011 • Très grand gel, avec les dessins de Shirley Carcassonne, l'Improviste (collection "Un petit siècle épatant"), 2011 • Puisement, Tarabuste, 2010 • Bruissement, ça hésite encore, Script, 2010 • King du ring, Espaces 34, 2009 • Nous, le ciel, L’Attente, 2007 • Une disparition et tout et tout, L’Attente, 2006 • Le monde presque seul, catalogue d’exposition de Mitsuo Shiraishi, 2006 • Valises, Script, 2006 • Là où l’âme se déchire un peu mais pas toute, Inventaire-Invention, 2006 • Confiotes, LAttente, 2005 • Portes, Script, 2003 • P’tit déj, L’Attente, 2003 • Un terrain de vagues, coédition Script et théâtre des Tafurs, 1999 • Manèges, Lucie Lom, 1999


Monomère & Maxiplace

par Véronique Pittolo

Couverture d’ouvrage : Monomère & Maxiplace
Fiche technique :Prix : 11,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-068-9
Taille : 12,00 x 16,50 cm
Pages : 102

Jeu d'archétypes
Avec le soutien du Centre National du Livre

Monomère & Maxiplace interroge la famille à travers une grille ludique (jeu de 7 familles, poker, échecs). L’appartenance à une famille renvoie aussi une familiarité avec des archétypes. Les figures des cartes sont des symboles, fictions ouvertes que l’on peut permuter, décrypter, à l’aune de son propre vécu. Aux schémas issus de la culture populaire (personnages ou héros de contes, de romans), cette autobiographie en “jeu de cartes“ fait revivre des étapes de l’existence entre hasard et décision, destin et libre-arbitre.

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Première manche

Hier, j’ai perdu un as, mon 7, mes rouges.

À chaque partie, une quinte.
Je n’avais pas misé d’argent mais mon amour propre.
J’espère gagner aujourd’hui à 10 ou 7 de carreau.

Quand j’étais petite, le pire moment était le dimanche après-midi, on faisait une patience après le repas, puis on allait au musée :
la grande messe, Summer, l’Égypte, les antiquités. Louis XIV en Alexandre.
Dans la tradition, le Roi de trèfle était Alexandre le Grand.
Le Roi de pique, David.
David était petit mais roi.

Le dimanche soir, on regardait Léon Zitrone.
Allongé sur le divan, l’oncle Pierre écoutait le tiercé, un transistor collé à l’oreille (quarté -quinté plus).

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Je viens d’une famille éclatée.
À l’époque, ça ne se faisait pas.
Chacun avait un père, une mère, éventuellement des frères et sœurs
et ça formait une famille.

La famille suffisait au bonheur de l’enfant.

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Critiques :Jean-Philippe Cazier dans DIACRITIK a écrit:

Dans Monomère & Maxiplace, Véronique Pittolo joue à des jeux, ou plutôt joue avec les règles de ces jeux – des jeux de cartes, et essentiellement celui des sept familles. Il ne s’agit pas uniquement de jouer : les règles du jeu et le jeu avec ces règles s’accompagnent de souvenirs, d’un Je qui cherche à se dire à travers ces règles du jeu et le dérèglement de ces règles. Le Je n’est-il qu’un jeu ? N’est-il que les règles d’un certain jeu ? Ou n’est-il que par le dérèglement des règles, leur transformation, leur invention marginale ? Dans les deux cas, il ne s’agit pas du même Je, et c’est leur confrontation, distinction, opposition qui sont aussi à l’œuvre dans ce livre.

Philippe Annocque dans HUBLOTS a écrit:

Le duo Monomère & Maxiplace appartient à la catégorie des Minizup et Matouvu, petits maigres, gros ventres, clown qui appuie sur le nez de son camarade, tire sur l'élastique de son chapeau.


À propos de l’auteur

Née en 1960 à Douai, Véronique Pittolo est écrivain, critique d’art pour la photographie, elle organise également des expositions (elle a participé aux revues Photographies et Beaux-Arts Magazine) et elle anime des ateliers d'écriture.
Elle "pratique une prose poétique qui intègre le narratif, en laissant au lecteur des possibilités d'interprétation. Il s’agit d’un travail sur la fiction qui prend le plus souvent comme point de départ la notion de personnage. Ses livres peuvent se lire comme des propositions qui réveillent quelque chose chez le lecteur, quelque chose qu'il connaît mais qu'il a un peu oublié".

Bibliographie

À la piscine avec Norbert, Seuil, 2021 • Monomère & Maxiplace, l'Attente, 2018 • Une jeune fille dans tout le royaume, L'Attente, 2014 • On sait pourquoi les renards sont roux, Le Temps des cerises, 2012 • Toute Résurrection commence par les pieds, L'Attente, 2012 • La Révolution dans la poche, Al Dante, 2010 • Ralentir Spider, L’Attente, 2008 • Hélène mode d’emploi, Al Dante, 2008 • Danse à l’école, L’Attente, 2006 • Opéra isotherme, Al Dante, 2005 • Gary Cooper ne lisait pas de livres, Al Dante, 2004 • Chaperon Loup Farci, La Main Courante, 2003 • Schrek, L’Attente, 2003 (Épuisé, repris dans l'ensemble "Une jeune fille dans tout le royaume") • XY ou la Poursuite du Bonheur, Cahiers Ephémérides, 1998 • Héros, Al Dante, 1998 • 29 Poètes françaises, Stock, 1995 • Montage, Fourbis, 1992 /// Œuvres radiophoniquesL’homme et le pantin, mise en voix et vidéo sur le site D – Fiction, 2012 • Hélène mode d’emploi, poème sonore pour deux comédiens, France Culture, 2006 • Toute Résurrection commence par les pieds, Perspectives contemporaines, France Culture, 2008 • Peinture-Écriture à l’hôpital, Sur les Docks, France Culture, 2008 • 1789-2009, fiction, France Culture, 2009 Prix de poésie de la SGDL (société des Gens de Lettres) en 2004 Prix Yvan Goll en 2009


Trip machine

par Patrick Bouvet

Couverture d’ouvrage : Trip machine
Fiche technique :Prix : 14,00 € EUR
ISBN : 978-2-36242-069-6
Taille : 13,00 x 19,00 cm
Pages : 132

Devenir machine
Avec le soutien du Centre National du Livre

Constitué de plusieurs sections aux ambiances parallèles (“trip machine”, “deep autobahn”, “masque Andy”, “favela station” et “mythologramme”), ce livre déploie une poésie des technologies du divertissement et des mutations à venir. Le texte se concentre sur l’appareillage de nos corps et de nos cerveaux, des prolongements habituels jusqu’aux gadgets électroniques toujours plus innombrables et rapidement obsolètes. Si ces sujets sont des constantes dans les fictions d’anticipation, le déploiement de l’enquête à travers le langage poétique est plus rare. Embarquement immédiat pour ce voyage littéraire entre cybernétique, chirurgie esthétique, traque policière et pyrotechnie. Et nous voilà face à notre devenir machine...

 

Lecture d'un extrait de "Masque Andy" par l'auteur

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Extrait :

1

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il était dans une structure
datant du 19e siècle
il percevait le temps
et l’espace
autour de lui
mais personne ne songeait
à examiner en détail
cet assemblage
de poutres métalliques
rivets
verre
les gens se contentaient
de défiler
devant les vitrines
violemment éclairées
les gens se contentaient
de circuler
dans la structure
un flux continu d’anonymes
qui l’entraînait malgré lui
vers une autre devanture
où étaient exhibés
de nouveaux gadgets électroniques
aux couleurs flashy
(la magie opérait encore
sur la masse
malgré l’érosion du désir)
mais l’attraction principale se trouvait
au bout du passage
les regards étaient
inexorablement attirés
par une imposante façade
qui inondait l’allée bondée
d’une lumière surnaturelle
un palais de cristal
fait d’une multitude de points
lumineux
formant des images
animées
des représentations publicitaires
de la vie contemporaine
connectée
une vie
électronique
plus grande
plus brillante
plus flashy
un ballet infernal
de formes
se déployant sans cesse
dans un monde instable
au bord de la rupture
un flux continu
de symboles
de visages
de mots
de corps
de chiffres
de logos
une célébration
de la consommation compulsive
balancée sur toutes les faces
du complexe planétaire
jusqu’à la nausée
(…)

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Critiques :Hugues librairie Charybde dans Blog librairie Charybde a écrit:

... Patrick Bouvet entame, un an après sa « Petite histoire du spectacle industriel », une nouvelle étape de son exploration poétique de la marchandisation générale à l’œuvre depuis plusieurs dizaines d’années, dans différents domaines de nos rapports au réel et à l’imaginaire...


À propos de l’auteur

Patrick Bouvet est né en 1962. Après avoir été chanteur et compositeur dans un groupe de rock, il a étendu son travail de sampling et de collage à l’écriture littéraire. In situ, son premier livre, paraît aux Éditions de l’Olivier en 1999. Depuis plusieurs années ses textes accompagnent des travaux photographiques (Mac Adams, Valérie Belin, Takashi Homma, Thomas Ruff). Certaines de ses œuvres littéraires ont été créées au théâtre (à la Ménagerie de Verre, Paris, et à La Ferme du Buisson dans le cadre du festival Images avec Arte). Sa lecture à la fois poétique et politique de notre époque aboutit à un manifeste critique à l’égard des mass media et de l’industrie du divertissement. Tous ses livres sont ancrés dans une expérimentation langagière, relevant des “nouvelles textualités”.

Bibliographie

• Pistes vol. 1, éditions JOU, 2020 • Le livre du dedans, l’Olivier, 2019 • Passages, album fichiers wav + mp3, éditions JOU, 2019 • Trip machine, l'Attente, 2018 • Petite histoire du spectacle industriel, l’Olivier, 2017 • Carte son, l’Olivier, 2014 • Pulsion lumière, l’Olivier, 2012 • Open Space, Joca seria, 2010 • Recherche + corps, Le Bleu du Ciel, 2008 • Canons, l’Olivier, 2007 • Chaos Boy, l’Olivier, 2004 • Direct, l’Olivier, 2002 • Shot, l’Olivier, 2000 • In situ, l’Olivier, 1999


Paysage zéro

par Sophie Coiffier

Recommencements

Traversant plusieurs paysages, réels ou inventés, une narratrice sur le départ tente de croire à un ailleurs, à un lendemain supposé meilleur. Paysage zéro questionne avec humour la possibilité d’habiter un monde désenchanté avec la naïveté de vouloir tout recommencer. Un foisonnement de débuts, d’instants, de retours en arrière et d’arrêts sur image essaie de contrecarrer la prédictibilité du monde, avec le sentiment d’un échec prévu. Ou comment concilier l’idée du bonheur avec le prix du beurre, le happy-end cinématographique, la météo, le Boot Camp

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Un klaxon tonitruant, c’est d’abord, théoriquement, un signe d’impatience. Le signe même qu’on vous attend, en bas ou devant chez vous, à la lisière de ce qui doit vous apparaître comme la phase d’un changement de dimension ou de vitesse et une destination à défaut d’un destin.

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Autour du klaxon, il y a la voiture, dont la marque vous importe peu, même si vous n’aimez pas tellement les audi, ni les bmw, encore moins celles aux verres fumés, qui reflètent en passant et la noirceur du ciel, et le secret de l’habitacle, dont vous ne doutez pas un seul instant qu’il doit s’y passer des choses louches, pas avouables, ou même dans un élan de votre imagination vous y devinez un intérieur très vaste, copié sur les banquettes luxueuses des limousines, qui ne devrait logiquement pas tenir dans cette mini chromée. En un éclair, et parce que toute la ville s’est reflétée légèrement concavement dans le miroir noir, vous fantasmez un univers parallèle, avec des cachots et des spas, les cachots d’un côté et les spas de l’autre. Puis la lumière jaillit, celle des phares arrière de la dite auto, qui vous a ébloui de toute son ambivalente et rougeoyante clarté.

Mais revenons à la réalité : un taxi t’attend en bas, pour un nouveau départ. Ou du moins, un départ à nouveau, il serait plus juste de dire cela, car n’est pas toujours gagné ce qu’on suppose être un nouveau départ, au départ, qui bien trop souvent s’achève sur une impression de déjà vu, de déjà arrivé.

Tu te penches à la fenêtre, dont tu perçois une fois de plus et la retenue du parapet en métal XIXe, et la joie pour une fois d’être l’être le plus petit de la famille, ce qui t’assure une stabilité plus grande par rapport au sol, de pouvoir sans aucun doute, très souvent, avec un frisson de mauvaise conscience mêlé au carnage intellectuel d’un voyeurisme débridé, reluquer ton prochain dans son quotidien, qui plus est, de haut.

(pp. 55-56)

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Critiques :Eric Loret dans Livres utiles a écrit:

Du coup, il y a plein de piscines dans ce livre, et David Hockney. Coiffier est publiée dans une collection qui perçoit « une connivence (…) entre l’écriture et les arts picturaux ». Pour la lire, et avec elle tous les écrivains qui tentent une langue, un corps, un geste, qui essaient de trouver une forme singulière pour augmenter la réalité, il faut un temps d'adaptation, c'est d'ailleurs un peu le projet, l'adaptation, ou sûrement l'inadaptation.

Guillaume Lecaplain dans Libération.fr a écrit:

Dans Paysage Zéro, Sophie Coiffier (née à Bayeux en 1967) traverse le monde avec un désenchantement rieur. Le livre se présente comme un récit (mais qui va du coq à l’âne) d’une succession de déceptions (mais dont on se relève).

La Nuit Remue #12 dans Remue.net a écrit:

Lecture (vidéo) de Sophie Coiffier pour La Nuit Remue 12 à la bibliothèque Marguerite Audoux, Paris, 28 juin 2018

dans YEUSE RADIO:

Entretien avec Eric Pessan


À propos de l’auteur

Sophie Coiffier est née à Bayeux en 1967. Elle vit et travaille à Paris et Port-Louis. Docteur en arts plastiques, elle a enseigné pendant plusieurs années, dirigé des mémoires de fin d’études et animé des ateliers d’écriture à l’ENSCI (École Nationale supérieure de Création Industrielle à Paris) et à l’Université de Rennes 2. Autrice et chercheuse indépendante, elle participe à différents projets d’exposition et de publication. Elle vient des arts plastiques, y retourne de temps en temps, les prolonge dans le texte. Elle a notamment publié Paysage zéro aux éditions de l’Attente en 2017 et, en 2020, Le poète du futur aux éditions Lanskine.

Bibliographie

• Le poète du futur, éditions Lanskine, mai 2020 Paysage zéro, l'Attente, 2017 • Me and my dog, éditions MIX, mai 2012 • Les ciels , éditions MIX, mai 2009 (avec l’aide du CNL) • Le paradoxe de l’instant , éditions MIX,  février 2007 (avec l’aide du CNL)


Nuit

par Etel Adnan

Mémoire et temps

« Fusion brève mais puissante de poésie, de prose et de philosophie, ce livre est aussi énigmatique que la nuit elle-même, perpétuellement tendue vers l’illumination tout en la retenant. L’incertitude se déploie comme une rivière souterraine à travers ces pages où les mouvements physiques du monde sont mis en parallèle avec ceux de l’esprit brillant d’Adnan. « La philosophie nous ramène à la simplicité », écrit-elle, tout en essayant avec une grande complexité de concilier l’inconciliable : la relation de la mémoire au temps. »
— Kimberly Grey (extrait), revue en ligne On the seawall

Extrait :

Extrait (p. 24) :
Mes souvenirs forment une forêt aux contours instables. Cette forêt a des entrées en Californie du Nord, au Liban, en Bretagne… C’est une terre d’arbres hauts et d’esprits étranges. Les morts ne nous effraient plus, c’est un tort – nous nous sommes défaits de la puissance de la peur. Les ruisseaux coulent, oui, mais qui m’indiquera comment trouver un chemin à travers le territoire dont je parle, et si je ne le trouve pas, quelle sera ma raison de vivre ?

Raison et mémoire se meuvent ensemble.

***

Et nuit et mémoire s’arbitrent elles-mêmes. Nous errons en elles désorientés car elles refusent souvent de confirmer notre vision.
Avares, capricieuses, elles libèrent les choses peu à peu.

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Critiques :Christian Rosset dans DIACRITIK a écrit:

Grand dossier Etel Adnan


À propos de l’auteur

Née en 1925 à Beyrouth d’une mère grecque et d’un père syrien, Etel Adnan est morte le 14 novembre 2021 à Paris. Elle a étudié la philosophie à la Sorbonne, puis aux États-Unis à Berkeley et Harvard, matière qu’elle a ensuite enseignée au Dominican College de San Rafael (Californie) entre 1958 et 1972. En solidarité avec la guerre d’indépendance en Algérie, résistant à écrire en français, elle s’est tournée vers les arts plastiques. Elle a participé au mouvement des poètes contre la guerre du Vietnam et est devenue selon ses mots « an American poet ».

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De retour à Beyrouth en 1972 et jusqu’en 1976 elle a dirigé les pages culture de deux quotidiens, d’abord Al Safa, puis L’Orient le Jour. Elle a également écrit des textes pour deux documentaires sur la guerre civile au Liban, diffusés à la télévision.
En 1977, son roman Sitt Marie-Rose a été publié aux éditions Des Femmes (Paris) et a reçu le prix “France-Pays Arabes”. Ce livre, devenu un classique de la littérature de guerre (à l’intersection des questions de genre) a été traduit en plus de dix langues. Il a été réédité en 2010 par les éditions Libano-Françaises Tamyras, ainsi que deux autres livres : Au cœur du cœur d'un autre pays (2010), et Paris mis à nu (2011).
Avec sa compagne l’artiste Simone Fattal, Etel Adnan a vécu à Paris jusqu'à sa mort. Polyglotte, elle a écrit en français, anglais ou arabe des livres relevant de tous les genres littéraires : poésie, roman, essai, récit épistolaire, autobiographie… Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique par Gavin Bryars, Henry Threadgill, Tania Leon et Zad Moultaka. Elle a par ailleurs écrit la partie française de l’opéra de Bob Wilson The CIVIL warS, ainsi que plusieurs pièces de théâtre produites à San Francisco, Paris et Düsseldorf.
Également artiste peintre, Etel Adnan expose aux États-Unis, en Europe, en Asie et dans le monde arabe.

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Bibliographie

Déplacer le silence, trad. Françoise Valéry, coll. Philox, L'Attente, 2022 • Voyage, guerre, exil, L’Échoppe, 2020 • Un printemps inattendu, (entretiens), Galerie Lelong, 2020 • Grandir et devenir poète au Liban, L’Échoppe, 2019 • Surgir, trad. Pascal Poyet, coll. Philox, L'Attente, 2019 • Nuit, trad. Françoise Despalles, coll. Philox, L'Attente, 2017 • La vie est un tissage, Galerie Lelong, 2016 • À propos de la fin de l’Empire Ottoman, Galerie Lelong, 2015 • Heiner Müller et Le Tintoret : la fin possible de l’effroi, Galerie Lelong, 2015 • Mer et Brouillard, trad. Jérémy Victor Robert, coll. Philox, L’Attente, 2015 • Le maître de l’éclipse, trad. Martin Richet, Manuella Éditions, 2015 • Le prix que nous ne voulons pas payer pour l’amour, trad. Patrice Cotensin, Galerie Lelong, 2015 • Prémonition, galerie Lelong, 2015 • Écrire dans une langue étrangère, trad. Patrice Cotensin, L’Échoppe, 2014 • Des villes et des femmes, Tamyras, 2014 • Voyage au Mont Tamalpaïs, Manuella Éditions, 2013 Là-bas, trad. Marie Borel & Françoise Valéry, coll. Philox, L’Attente, 2013 • Conversation avec Hans Ulrich Obrist, Manuella Éditions, 2012 • Le Cycle des Tilleuls, trad. Martin Richet, Al Manar, 2012 • Paris mis à nu, trad. Martin Richet, Tamyras, 2011 • Au cœur du cœur d’un autre pays, traduction Éric Giraud, Tamyras, 2010 • À deux heures de l’après-midi, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Retour de Londres, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2010 • Ce ciel qui n’est pas, poésie, édition bilingue (français-arabe), illustrations (encres) Maya Le Meur, Tunis, Tawbad, 2008 • Le 27 octobre 2003, édition quadrilingue (français-anglais-arabe-japonais), Tunis, Tawbad, 2008 • Vendredi 25 mars à 16 heures, édition bilingue (français-arabe), Tunis, Tawbad, 2007 • Jennine, avec rachid Koraïchi, collection Combats, Al Manar, 2004 • Ce ciel qui n’est pas, Poésie, Paris, L’Harmattan, 1997 • Rachid Korachi : Écriture passion, avec Rachid Korachi et Jamel-Eddine Bencheikh, Alger, galerie Mhamed Issiakhem, 1988 • L’Apocalypse arabe, Paris, éditions Papyrus, 1980, réédition L’Harmattan, 2010 • Sitt Marie Rose, Paris, Des Femmes, 1978 ; réédition Tamyras, 2010 • Jbu : Suivi de l’Express Beyrouth enfer, Paris, P.-J. Oswald, 1973